A l'autre bout du bout du monde

Deux individus, deux mêmes rêves, une rencontre en Martinique puis un projet qui se concrétise ensemble : partir voyager à travers l'Amérique du Sud au gré de nos envies et de nos rencontres. Suivez nous: c'est parti pour l'aventure!!! ..................................... ..................................................................

Puyo 1ère partie (09-11 Août)

 
Nous quittons Baños et la sierra pour aller ce coup-ci vers l'oriente, en Amazonie. Nous empruntons en bus la même route que nous avions prise quelques jours auparavant en VTT, la route des cascades. Au fur et à mesure du trajet, nous descendons de la montagne en longeant le rio Pastaza, pour nous enfoncer dans la forêt tropicale. En arrivant à Puyo: il faut chaud!! Yes! On retrouve la chaleur du Brésil! L'air y est aussi bien humide.
 
Aussitôt arrivés nous nous dirigeons vers le centre où nous pouvons prendre un bus en direction du centre zoologique Yanacocha pas loin duquel habite Patricio, notre couchsurfeur. Nous venons d'appeler chez lui, et nous sommes attendus sans soucis! En attendant le bus, nous voyons tout de même passer en voiture un caniche, la tête par la fenêtre, avec du vernis à ongle rose!!!
 
Une fois déposés à la sortie de la ville, nous avançons sur une piste en direction de la finca Argentina. C'est le nom de la ferme de Patricio. Sur le chemin nous croisons des chiens plus ou moins sympas dont un gros berger allemand qui nous montre les dents. A notre grand étonnement, il n'y a pas de moustique! Faut dire que Puyo est situé à l'entrée de l'Amazonie, à 900m d'altitude.
 
Avant de nous rendre à Puyo, nous nous sommes renseignés à Baños auprès d'une médecin à savoir faut-il prendre des anti-paludéens en cette saison pour se rendre en Amazonie? Sa réponse fut hésitante et pas très convaincante. Selon elle, utiliser du répulsif et prendre de la vitamine B12 suffirait, car nous ne sommes pas en période d'épidémie, mais il y a quelques cas quand même. Prendre de la vitamine contre le paludisme??! La malarone n'existe pas ici, et les autres anti-paludéens présentant des effets indésirables assez fréquents, la médecin ne nous recommande pas d'en prendre. Pas convaincus, nous décidons tout de même de prendre notre malarone, surtout que l'Amazonie équatorienne est une zone infestée par le paludisme le plus dangereux. Comme il n'y a pas de moustique à Puyo, on verra ça pour plus tard!
 
Nous arrivons à la finca Argentina où nous sommes accueillis par Omar, le frère de Patricio car celui-ci est en ce moment à Quito. Omar vit avec sa grand-mère, parents, frères et soeurs dans une maison en bois dans la pampa près de Puyo. Il nous amène aussitôt au fond du terrain où nous allons passer la nuit. Deux cabanes en bois ont été construites, avec des lits superposés à l'intérieur de chacune en guise de dortoir et quelques vieux matelas sans draps par dessus. Puis à côté, un espace cuisine a été aménagé. En fait le lieu ressemble plus à un squat, loin de la maison familiale. Il y a actuellement huit Argentins et Colombiens de passage ici. D'ailleurs Omar nous propose de l'accompagner en ville ce soir pour assister à leur petit concert, ok c'est parti! Ici, il n'y a pas d'électricite, mais c'est accessoire. Pour ce qui est des baños? Pour uriner c'est dehors, et pour le reste c'est dans le cagibi derrière, faut viser le trou dans le sol en bois, ça tombe deux mètres plus bas. Et pour la douche? Il n'y en a pas, faut aller dans le rio. Et d'ailleurs, il n'y a même pas d'eau du tout... Ni dans la "cuisine", nulle part, juste le rio marron amazonien. 
 
