A l'autre bout du bout du monde

Deux individus, deux mêmes rêves, une rencontre en Martinique puis un projet qui se concrétise ensemble : partir voyager à travers l'Amérique du Sud au gré de nos envies et de nos rencontres. Suivez nous: c'est parti pour l'aventure!!! ..................................... ..................................................................

Puyo 2ème partie: séjour en Amazonie dans la communauté Indichuris (17-21 Août)

 
De nouveau installés à l'hôtel El Dorado, nous profitons de notre soirée à Puyo pour dévorer une dernière fois un ceviche volquetero.
 
 
Le lendemain, nous partons déjà de Puyo pour rejoindre la communauté Indichuris à environ 1H de bus au sud. Nous avons essayé d'appeler Jorge Vargas, le maître des lieux, afin d'en savoir un peu plus avant de s'y rendre et de le prévenir de notre arrivée mais malheureusement sans succès. Nous partons donc vers la communauté sans savoir vraiment à quoi s'attendre, ni sur ce qu'ils proposent sur place, ni sur les prix... c'est l'inconnu.
 
Tant pis, on part quand même, nous n'avons pas prévu de rester plus longtemps sur Puyo. Nous laissons une grande partie de nos affaires à l'hôtel afin de partir léger en Amazonie: juste avec nos hamacs, nos draps de coton et quelques affaires de rechange.
 
Notre mission maintenant consiste à trouver où l'on peut prendre un bus pour se rendre à la communauté. Personne ne sait vraiment nous indiquer l'endroit mais au fur et à mesure des renseignements, nous nous retrouvons finalement au terminal annexe de la ville. Il y a un bus pour Pomona qui part à 13H et ce bus passe juste à côté d'Indichuris, parfait. On a 1H30 d'attente donc on s'installe dans le bistrot du terminal et on profite de prix incroyablement bas pour prendre cafés et jus de "tomate de arbol" (des tomates d'arbre). Le coin est très populaire et il n'y a pas un seul touriste à l'horizon.
 
A 13H, c'est parti! Nous prenons la direction de Macas, vers le sud et arrivons assez rapidement en plein milieu de la forêt. La route est toujours bitumée. Les équipements routiers sont vraiment impressionnants en Equateur, quasiment toutes les routes que nous avons prises jusque là sont en parfait état. Les moyens ont vraiment été mis pour se dôter d'un réseau routier performant.
 
Nous quittons la route de Macas pour nous enfoncer encore un peu plus dans la cambrousse. Nous apercevons tout de même quelques maisons et il y a des pancartes indiquant des cabañas pour le tourisme. En Equateur, le tourisme communautaire est assez développé et il y a de nombreuses possibilités pour loger chez des familles ou communautés. Le problème c'est que nous avons lu beaucoup de choses sur des séjours dans des communautés où les gens ont eu l'impression d'être dans un "zoo humain". De plus, certains de ces séjours peuvent tout de même rester très chers. On espère avoir de la chance et ne pas tomber dans une caricature de communauté amazonienne. 
 
A peine une heure après avoir quitté Puyo, le bus nous arrête sur la piste. La communauté se trouve à 500m. On s'enfonce sur un chemin avec nos sacs sur le dos puis arrivons assez vite à un bâtiment tout en bois. Quelques voitures d'Equatoriens sont garées là. Nous sommes accueillis par quelques personnes assises ici qui nous disent d'aller voir Lizbeth, la femme qui s'occupe des touristes. Au passage, on nous informe que c'est 5 dollars par personne pour la nuit et 3-4 dollars par repas. Ca nous semble très correct!
 
Nous faisons la connaissance de Lizbeth qui nous emmène vers les cabañas. C'est très mignon, un coin a été aménagé dans la forêt avec de petits chemins, des fleurs... Des cabanes en bois y ont été construites. Le site est bien intégré et ne dénature pas la forêt. Les cabanes donnent toutes sur le rio mais des arbres les cachent pour ne pas les rendre trop visibles depuis l'extérieur du site. C'est mieux que ce à quoi on s'attendait et ça correspond totalement à ce qu'on voulait. Ce ne sont pas des lodges de luxe, juste des cabanes sur pilotis avec un balcon et à l'intérieur, un lit avec une moustiquaire. A côté des cabanes, il y a quelques blocs sanitaires avec de vrais chiottes et même des douches (à l'eau froide, faut pas pousser!), c'est presque le luxe!   
 
