A l'autre bout du bout du monde

San Francisco de Cunuguachay, 2ème partie (29 Août-5 Septembre)

 

Le lendemain, Jeudi, nous nous rendons donc ensemble au cabinet de Liliane avec le petit patient âgé d'à peine deux ans. Deux patients sont déjà allongés, aimantés sous une couverture en attendant que le traitement agisse. Pendant que Liliane s'occupe de l'un d'eux, un jeune d'une dizaine d'années entrain de faire la sieste, elle nous explique le principe du biomagnétisme. Dans un premier temps, elle établit un diagnostic en interrogeant les pieds: elle récite toute une série de diagnostics, en fonction des plaintes du patient, en agitant les pieds avec ses mains de manière à ce qu'ils s'écartent et se referment l'un de l'autre. Pendant ce temps, il s'opère un transfert d'énergie entre elle et le patient... Dès que le pied droit "se rétrécit", cela signifie que le patient souffre du diagnostic qu'elle évoquait au même instant. Elise reste une nouvelle fois sceptique...  A quoi bon faire des années d'études de médecine s'il suffit d'interroger les pieds pour faire un diagnostic? Liliane nous raconte que cette technique fonctionne incroyablement bien, mais qu'elle a bien sûr ses limites et qu'elle sait quand il faut adresser le patient à un médecin. Cependant, cette technique lui permet non seulement d'établir le diagnostic de tuberculose mais aussi de la soigner. D'ailleurs, elle aurait déjà soigné plein de tuberculose grâce au biomagnétisme, ainsi que des Guillain-Barré et des hémiplégies post-AVC... Une fois le diagnostic posé, elle dispose des aimants + et - sur le corps du patient, à différents endroits selon l'organe souffrant, par-dessus les vêtements. Le principe est le suivant: selon le milieu dans lequel vivent les bactéries et/ou parasites (acide ou alcalin) impliqués dans la maladie du patient, elle va inverser le pH grâce aux aimants afin de pouvoir les tuer.

 
Liliane nous parle ensuite de sa formation. Le biomagnétisme lui a été enseigné par un médecin mexicain qui propose des formations dans différents pays actuellement, peut-être même prochainement en France. Elle s'est formée ici en Equateur. La formation initiale ne dure qu'une semaine et est ouverte à n'importe qui serait disposé à payer 1200 dollars. Autrement dit, aucun savoir médical n'est requis.
 
Elise profite d'être ici pour demander une consultation... ça fait maintenant presque 10 mois qu'elle a du avaler un sale truc avec les conséquences que ça peut avoir, et elle se dit qu'après tout, pourquoi pas essayer avant de se traiter comme il se doit une fois de retour au pays. Liliane teste tout ce qui est possible et imaginable en interrogeant les pieds qui révèlent: des parasites, un problème hépatique, une perturbation de l'épiphyse, ainsi qu'une allergie à l'achiote, rien que ça!... L'achiote un colorant rougeâtre qui est beaucoup utilisé dans les huiles ici. On en a effectivement mangé récemment, mais Elise n'a jamais manifesté de problème suite à l'ingestion d'achiote. Apparemment une séance ne sera pas suffisante, il en faudra probablement une ou deux autres.
 
Nous en profitons pour interroger Liliane sur l'existence d'une éventuelle étude mettant en parallèle la médecin classique à cette technique. Il n'y en aurait pas à ce jour, mais l'envie ne manque pas à Liliane de confronter les deux afin de prouver scientifiquement l'efficacité du biomagnétisme. Malheureusement, il faut pouvoir trouver des fonds pour une étude de ce genre... mais aussi trouver un médecin qui serait d'accord pour participer à cette étude.
 
La séance touche déjà à sa fin et Liliane nous donne rendez-vous Samedi matin à Riobamba. Nous avons prévu d'y aller pour le marché, alors autant faire d'une pierre deux coups!
 
De retour à la casa, nous faisons la connaissance d'Aurore, Strabourgeoise vivant à Paris, en voyage pour un mois en Equateur. Elle a déjà pas mal vadrouillé, surtout en Asie, dont cinq fois au Népal. Puis arrivent une Equatorienne et un Italien, de passage à Cunuguachay pour le début du week-end. Ils bossent tous les deux à Guayaquil, lui à la Coopération Internationale avec des immigrés Colombiens, et elle, fait de la danse.
 