Bon... faut dire qu'on n'avait pas vraiment imaginé ça comme ça! La première question qui nous vient: vivent-ils vraiment comme ça? Non, nous avons vu un raccordement à l'électricité jusque dans leur maison. Pour l'eau, nous ne savons pas. En pratique: il nous faut ramener un gros bidon d'eau de 20L que l'on peut acheter deux fois par semaine en ville, pour se faire à manger. Aussi il nous faudra aller acheter nos provisions à la ville qui est à 1H à pied, sachant qu'on ne peut pas les conserver. Ce qui veut dire faire des allers-retours chaque jour à la ville pour manger ou s'approvisionner, se laver dans le rio, et dormir dans une cabane dortoir au milieu des bêbêtes. Omar libère pour nous le petit lit qu'il occupe depuis quelques nuits en nous disant qu'il va prendre celui de Patricio pour ce soir. Puis il nous dit qu'une Allemande devrait nous retrouver ce soir. Il nous laisse nous installer et nous attend devant chez lui dans une demi-heure pour aller au concert.
 
Nous posons nos sacs dans la cabane, découvrons les lieux, perplexes, tout en admirant le coucher de soleil.
 
 
C'est loin d'être ce que nous avions imaginé... Nous pensions nous retrouver dans la famille de Patricio (et non au fond du terrain), à partager la vie de la ferme... Partager leur quotidien, les repas en participant bien sûr, travailler un peu avec eux... Elise commence à déchanter et se dit qu'elle ne pourra pas rester bien longtemps ici. Elle envisage même de partir dès le lendemain. Puis Guillaume se dit que si on dégage demain, autant le faire maintenant... Nous replions alors nos sacs de couchage, lorsqu'Omar arrive avec sa frontale. On essaie de lui expliquer qu'en fait on ne va pas rester, en même temps on ne sait pas trop comment lui dire... Nous quittons finalement la finca sacs sur le dos en compagnie d'Omar direction la ville. Au croisement du chemin et de la route principale, nous chopons un taxi qui nous dépose au centre de Puyo. Omar file au bar du concert pendant que nous cherchons un hôtel. La galère, tout est trop cher! Nous négocions finalement une chambre pour 16 dollars à l'hôtel el Dorado. Nous sommes dans un palace comparé à ce qui nous attendait ce soir... 
 
Un peu plus tard nous retrouvons Omar et le groupe d'Argentins-Colombiens, tous maquillés pour leur petit concert, très sympa d'ailleurs. La majorité d'entre eux sont loin d'être des musiciens mais chacun s'y met pour faire un peu de percu, maracas, guitare, gratte-gratte, et ça rend quelque chose de pas trop mal. D'ailleurs nous avons eu droit à une reprise de "oh chuva!" de Falamansa! 
 
 
Ils font des petits concerts comme ça un peu partout, en demandant une propina à la fin, ce qui leur permet de poursuivre leur voyage. Nous en profitons pour discuter un peu avec Omar, lui proposer un verre. Il nous répond qu'il préfèrerait qu'on revienne à la finca...
 
Le lendemain, c'est jour de fête à Puyo, allons voir les festivités! Sur le malecon, au bord du rio Puyo, il y a un monde fou! De l'animation, une grande scène... Nous nous baladons dans les environs et suivons un petit sentier de 2,5km bien aménagé qui longe le rio, ça semble être la balade du week-end des Equatoriens! Quelques femmes se sont installées ici pour vendre des bananes grillées au fromage (pas mauvais!) ainsi que des larves de palmier grillées... ça nous n'avons pas osé. Un gamin a hésité longuement avant de mettre la bête dans sa bouche, puis à la mastiquer... pour finalement nous dire que c'est "muy rico!".
 