 
Notre première impression est plutôt bonne et on sent qu'on va être bien ici. Par contre, nous avons ramené nos hamacs moustiquaires et on préfèrerait dormir dedans plutôt que dans les cabanes. Pas de problème! Lizbeth nous propose de poser nos hamacs en bas d'une cabane, nous voilà installés!
 
 
Après quelques minutes de repos dans les hamacs, nous partons faire un petit tour des lieux. Nous sommes à l'extrémité du site, là où le rio Puyo se jette dans le grand rio Pastaza, l'endroit est vraiment magique!
 
 
Des enfants sont entrain de se balancer à une corde au-dessus du rio chacun à leur tour. Certains sont tout petits mais se lancent quand même! 
 
 
Le parc est magnifique, fleuri, bien entretenu, il y a aussi beaucoup de papillons plus beaux les uns que les autres.
 
 
 
 
 
Nous rencontrons Jorge, un petit fils de Jorge Vargas. Il veut nous montrer quelquechose et nous emmène près d'une cage: un énorme boa se trouve dedans... brrr!!! Il ouvre la cage, prend le boa puis le passe autour du cou de Guillaume qui n'a rien demandé! Il lui donne même complètement la bête en lui disant de tenir la tête "suave", avec délicatesse. Ca ne rassure pas du tout Guillaume qui lui demande vite de reprendre le boa, ouf! D'autant plus que Jorge venait de nous montrer une peau de boa entrain de sécher et de nous dire qu'il a été tué par celui-ci!...
 
 
 
Nous faisons alors la connaissance de Valentina, une Italienne qui est ici depuis quelques jours. Elle fricotte avec Jorge petit-fils depuis sa première visite ici il y a quelques semaines, ce qui n'est pas pour plaire à papi Jorge! Elle paraît plutôt à l'aise avec la bête, elle... et nous demande de la prendre en photo avec le boa. Jorge reprend l'animal et le remet dans sa cage. Puis, avant de la refermer, il y met un poulet pour le nourrir. On reviendra plus tard pour voir ce qu'il devient...
 
Dans cette ferme familiale, au milieu des poules, on voit tout d'un coup surgir un tapir. La grand-mère sort alors pour donner quelques bananes à manger à "Panchita". Elle nous dit qu'ils le gardent ici pour les touristes.
 
 
Il y a également deux aras apprivoisés qui restent perchés aux abords des maisons. On a ainsi tout le temps de les admirer. Un paraît tout de même mal en point, il ne semble plus tout jeune.
 
 
Jorge nous propose ensuite d'entrer dans la cuisine familiale, son grand père Jorge Vargas vient d'arriver et il nous attend pour discuter. Nous faisons alors la connaissance du maître des lieux, un vrai personnage: il est shaman et porte une beau collier avec une tête d'anaconda et des dents de tigre. La tête de l'anaconda lui sert pour ranger son portable, et oui (!!!), lui aussi vit avec son temps!!!
 
Il nous parle alors de la médecine qu'il exerce avec les plantes. Il nous dit que pour soigner un patient,  il lui faut prendre de l'ayahuasca afin de communiquer avec les esprits pour que ceux-ci lui disent quel est le mélange de plantes à réaliser. Il nous donne l'exemple d'un homme qui devait se faire emputer la main car ses doigts se nécrosaient suite à une morsure de serpent. Il a pu lui faire un mélange de sept plantes dans lequel l'homme aurait trempé sa main. Après trois jours sans douleurs, il aurait replongé à nouveau sa main dans le mélange. Huit jours plus tard, il n'avait plus rien donc plus besoin d'amputation... Impressionnant!!! Bon ça nous laisse quand même un peu perplexes et sceptiques... Elise n'y croit pas du tout. On ne peut pas ressusciter du tissu mort! Il faudrait pouvoir le voir pour le croire... En tout cas, après tout ce qu'on nous a déjà raconté sur la médecine shamanique, nous sommes plus aptes à croire ce qu'il nous dit qu'auparavant. 
 