 Ce soir, nous avons droit une nouvelle fois à un repas à la bougie... 
 
Vendredi, les sommets des montagnes sont dégagés, nous pouvons apercevoir le massif d'El Altar...
 
 
Nous profitons d'un après-midi plus ou moins ensoleillé pour nous faire une petite balade de 4H dans les environs de Cunuguachay afin d'admirer le majestueux Chimborazo. Aurore se joint à nous pour la balade. Nous commençons notre ascension à travers le village en croisant nombre de chiens errants grognants, puis montons en direction des crêtes, tout en surplombant le village.
 
 
 
 
Une fois sur la crête, nous avançons au milieu des champs, en direction du Chimborazo qui malheureusement est couvert par les nuages. Le beau temps de la matinée n'aura pas duré... Nous nous posons un instant pour l'admirer, et apercevons son sommet juste l'espace d'une seconde. Le décor est splendide: au pied du volcan s'éparpillent des centaines de petits champs aux multiples couleurs. Nous sommes en plein dans la campagne, quelle tranquilité!
 
 
 
 
 
 
 
Puis nous poursuivons notre balade par une "descente de ski" en plein dans la terre sableuse, nous en prenons plein la tronche et nous sommes recouverts de poussière. Nous arrivons alors au village de Rumipamba, petite communauté proche de Cunuguachay. Ici aussi c'est très rural... Sur le chemin du retour, nous croisons quelques locaux dans les champs, nous saluant en faisant un geste de la main, accompagnés parfois de leurs moutons. Leur rapport avec les touristes n'est pas du tout le même qu'en Bolivie, où les gens ne relevaient parfois même pas la tête pour nous répondre... Ici on sent que les gens ont envie de causer et sont très souriants, c'est très agréable.
 
Contrairement à l'idée que nous nous étions faite du pays en arrivant par le sud, la vie en Equateur ressemble beaucoup à celle du Pérou... Dans la campagne, il y a nombre de communautés indigènes qui vivent principalement de leur culture de subsistance sur leur petit lopin de terre. Dans la campagne, il y a des parcelles de champs à perte de vue, parfois même jusqu'aux sommets des montagnes. Et ici aussi, beaucoup portent encore le vêtement traditionnel.
 
Le lendemain, Samedi, réveil difficile pour Elise qui aura passé une bonne partie de la nuit la tête dans les toilettes. Décidément, ça commence à traîner cette affaire. Nous partons en direction de Riobamba pour nous rendre au marché. Mais avant ça, direction chez Liliane pour une nouvelle séance de biomagnétisme. Ca tombe bien, le Padre se rend lui aussi à Riobamba et nous dépose en ville. Pendant la séance, Liliane trouve ce coup-ci à Elise des Shigellas en plus des parasites... Il semble qu'il faille encore faire une séance supplémentaire! Liliane a prévu de passer demain à Cunuguachay pour se rendre au musée de la montagne avec d'autres soeurs et le Padre, elle propose d'en profiter pour faire une dernière séance...
 
Aussitôt sortis de chez Liliane, nous filons dans le centre vers le marché afin de réaliser nos derniers achats. Mais nous ne trouverons pas notre bonheur, car très peu d'artisanat est vendu ici, ou alors nous n'avons pas trouvé le bon quartier. Tant pis, on essaiera de trouver ça plus tard... 
 
Dimanche matin, Elise va un peu mieux mais c'est Guillaume qui prend le relais... Nous reportons notre trek dans le parc Sangay à demain. Aujourd'hui, c'est repos! Ayant fini nos bouquins respectifs, Guillaume se lance dans celui de Marc Levy et Elise dans le pavé de l'interview autobiographique de Fidel Castro. Ca nous occupera une bonne partie de la journée! Les soeurs et le Padre reviennent dans l'après-midi, accompagnés d'Aurore. On en profite pour faire une dernière séance d'aimantation. Une fois la séance finie, Liliane dit à Elise: "il faudra quand même que tu fasses des examens en rentrant en France"... Ah ben ça c'était couru d'avance et bien prévu dans tous les cas... Mais si la technique est censée être efficace, il faudrait au moins laisser le bénéfice du doute à la fin du nombre de séances requis pour ne pas se décrédibiliser...
 
