A l'autre bout du bout du monde

Deux individus, deux mêmes rêves, une rencontre en Martinique puis un projet qui se concrétise ensemble : partir voyager à travers l'Amérique du Sud au gré de nos envies et de nos rencontres. Suivez nous: c'est parti pour l'aventure!!! ..................................... ..................................................................

Clandestinos (17 Septembre - 4 Novembre)

Pendant ces longues semaines au Brésil...

Le 18 Septembre
 
Arrivés au Brésil depuis la veille, et à Macapa également, le destin nous amène boire un coup à la table à côté de Christophe et sa femme Rita, rappelez-vous... Après quelques verres, nous demandons à Christophe comment faire pour avoir un tampon du Brésil sur notre passeport... Et là c'est la prise de panique pour lui puis pour nous du coup: "QUOI?! mais vous ne vous êtes pas faits tamponner en entrant dans le pays?! Alors là mais vous êtes dans la MERDE! Si jamais vous vous faites contrôler vous risquez de passer un moment en cellule ou d'être expulsés du pays! Vous êtes des clandestins ici!" et Rita et Josiane qui disent en coeur: "Clandestinos!"... 
 
Hum mince, qu'avons nous fait pour ça?  Nous avons simplement pris un petit bateau depuis St George en Guyane pour traverser l'Oyapock, puis nous sommes descendus à la ville d'Oiapoque sans aucun contrôle, aucun flic à l'horizon. Entre les brésiliens qui nous alpaguaient dans une langue inconnue, et notre préoccupation de trouver des Reals, manger, et partir pour Macapa, nous n'avons pas pensé à chercher le poste de police pour nous faire enregistrer. Nous y avons bien pensé sur le chemin, en nous disant qu'on irait se présenter au poste de police de Macapa. Mais maintenant nous sommes là, à Macapa, ne sachant pas quoi faire, clandestins au Brésil où nous avons prévu de rester 2 mois.
 
Heureusement pour nous, Josiane a un contact à la police. Elle nous propose d'aller chez les flics demain avec elle, et de régler le problème avec son pote. Apparemment, on aurait probablement une prune, mais au moins on serait régularisé. 
 
Le 19 Septembre
 
Le lendemain matin, nous attendons Josiane devant l'hotel, qui arrive finalement avec une heure de retard. Changement de programme pour nous: elle a passé du temps au téléphone ce matin pour essayer de voir avec son pote flic ce qu'il pourrait faire pour nous. Mauvaise nouvelle: d'après lui, il vaut mieux pas qu'on aille à la police. Non seulement on ne pourrait pas être régularisé, mais en plus on risquerait de nous demander de quitter le pays. Le seul moyen de nous régulariser serait de retourner à Oiapoque. La meilleure solution pour nous, d'après Josiane, est de continuer notre voyage clandestinement, en tentant de passer entre les mailles du filet. Son mari étranger serait resté 10 ans au Brésil sans se faire contrôler, même en prenant des vols intérieurs... on ne risquerait donc pas grand chose. C'est tout de même étrange qu'il soit préférable, pour 2 clandestins (nous) demandeurs d'une régularisation dans le pays, de ne pas se présenter aux autorités et de continuer à vadrouiller en toute illégalité dans le pays. Tout ça sous les conseils d'un flic... Nous n'avons pas beaucoup d'autre solution. Du coup Josiance nous propose d'aller faire un tour ensemble au Marco Zero, ligne de l'Equateur...
 
Le 10 Octobre
 
Nous arrivons bientôt à Récife et souvenez-vous... Nous sommes dans le bus et la police fédérale nous arrête à la frontière entre 2 états. Pas de bol... Nous repensons au "10 ans sans contrôle". Ca fait à peine un mois que nous sommes au Brésil et voilà que nous nous faisons arrêter par les flics. Nous descendons tous du bus, le chien passe autour des sacs pour chercher de la drogue et là un flic nous regarde en nous disant en portugais: "Je peux voir vos papiers?"... C'était évident qu'on n'allait pas passer à côté d'un contrôle de papiers... Il feuillète nos passeports une fois, deux fois, peut-être même bien 3 fois. Nous nous regardons tous les 2 en nous disant que le Brésil c'est fini pour nous. 
 