Il nous raconte également qu'il accueille de temps en temps des personnes qui veulent en apprendre plus sur la médecine par les plantes. Pour lui, en seulement 15 jours, il est possible d'acquérir une base mais il faudrait bien sûr rester des mois et même des années pour maîtriser  le domaine. De son côté, ce sont des anciens de sa famille et des proches qui lui ont enseigné très jeune cette médecine.   
 
Il y a peu de monde ici et on goûte aux plaisirs de la tranquilité. Quelques familles équatoriennes sont là, dont de la famille de Jorge qui profite du dimanche pour venir faire un tour ici. L'endroit reste tout de même bien calme et nous convient parfaitement. Avant la nuit, nous partons un peu à l'écart de la communauté pour admirer les couleurs de fin de journée sur le rio Pastaza.
 
 
 
 
Puis à 19H, c'est l'heure du dîner! Au programme: oeufs frits, riz et thé à la menthe. Ca ne nous emballe pas vraiment mais on se retrouve à manger avec la famille et nous sommes les seuls touristes, c'est très sympa.
 
Après avoir jeté un oeil sur la cage du boa où il n'y a plus de trace du poulet (à priori lui aussi a dîné!), nous partons nous coucher dans nos hamacs. Nous allons nous retourner plusieurs fois avant de trouver le sommeil. Nous sommes certes en Amazonie mais encore un peu en altitude et il y fait donc plutôt frais la nuit. On finit par somnoler dans nos hamacs mais le froid nous réveille sans cesse, pas moyen de dormir! A 2H du mat', nous sommes congelés et nous décidons finalement à monter dans la cabane pour dormir dans un lit, bien au chaud. La fin de la nuit sera bien meilleure.
 
Le lendemain, réveil matinal, le petit déjeuner est servi à 7H donc pas question de le louper. Nous n'avons pas très bien dormi mais on se lève quand même avec entrain: aujourd'hui, nous partons marcher en forêt avec papi Jorge! Le repas du petit déj' nous surprend: c'est riz-poisson! Un peu dur à avaler au réveil mais finalement la faim l'emporte! Et au moins, on est calé pour affronter quelques heures de marche.
 
Jorge nous prête des bottes puis nous le suivons. C'est parti pour une marche dans la forêt guidés par notre shaman. Nous commençons la balade aux abords des cabanes et des quelques lagunes de la propriété. Il nous montre quelques plantes ayant des vertues médicinales: contre la calvicie, la diarrhé, l'anémie... Il nous montre également une plante qui permet de faire avorter et nous dit s'en servir de temps en temps (à contrecoeur!) pour des jeunes filles qui viennent le voir à cette fin. Il y en a décidément pour tous les maux!
 
Nous arrivons sur la piste où passent les bus et en sortons rapidement pour débuter notre ascension. Nous marchons vers un mirador et ça grimpe bien! Au fur et à mesure nous progressons dans une forêt de plus en plus dense. Nous arrivons dans la forêt primaire...
 
 
Après une petite pause (plus pour Jorge que pour nous, et oui notre guide n'est plus tout jeune!), nous continuons notre chemin. Nous suivons un sentier plus ou moins marqué et il faut régulièrement que Jorge use de la machette pour ouvrir la voie.
 
 
Elise se sent incroyablement assez rassurée, peut-être grâce à la présence d'un shaman parmi nous... Après quelques montées et descentes éprouvantes car le sol est bien glissant et il faut s'accrocher aux plantes pour grimper, nous sommes en haut. Nous tombons alors nez à nez avec un boa... celui-ci étant heureusement en cage! Cela dit, il nous a l'air beaucoup moins docile que celui de la famille. A notre approche il a bondi contre la paroi de sa cage et il n'a cessé de gémir durant tout le temps où nous sommes restés à côté. Il a été trouvé à proximité et est gardé ici pour le montrer aux touristes de passage. 
 
 
Quelques pas supplémentaires seulement et nous voilà arrivés au mirador. La vue sur la forêt est exceptionnelle, nous dominons toute la partie ouest de l'Amazonie. Seule la cordillère des Andes, au fond, met fin à l'immensité de la forêt! Par temps dégagé, il est possible de voir les volcans du Parc Sangay, le Tungurahua, l'Altar et le Sangay. Malheureusement aujourd'hui et comme souvent, ils sont dans les nuages. Nous restons un petit moment à contempler ce tableau et à nous reposer de notre marche.
 
