A l'autre bout du bout du monde

Puerto Misahualli (14-17 Août)

 
Après un séjour en Amazonie, on rattrape notre retard comme on peut! Voici donc 3 nouveaux articles à la suite...
 
Arrivés vers 15H à Tena, nous attendons un autre bus qui nous mènera à Puerto Misahualli une petite heure plus tard. Pendant tout le trajet, de la flotte et encore de la flotte! Nous voilà vraiment en Amazonie. Puerto Misahualli est un petit village envahi de singes, situé à la confluence des rios Misahualli et Napo. Une fois arrivés là, nous nous dirigeons vite vers notre camping, au "Banana Lodge". Il n'y a pas de tente ici, ça a l'air bien calme, ça s'annonce bien!
 
 
Une fois la tente posée, nous allons nous enregistrer. C'est alors que la patronne, Anna de son petit nom, nous dit qu'elle emmène deux touristes voir un shaman ce soir, au cas où nous serions intéressés pour prendre de l'ayahuasca... 
 
Petit aparté sur l'ayahuasca: c'est un breuvage médicinale hallucinogène à base d'écorce de liane, utilisé dans le bassin amazonien par les indigènes et par les shamans afin de communiquer avec les esprits et les ancêtres pour entre autre guérir certaines maladies. Actuellement, il existe un business impressionnant de l'ayahuasca en Amazonie avec le tourisme. Il est assez facile d'accéder à ce breuvage par l'intermédiaire de tours qui proposent une soirée chamanisme avec prise d'ayahuasca, et on peut même en trouver à acheter sur des étalages de plantes et d'épices au marché.  Des retraites de plusieurs semaines dans la jungle avec un shaman existent aussi afin de guérir l'intéressé(e) ou de lui apporter des réponses à ses questions. Pour plus d'informations sur cette plante, voici un article très bien fait sur Wikipédia: http://fr.wikipedia.org/wiki/Ayahuasca
 
Pendant notre voyage, nous avons déjà croisé des voyageurs qui avaient eu l'occasion de tester l'ayahuasca. Préalablement à la prise de cette plante, il faudrait suivre une diète d'environ une semaine, sans alcool, sans tabac, sans épices, sans sel, sans sucre, sans certains aliments et sans sexe... A côté de ça, un entretien avec le shaman doit avoir lieu avant la prise d'ayahuasca pour que celui-ci sache quelles sont les attentes de la personne demandeuse, les questions qu'elle se pose, etc... afin de pouvoir faire en sorte que celle-ci trouve des réponses sous l'emprise de l'ayahuasca en communiquant avec les esprits.
 
Bref, nous sommes interloqués par cette Anna qui nous propose de l'ayahuasca comme elle nous proposerait un bout de gâteau au chocolat. Nous lui répondons: "mais, il n'y a pas une semaine de diète à suivre avant?". Sa réponse fut la suivante: "nan, ce n'est pas nécessaire!". On se demande déjà où on est tombé là, chez des gens qui ont l'air de bien profiter du touriste en tout cas... Nous étions curieux de savoir combien son shaman demandait pour ça, mais nous nous sommes retenus de poser la question car, de toutes façons, ça ne nous intéressait pas... en tout cas pas de cette manière là.
 
Nous filons ensuite faire un aller-retour au village pour nous acheter des provisions pour ce soir et nous mijoter une salade de pâtes avec notre réchaud. Il y a une cuisine à disposition à Banana Lodge, mais uniquement pour ceux qui logent en cabañas, donc on peut se brosser pour l'utiliser. Au passage, nous nous arrêtons à l'agence Teorumi pour savoir ce qu'ils proposent comme tour dans la jungle. C'est la déception quand Amélie nous propose ses différents tours. Amélie est une belge qui gère l'agence et vit à côté de Puerto Misahualli dans la communauté de Shiripuno. Les tours proposés consistent à emmener les touristes faire une balade dans la forêt mais aussi de se rendre à un refuge d'animaux, à un musée des techniques indigènes de chasse et de pêche, faire un tour à la communauté de Shiripuno où les indigènes, très habitués à recevoir des touristes, font des démonstrations de danses traditionnelles, présentent la préparation du chocolat, font faire un tour des plantations pour voir ce qu'est un bananier, un caféier, etc... Un minitour dans une communauté qui n'a plus rien d'authentique. Bref, rien d'emballant... On lui explique qu'on veut juste s'immerger deux jours dans la forêt, marcher, y dormir, s'éloigner si possible en pirogue, sans tout l'artifice présenté à côté, mais ceci ne nous reviendrait pas moins cher: 50 à 60 dollars par personne par jour. C'est pas encore aujourd'hui qu'on trouvera notre bonheur!
 
Nous rentrons bredouille à la lodge... là, une russe nous propose gentillement un poisson cuit dans des feuilles de bananiers qu'elle a acheté sur la place du village pour son amie qui n'en veut pas. Humm! Un bon tilapia, un poisson de rivière d'ici! Nous nous régalons!
 