Lundi, lever matinal pour se rendre à Atillo, dans le parc Sangay, d'où nous avons prévu de trekker pendant deux jours. En sortant du village, nous avons droit à une magnifique vue sur le Chimborazo...
 
 
Après deux heures de trajet en direction de Macas, sur une route nickel, le bus nous dépose en haut des lagunes d'Atillo, au bout d'une longue vallée. Ici c'est la cambrousse! En effet, nous lui avons signalé qu'on voulait voir les lagunes, mais le point de départ du trek ce trouve au niveau du "village" d'Atillo que nous venons de passer en bus 10 minutes plus tôt... Bon, et bien il ne reste plus qu'à rebrousser chemin! 
 
 
 
 
Des abrutis ont mis le feu au paramo, ça enfume complètement l'autre vallée derrière... et c'est entrain de s'étendre à grande vitesse à cause du vent. Paraît-il que c'est pour rendre le terrain plus commestible pour les vaches...
 
Quasi deux heures plus tard, nous voilà au pied de la montagne, au point de départ du trek. Notre objectif est de marcher en direction d'Ozogoche, petit village à 6H d'Atillo par la montagne. Sur notre chemin nous devrions voir une 60aine de petites lagunes... Le problème c'est qu'avec tout le retard que nous avons pris, il ne sera pas possible d'arriver à Ozogoche car il est déjà quasi 14H. Une femme nous a indiqué vite fait le chemin à prendre en nous disant de grimper la montagne... C'est parti! Nous suivons un chemin à travers les champs, puis arrivons au milieu d'un bosquet de pins quasi tout déboisé. Ca grimpe raide! 
 
 
 
 
 
 
Puis la pluie commence à tomber... Nous nous mettons à l'abri en attendant que ça se calme, puis repartons en nous frayant un chemin à travers les arbres morts. En haut du bosquet, nous arrivons dans le paramo. Mais là... il n'y a pas de chemin. Plusieurs options s'offrent à nous: prendre à droite en direction d'une vallée, continuer tout droit où le terrain est très pentu, ou prendre à gauche en grimpant la montagne pour voir ce qu'il y a derrière. En avançant à la recherche d'un chemin, nous nous rendons compte que le paramo est imbibé d'eau, c'est un marécage géant. Et puis le temps de nous décider, il est déjà 16H30... nous ne pouvons pas nous permettre d'avancer comme ça à l'aveuglette dans la montagne, sans savoir s'il sera possible de trouver un endroit où planter notre tente dans une heure, avant que la nuit tombe. Car au beau milieu de la végétation du paramo, ça sera impossible! Finalement nous rebroussons chemin, faut se rendre à l'évidence que c'est l'échec! Nous installons notre tente à l'abri dans le bosquet, au seul endroit à peu près plat que nous ayons repéré.
 
Une fois dans la tente, nous entendons des bruits d'animaux, comme des grognements de cochon très proches... Qu'est ce que ça peut bien être? un ours à lunettes? un sanglier?...
 
Le lendemain matin, nous n'avons pas été dévoré et c'est déjà une bonne chose. Nous traînons avant de tout replier, de toutes façons on a le temps, en à peine deux heures on peut être en bas de la montagne sur le bord de route entrain d'attendre le bus. Nous avons même finalement un peu d'avance, car le prochain passe dans une heure. En attendant nous prenons un café dans le "bar-restau-hostal", une des seules maisons du coin. Arrivent alors des gens qui cherchent un mec bourré disparu depuis la veille... Il serait parti à pied d'un village à plus de vingt bornes d'ici, comment aurait-il pu arriver jusque là?!
 
Le bus arrive enfin. En fin d'après-midi nous voilà de retour à Cunuguachay! Et nous sommes seuls! Nous faisons la connaissance de Maria, la nouvelle cuisinière qui remplace Suzanna pour le dîner car celle-ci a repris ses études de coiffure-esthétique à Riobamba. Ses cours ont lieux tous les soirs, donc nous ne la verrons plus que pour le midi! Malgré que Maria ait suivi des cours de cuisine pendant deux ans, ce soir ce sera: riz blanc avec des pâtes!... Sans commentaire!
 
Une nouvelle fois, beau coucher de soleil sur les sommets des volcans...
 