 
Puis nous repartons. Nous ne sommes pas si loin de la communauté, nous distinguons les quelques cabanes d'en haut. Nous retraversons la piste et nous ré-engouffrons dans la forêt. Arrivés près de la communauté, il nous montre sur un arbre la liane à Ayahuasca, la plante hallucinogène utilisée par les shamans et donc par lui-même (voir l'article précédent où nous donnons quelques explications sur l'Ayahuasca). 
 
La marche terminée, nous partons nous baigner dans le rio Pastaza. L'eau est bien fraîche mais quel bien! Nous en profitons en même temps pour nous "purifier" en nous lavant avec des feuilles que nous a données Jorge. Elles serviraient à enlever les mauvaises énergies...
 
Tout purifés que nous sommes, nous filons manger l'almuerzo: encore du poisson et du riz! Mais cette fois-ci cuisinés dans une feuille de bananier, c'est délicieux! Et surtout c'est encore bien nourrissant. On se demande bien comment on va pouvoir avaler un troisième repas ce soir!
 
Pendant le repas, un groupe de touristes passe, accompagné d'un des fils de Jorge. Notre shaman s'empresse de mettre son collier avec la tête d'anaconda et les dents de tigre avant qu'ils entrent. Après un petit tour dans la communauté et quelques photos avec la chicha, ils repartent déjà. Leur programme a l'air chargé, nous sommes bien contents de rester ici tranquilles. 
 
 
Le reste de l'après-midi se résume à une bonne sieste dans les hamacs pour récupérer de notre nuit très moyenne. Puis à 17H, nous retrouvons Jorge. Il nous emmène voir les caïmans qui sont dans les lagunes... toutes proches des cabanes. Pas très rassurant! Il jète quelques morceaux de viande dans une lagune... sans succès. Puis, plus loin,  nous distinguons un caïman. Il jète à nouveau un morceau de viande et le caïman s'approche... puis un deuxième.
 
 
Javier, le petit garçon de Lizbeth nous suit et n'a pas l'air traumatisé par les caïmans. A 3 ans, pour lui, c'est habituel! Pendant que nous observons le balet des deux caïmans, Jorge nous explique qu'il y a trois ans, il est parti en expédition en Amazonie profonde avec un Russe pour en ramener 27 petits! Actuellement, ils mesurent à peine deux mètres mais pourraient en atteindre sept d'après lui... En repartant vers les cabanes, nous croisons sur notre passage une gigantesque colonie de fourmies.
 
 
Jorge nous raconte un peu son histoire et comment il est arrivé ici. Avant, il vivait dans une communauté installée plus profondément dans la forêt. Mais il y a 30 ans, il s'est installé ici pour que ses enfants puissent aller à l'école, apprendre à lire et écrire. Il y a en effet une école dans une communauté voisine, à Puyopungo, de l'autre côté du rio Puyo.
 
 
 
Avant le dîner, nous nous posons au coin du feu et assistons au rituel du soir: Lizbeth et Javier qui attrapent les poules une par une pour les enfermer au poulailler. Il y a en effet le risque que des bêtes viennent les manger dans la nuit! En même temps, on manque de se faire attaquer par le dindon qui n'a vraiment pas l'air fin!!
 
Au dîner ce soir, pas de riz, mais des pâtes! Accompagnées de saucisses, de frites de manioc (délicieux!) et de bananes plantains. Nous avons le droit à la télé pendant le repas et nous apprenons alors que le président Correa a renoncé au projet Yasuni: une partie du parc va être exploitée pour en extraire du pétrôle.
 
Petit aparté sur le projet "Yasuni ITT":
 