Le flic nous demande en anglais pourquoi on n'a pas de tampons sur nos passeports. On lui explique de bonne foi que nous sommes arrivés au Brésil par la Guyane, et que nous n'avons pas eu de contrôle. Nous remontons dans le bus et 3 mecs sont embarqués au poste. Pendant que certains flics recherchent les traficants de drogue à bord, d'autres rendent les papiers à chacun des passagers un à un. Les notres ne viennent pas. L'attente est longue, très longue... Pourvu qu'ils nous rendent nos passeports. On a eu le temps de s'imaginer tout et n'importe quoi: vont-ils nous embarquer? et pour faire quoi? vont-ils juste nous mettre une prune? ou nous dire "vous êtes dans l'illégalité mais circulez!". Cette dernière option, on n'y croyait pas trop.
 
Nous voyons le flic revenir avec nos 2 passeports à la main et monter dans le bus: "Elise and Guillaume!". On le retrouve à la porte du bus. "Vous êtes illégaux ici! Vous devez avoir un tampon sur votre passeport. Si je vais en France comme ça je suis illégal! Heureusement pour vous qu'on a trouvé 2 traficantes de drogue, sinon c'est vous qu'on aurait embarqué! Il faut absolument que vous alliez vous faire régulariser à la police à Récife!" (OUF!) "Oui, ok, on va aller à la police." 
 
On l'a échappé belle. Plus de peur que de mal. Considérons qu'il s'agisse d'un avertissement. Ce coup-ci on n'a pas le choix, il faut qu'on se rende chez les flics. En tout cas on peut quand même dire que la drogue nous a sauvés!
 
Arrivés quelques heures plus tard à Récife, nous nous dirigeons directement au poste de police. Celui-ci se trouve en grêve. On explique le problème a un flic à l'entrée qui nous dit d'aller régler notre problème au service d'immigration à l'aéroport... Super... On se présente enfin à la police et on nous dit d'aller voir ailleurs.
 
Nous arrivons au poste de police de l'aéroport: "nous ne pouvons pas vous régulariser ici! Le seul moyen de vous faire tamponner est de retourner là ou vous êtes entrés, ou bien de continuer le voyage et de payer une prune de 160 Rls chacun en quittant le pays. Pas d'autre solution". En gros: les flics n'en ont rien à faire qu'on circule clandestinement... Bravo! Au moins, on aura tout fait pour nous faire régulariser! On ne peut maintenant vraiment rien faire de plus! Reste plus qu'à voir ce qui nous attend à la frontière...
 
Le 4 Novembre
 
Dernier jour de clandestinité.
 
Nous venons d'arriver à Foz do Iguazu, et demain il nous faut passer la frontière pour nous rendre en Argentine. Nous décidons d'aller directement à la frontière paraguayenne pour essayer de nous faire régulariser (il y a un pont à Foz qui mène tout droit à Ciudad del Este, de l'autre côté, au Paraguay). Nous nous rendons à la sortie du Brésil où nous expliquons notre cas à une flic qui nous dit de préparer une feuille d'entrée au Brésil et de nous présenter au poste d'en face. Et là on lui demande ce qu'on met sur le papier: "pour la provenance et la destination?" elle nous répond "Brésil!". Ok, c'est logique! Allez hop c'est parti!
 
Au poste d'entrée au Brésil alors qu'on n'en est pas sorti, un poulet prend nos passeports et nous dit: "Vous allez où?" On lui répond "A Foz au Brésil". "Et après?" "En Argentine!" Pas de problème. Il nous met un coup de tampon chacun, et nous entrons officiellement au Brésil. Nous sommes tous les 2 abassourdis. Voilà comment se faire régulariser sans problème, sans question, sans prune, après 2 mois de clandestinité!! BRAVO!!! Allons arroser ça!
 
Sur les passeports, notre voyage au Brésil a donc officiellement commencé le 4 Novembre! 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


Publié à 02:16, le 13/11/2012, dans Bresil,
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