Pendant la nuit, c'est la grosse drache! Et pas celle qui dure cinq minutes, mais toute une nuit! L'occasion de re-tester l'étanchéité de notre tente... Finalement, le sol est innondé pendant la nuit, mais nous restons à peu près au sec sur nos matelas que nous faisons sécher aussitôt le réveil. D'ailleurs, dans la matinée, le soleil apparaît enfin!
 
Le mec d'Anna, Eduardo, vient nous taper la causette en nous racontant sa life: ses 15 années aux îles Galapagos, les étapes de construction de sa maison... Il s'écoute tellement parler que le soir même il aura oublié qu'on avait communiqué en espagnol en nous parlant en anglais: "ah? tu parles espagnol?". Il nous demandera aussi de récolter pour lui les grains de café qu'il a dans son jardin, si jamais on n'a rien à faire... Autant dire que le feeling n'est pas du tout passé avec les deux propriétaires de la lodge.
 
Le midi, nous allons nous faire un almuerzo au centre du village et découvrons enfin les capucins, petits singes qui ont envahi la place et les rues alentours. A la fin du repas, un singe ne s'est pas fait prié pour venir choper dans nos assiettes les carcasses de poisson que nous avions laissées!
 
 
Il y en a partout, ils ne sont vraiment pas craintifs! Il paraît qu'ils attrapent tout ce qu'ils peuvent manger! Même les chiens se sentent frustrés de voir que tout ce qu'il y a de bon à se mettre sous la dent est immédiatement volé par un singe. En tout cas, c'est l'attraction du coin.
 
 
 
 
 
 
 
Ensuite, promenade digestive le long du rio et de la plage...
 
 
 
 
 
 
 
Puis nous tentons de nous renseigner dans d'autres agences qui proposent toutes les mêmes tours à peu de choses près, pour des sommes allant jusqu'à 130 dollars par personne pour deux jours! Nous déchantons toujours... 
 
 
De retour à Banana lodge, nous découvrons une autre tente installée à côté de la nôtre. Il s'agit d'un couple polonais/états-unien qui sont en vacances pour une petite semaine en Amazonie. Ils sont en voyage depuis quelques années et vivent en ce moment à Baños où ils ont posé leurs sacs depuis six mois pour travailler. Nous dégustons nos nouilles chinoises et retrouvons notre tente pour une nuit toute aussi humide que la veille. Décidément, la pluie ne cesse de tomber la nuit! Notre tente argentine n'est quand même pas mal en matière d'étanchéité.
 
Pendant le petit déj', nous discutons tranquillement avec le couple d'à côté. La fille, Carolina, a déjà séjourné un peu dans des communautés en Amazonie et nous recommande fortement la communauté d'Indichuris dans laquelle elle n'est pas encore allée mais où elle souhaite se rendre une prochaine fois. Ca nous semble carrément être le bon plan qu'on cherchait! A une demi heure au sud de Puyo, cette communauté de Quichua accueille les touristes en leur proposant hébergement, repas, et balades en forêt pour des prix très corrects! Rien à voir avec ce que proposent les agences... Visiblement, ce n'est pas à Puerto Misahualli que nous allons trouver notre bonheur, alors c'est décidé, nous repartons dès demain ou après-demain à Puyo pour nous rendre à Indichuris. Carolina nous conseille tout de même d'attendre Lundi, car le week-end, ce serait blindé d'Equatoriens...
 
Vendredi soir: première nuit sans pluie! Comme la nuit porte conseille, nous nous réveillons en nous disant: on se casse d'ici! Il n'y a pas grand chose à faire dans le coin, nous ne nous sommes pas vraiment liés d'amitié avec les occupants des lieux, et notre tente est sèche, donc il est temps de partir!
 
Nous quittons en fin de matinée Puerto Misahualli et ses petits singes en direction de Tena (sur la route de Puyo), où nous avons prévu de faire une escale d'un jour ou deux en attendant que le week-end se passe... Mais en arrivant à Tena, c'est l'échec! L'hostal qui nous disait pouvoir nous accueillir avec nos hamacs n'a en réalité pas de coin pour ça et il y a une coupure d'eau illimitée dans toute la ville... nous tournons en rond pour finalement nous décider à filer directement à Puyo!
 
Retour à la case départ: nous arrivons à Puyo en fin d'aprem et retournons à l'hôtel el Dorado pour cette nuit, avant de partir vers l'inconnu, vers l'aventure: la communauté Indichuris en pleine Amazonie! 

Publié à 04:05, le 23/08/2013, dans Equateur, Puerto Misahuallí
Mots clefs : ayahuascario Misahuallirio NapoTeorumiBanana lodgeShiripunocampingsinges


{ Page précédente } { Page 6 sur 99 } { Page suivante }

Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Mes albums

Où suis-je actuellement ?



Rubriques

Argentine
Avant le depart
Bolivie
Bresil
Chili
Equateur
Guyane
Paraguay
Perou
Preparatifs
Uruguay

Derniers articles

Articles Equateur

Sites favoris

Blog d'Aurélie et Yannick

Amis