Il y a 6 ans, en 2007, le gouvernement équatorien a décidé de proposer un "deal" aux pays du Nord. En résumé, il s'agissait de ne pas exploiter les ressources pétrolières situées dans le parc naturel Yasuni en contrepartie duquel les pays du Nord indemniseraient l'Equateur à hauteur de 50% du manque à gagner. L'Equateur participerait de son côté en renonçant aux autres 50%. L'idée de l'Equateur était de faire payer les principaux pays pollueurs de la planète qui, en donnant de l'argent, participeraient à empêcher de futures émissions de gaz à effet de serre. Malheureusement, au jour d'aujourd'hui, le montant de la collecte atteint seulement 3% du montant espéré. Le président équatorien a donc décidé d'exploiter le pétrole du parc afin de disposer de fonds pour continuer le développement du pays. Un garde fou a tout de même été donné: seul un millième du parc sera concerné par l'exploitation du pétrole. Malgré cela, c'est une bien mauvaise nouvelle pour l'environnement. Le projet avait lancé l'espoir de faire payer les pays les plus pollueurs pour "laisser le pétrole sous terre". Malheureusement, il n'y a rien à attendre de pays qui ne voient que par la consommation et l'exploitation, la France en faisant partie bien sûr.
 
Un peu de lecture sur le sujet:
 
Le Monde: http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/08/16/equateur-yasuni-itt-ou-l-echec-de-la-non-exploitation-du-petrole_3462373_3222.html
 
Blog d'un journaliste du Figaro en Amérique du Sud: http://blog.lefigaro.fr/amerique-latine/2013/08/equateur-rafael-correa-met-fin-a-lutopie-itt-yasuni.html
 
Autre blog: http://minga-alternative.org/2013/08/16/yasuni-itt-la-tristesse-doit-laisser-place-a-la-determination-et-a-la-lutte/
 
Sur ce, nous partons nous coucher: directement dans un lit cette fois!
 
Le lendemain, au menu du petit déj': boulettes de purée de manioc, poisson et oeufs! C'est toujours difficile à faire passer mais une fois de plus, ça cale. Après ça, nous partons de nouveau avec Jorge en balade. Cette fois-ci, l'objectif est une cascade! Nous sortons de la propriété puis nous mettons à suivre la route. Pas très agréable mais la circulation est faible. Après un bon moment, nous quittons enfin la route pour suivre le chemin qui nous mène à la cascade. Nous payons 1 dollar 50 par personne de droit d'entrée, puis continuons le long d'un rio. Nous sommes désormais dans la forêt. Nous avons été rejoint par une Suisse accompagnée de son guide. Alors que la balade avec Jorge se déroule sans artifice, le guide de la Suisse, lui, est un vrai guide touristique et il veut nous montrer les trucs habituels: il fabrique un chapeau en feuille à Guillaume, une couronne de plante à la Suisse, nous parle de manger des fourmis... bref...
 
Enfin, nous arrivons à la cascade "Hola Vida". Magnifique! Une chute d'eau dans son écrin de verdure! 
 
 
 
Nous laissons la Suisse et son guide continuer vers une autre cascade, nous n'irons pas plus loin. Pour nous, c'est l'heure de la baignade! Nous nous changeons et filons vers la chute d'eau. C'est froid, très froid, mais quel bien!! Il y a une famille équatorienne avec nous. Jorge, lui, reste en dehors à nous attendre. Nous ne traînons pas, un petit tour sous la cascade et nous sortons de l'eau.
 
Sur le chemin du retour, nous croisons de nombreuses familles équatoriennes et Jorge connaît quasiment tout le monde... quel succès!! Il se fera même prendre en photo à plusieurs reprises avec sa tête d'anaconda.
 
 
 
De retour sur la route, nous continuons un peu plus loin puis tournons en direction du rio Puyo. Nous allons rentrer en pirogue vers la communauté. Cool, depuis le temps que Guillaume attendait ça! La pirogue est mise à l'eau...
 
 
... puis nous embarquons avec Jorge et notre piroguier. L'embarcation n'est pas très stable mais notre chauffeur réussit à la garder sur l'eau. Nous progressons doucement sur le rio. Nous croisons des jeunes entrain de se baigner mais aussi de pêcher à main nue! Nous traversons quelques rapides avec beaucoup de pierres et juste avant d'arriver, nous manquons de chavirer. Finalement plus de peur que de mal, on est juste un peu trempé, et l'appareil photo n'est pas tombé à l'eau!
 
 
 
Arrivés à la communauté, nous nous posons dans les hamacs pour une bonne sieste. Ce midi, on ne déjeune pas et ce soir on ne dînera pas non plus: nous allons tester l'ayahuasca cette nuit donc jeûn obligatoire! Et oui, nous nous sommes décidés, après toutes les personnes qui nous en ont parlé, on s'est dit que c'était l'occasion ou jamais de tester! Nous n'étions pas venus en Amazonie pour ça et Jorge ne nous a pas incité à en prendre mais on veut faire cette expérience, et il pense que c'est une bonne idée...
 