 
 
 
Puis, sur le chemin du retour, nous apprenons qu'il y a un "ceviche volquetero gigante" servi sur le lieu des festivités, gratuit en plus! Vite, nous nous dépêchons d'aller voir ça! C'est la folie, il y a des files énormes de gens qui attendent pour se faire servir une assiette de volquetero. Nous nous mettons au bout d'une file et nous apercevons vite que celle-ci n'avance pas! Y'a pas moyen qu'on rate ça! Hop, on fait comme tout le monde, on se faufile sur le côté, et Guillaume ressort avec deux petites assiettes de volquetero. Et c'est bien bon! Disons que ça change du riz... Il s'agit d'un mélange de "chocho" (graines de lupin) avec des "chifles" (chips de banane), du "maïs tostado" (maïs grillé salé), le tout surmonté d'un mélange de tomates-oignons et le plus important: du thon en boîte! Le volquetero géant est étalé sur 5 m de large, une dizaine de personnes s'activent à la préparation et au service, impressionnant!
 
 
 
 
Une fois rassasiés, nous rentrons à l'hôtel en appelant Omar au passage. Le rendez-vous est pris pour dans deux heures devant le bar de la veille. Nous passons aussi prendre des renseignements dans une agence pour aller faire un tour dans la jungle. Les tours proposés sont bien chers à notre goût et ne nous emballent pas vraiment... Nous cherchons à marcher dans la jungle, voire y passer une nuit, faire un tour en pirogue... D'après le routard, les tours les moins chers se font depuis Puerto Misahualli, village un peu plus reculé dans l'Amazonie. Nous prévoyons donc d'y faire une prochaine escale mais les logements ne sont pas dans notre budget. Par chance nous trouvons une lodge qui fait aussi camping, où nous pouvons planter notre tente pour 3 dollars par personne, parfait! Mais nous avons laissé notre tente à Baños...
 
 A l'hôtel nous captons Elise de Vilcabamba sur le net, elle est censée quitter le Pérou aujourd'hui et arriver demain à Baños. Nous décidons donc de partir dès demain pour faire un aller-retour à Baños histoire de faire d'une pierre deux coups et y retrouver Elise, ainsi que notre tente! 
 
Deux heures plus tard, nous sommes au point de rendez-vous et Omar se fait attendre. Il arrive finalement en nous disant que les canards s'étaient sauvés de la ferme d'où son retard. Nous partons sur le malecon où nous avons un aperçu d'un concert de bachata (on n'est franchement pas fans!), puis nous nous faisons un bon volquetero à trois, dans un boui-boui ce coup-ci. C'est toujours aussi bon même si ce n'est pas exceptionnel, faut bien l'avouer, mais au moins ça change! 
 
Nous cherchons à discuter un peu avec lui de l'exploitation pétrolière en Amazonie mais nous changeons rapidement de sujet car ça lui fait de la peine d'en parler. Pendant la journée, nous avons vu pas mal d'affiches de ce type, d'opposition à l'exploitation pétrolière.
 
 
Ensuite Omar nous emmène dans un bar où nous rencontrons deux français agronomes qui bossent en tant que volontaires du côté de Puyo, dans la culture de curcuma. La soirée touche vite à sa fin, nous faisons nos aux revoirs à Omar que nous reverrons peut-être lors de son probable voyage en Europe à la fin de l'année.
 
Le lendemain, arrivés au terminal de bus à 10H30, c'est rempli de monde! Le prochain bus pour Baños ayant encore de la place est à 11H30. Guillaume commence à râler en voulant chercher une autre compagnie qui aurait un bus qui part plus vite, sans succès. Quand nous nous décidons à prendre celui de 11H30, il n'y a plus de place, il faut attendre celui de 14H! Voilà comment passer 3H dans le terminal de bus de Puyo un Dimanche, pendant que toutes les familles d'Equatoriens tentent de repartir vers Quito. Tout le monde semble galérer pour quitter Puyo... Des touristes nous proposent même de partager un taxi jusqu'à Baños, non merci! Pendant l'attente, il y a la rediffusion du match de championnat Bordeaux - Monaco dans le hall du terminal, incroyable! Pour patienter encore nous déjeunons un mini-volquetero! 14H arrive, nous partons enfin direction Baños, c'est pas trop tôt!

Publié à 17:02, le 22/08/2013, dans Equateur, Puyo
Mots clefs : finca Argentinario Puyoceviche volquetero gigante


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