 
El Altar
 
 
Le Tungurahua
 
Mercredi, nous passons notre dernier jour tranquille à Cunuguachay... Alors qu'Elise aide Suzanna à la préparation du déjeuner, celle-ci lui dit qu'elle prévoit de refaire un tiramisu le lendemain. Non! Nous partons demain matin, impossible de râter son fameux dessert! Hop, on s'attelle tous les deux à la préparation du tiramisu pendant que Suzanna nous donne les consignes tout en continuant de préparer le déjeuner. Ensuite 20 minutes au freezer, et c'est prêt!! Nous dégustons le résultat de notre travail à la fin du déjeuner, délicieux!! Ca y est, nous savons cuisiner un bon tiramisu, merci Suzanna!
 
Le soir, nous faisons la connaissance d'Edith, d'origine camerounaise, et Jean-Damien, Parisien, un couple de jeunes mariés qui sont en lune de miel pendant trois semaines en Equateur. Comme ce soir c'est Maria qui cuisine, nous avons droit à du riz blanc, de la carotte mélangée avec du thon, et un bout d'avocat... Heureusement, nous avons encore droit à un bout de tiramisu en dessert!
 
Comme nous venons de faire l'acquisition de quelques films, nous poursuivons nos soirées ciné en regardant "la bande à Baader", après avoir regardé "habla con ella" d'Almodovar, "Alice au pays des merveilles" de Tim Burton, et "La Vague"...
 
Le lendemain, il est temps de partir de Cunuguachay! Nous faisons nos aux revoirs au Padre...
 
 
ainsi qu'à Suzanna et sa petite Naomi...
 
 
et enfin à Cochon-cochon!
 
 
... puis partons avec Jean-Damien et Edith au marché de Guamote dans leur taxi privé comme ils nous l'ont gentillement proposé! Aujourd'hui nous avons prévu de nous rendre à Cuenca, et Guamote se trouve sur la route donc ça tombe très bien! Et puis Guamote est un des marchés les plus importants et les plus beaux d'Equateur.
 
A notre arrivée là-bas, le guide nous emmène au marché des vaches... 
 
 
 
 
 
Pleins de locaux en vêtement traditionnel (poncho pour les hommes) se rendent ici le Jeudi pour vendre leur bétail. D'après le guide du jeune couple, les vaches se vendraient de 400 à 600 dollars, et les taureaux reproducteurs à 1000 dollars! Quant au lama, il coûterait ici 100 dollars (contre 1000 euros en France) et un alpaga 250 dollars...
 
Ensuite, c'est quartier libre! Nous déambulons dans les rues de Guamote où l'on trouve de tout et n'importe quoi à acheter...
 
Puis vient l'heure de s'en aller. Nous quittons Edith et Jean-Damien sur le bord de la Panaméricaine où nous attendons le prochain bus pour Cuenca. Et c'est parti pour 6H de route! Au passage, nous ne savons ni pourquoi ni comment l'assistant du chauffeur nous a oublié mais c'est tant mieux car nous économisons 10 dollars de bus! 
 
Nous sommes Jeudi 5 Septembre et de retour à Cuenca, à 4H de Guayaquil... Notre avion nous attend dans 9 jours... Alors pour profiter pleinement de notre dernière semaine de voyage, nous avons décidé de retourner camper dans la réserve Rumi Wilco à Vilcabamba, dans le sud de l'Equateur, où nous avons déjà passé un petit moment fin Juin. Ca y est, ça sent la fin!... Même si la boucle n'est pas bouclée en Amérique du sud, elle l'est au moins en Equateur! Désormais plus rien de bien nouveau ne nous attend. Nous allons juste profiter du calme et de la tranquilité de ce petit coin de paradis avant de rentrer et de vous retrouver!!!
 
A très bientôt!

Publié à 18:51, le 12/09/2013, dans Equateur, Calpi
Mots clefs : marché de GuamoteOzogocheAtilloBiomagnétismeChimborazo


Kikou

23:54, 12/09/2013 .. Publié par Rom1
Profitez bien des derniers jours les loulous !.
En tout cas c'est un plaisir de vous lire.
Je viens de rentrer de mon petit voyage (1 mois seulement ;-) donc j'ai un peu de retard à rattraper.
Bises

Commentaire sans titre

22:07, 13/09/2013 .. Publié par LN
profitez à fond de ces derniers instants! des bisous

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