Le soir, vers 18H30, nous nous posons au coin du feu en attendant Jorge. On nous dit qu'il est dans une autre communauté et qu'il devrait arriver bientôt. Mais à 20H, toujours pas de Jorge! On commence à avoir sérieusement faim et on ne sait pas si la cérémonie va avoir lieu ou pas. On hésite à dîner quand Lizbeth nous le propose mais finalement, Jorge arrive enfin, on va pouvoir commencer.
 
Il nous fait entrer dans une petite cabane où va avoir lieu la cérémonie. Entre temps, trois Equatoriens arrivent avec un guide. L'un d'eux commence à nous parler en anglais ce qui a le don de nous agacer... lui aussi veut prendre de l'ayahuasca. Nous nous asseyons tous les trois, les hommes torse-nus et Elise en sous-tif. Les deux autres équatoriennes restent là, debout, à nous regarder comme si on était des raz de laboratoire. L'une d'elle se met à filmer en tout début de cérémonie, ce qui va bien nous énerver: merci de respecter les rites sacrés et l'intimité!!!
 
La cérémonie commence alors par une "limpieza", une purification. Jorge se dresse devant nous trois, les bras au ciel en faisant une prière. Puis, avec son cigare, il nous enfume chacun notre tour en nous crachant la fumée en plein visage. Il prend ensuite de l'alcool dans sa bouche qu'il nous crache dessus tour à tour. Un alcool fort qui sent un peu la "hierba luisa". Puis il arrose des grosses feuilles séchées de cet alcool pour nous "balayer" avec ces feuilles, comme pour faire fuire la mauvaise énergie de notre corps... Il continue ensuite avec des pierres qu'il nous frotte sur le corps, toujours embaumées d'alcool. La limpieza finie, il nous tend une calebasse contenant l'ayahuasca. Guillaume commence et boit le breuvage en plusieurs fois pour ne pas vomir le liquide: c'est infecte!! Vient le tour d'Elise qui boit doucement en essayant de distinguer ce goût atroce (un fort goût de saucisse fumée mais très amer) puis de l'Equatorien qui boit cul sec! Argh...!
 
Jorge nous donne ensuite les recommandations pour les trois jours à venir: pas de cochon, pas de piment, pas de douche sauf avec des produits naturels et enfin, pas de sexe! Aussi, il ne faudra serrer la main à personne...
 
Nous regagnons ensuite notre cabane pour nous poser tranquilles dans notre lit, pour profiter pleinement de cette expérience hallucinogène. C'est Guillaume qui ressent l'effet le premier: il entend un son sourd comme un bourdonnement au loin et commence à avoir des sortes de visions. Puis Elise commence aussi à son tour à avoir des acouphènes et des visions. L'expérience durera quelques heures. On ne vous en dit pas plus à part que très vite, on entendra dehors notre compagnon Equatorien cracher ses tripes... Plus tard, ce sera au tour d'Elise. La soirée se terminera entre hallucinations et rêves, entre éveil et sommeil...  
 
Le lendemain, au petit déj', nous partageons notre expérience avec Jorge qui essaie de nous expliquer le sens de ce qu'on a pu voir. L'ayahuasca ne nous a rien révélé mais c'était une expérience assez unique.
 
Nous passons le reste de la matinée à nous reposer. Puis vers midi, nous rangeons nos affaires et partons saluer notre famille d'accueil avant de partir et rejoindre Puyo.
 
 
 
Ils nous offrent la chicha, une boisson qui en Amazonie est préparée à partir de manioc. C'est pas terrible et ils rigolent de nous voir grimacer. Nous les remercions pour ce séjour, offrons notre aspi-venin à Jorge qui en aura désormais bien plus besoin que nous, et filons vers la piste pour prendre un bus pour Puyo. Ensuite, nous continuerons vers Baños pour nous reposer avant de poursuivre vers d'autres horizons... 

Publié à 04:07, le 6/09/2013, dans Equateur, Puyo
Mots clefs : IndichurisayahuascaboaselvapiroguecascadeAmazoniecommunautérandonnée


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