A l'autre bout du bout du monde

Latacunga (29 Juillet - 04 Août)

 
Nous quittons Quito, la dernière capitale de notre périple, en direction de Latacunga plus au Sud. Et oui, nous continuons notre descente de l'Equateur, en nous rapprochant doucement de notre ultime étape: Guayaquil. Nous entâmons ici la fameuse "avenue des volcans" sur la Panaméricaine. Il s'agit d'une énorme vallée allant de Quito, au Nord, à Riobamba, plus au Sud, bordée par d'innombrables volcans. Le premier qui nous attend est le Cotopaxi, haut de ses 5897 m et qui se trouve être l'un des volcans actifs le plus haut du monde. Actif car sa dernière éruption (qui a d'ailleurs détruit Latacunga) date de 1877. Vu que ça fait moins de 200 ans, il est toujours considéré en activité. Ce volcan est situé dans le parc du même nom, situé entre Latacunga et Quito. 
 
Latacunga est une petite ville assez tranquille, qui ne paie pas de mine. En arrivant, nous suivons les recommandations du routard et nous installons dans un hostal proche du terminal, "Los Nevados". Mais, quelle idée?! Les abords du terminal sont bien connus pour ne pas être en général les mieux famés. On nous propose une chambre pour la modique somme de 7 dollars pour deux, mais on se rend compte bien vite qu'il y a une odeur tenace indéfinissable dans cette chambre, et en demandons donc rapidement une autre (pour 10 dollars). A ce prix, il ne faut pas être trop exigeant, mais quand même! Il n'y a aucun touriste dans cet hôtel (ce qui n'est pas pour nous déplaire), ce sont principalement des Equatoriens qui viennent y passer la nuit. Nous décidons tout de même d'explorer le centre ville à la recherche d'un hostal "barato" dans lequel nous nous sentirions mieux et surtout où nous pourrions laisser nos affaires en sécurité pendant que nous partons vadrouiller deux jours dans les environs.
 
Finalement, nous tombons sur "l'hostal central" en plein centre (tiens donc), où nous décidons de poser nos sacs dès le lendemain! Il y a internet, une cuisine (indispensable pour manger autre chose que du pollo-riz), une terrasse, et en plus on a le droit à une ristourne! Parfait! Aussitôt les sacs posés, nous prenons un bus pour Quilotoa où se trouve un des plus beaux lacs de cratère d'Equateur. En arrivant là-bas, à 3900m d'altitude, ça vente énormément et ça caille!!! Nous nous installons à l'hostal Pachamama, tenue par des adolescentes (nous n'avons jamais vu les parents là-dedans), où pour 12 dollars nous avons dîner+lit+ptit déj'. Cette formule est quasi la même dans tous les hostals du coin qui ne cessent de pousser. D'ailleurs, avant l'essor touristique de la lagune, il n'y avait rien ici! Disons que Quilotoa est le El Chalten d'Argentine, mais en mode équatorien, c'est à dire beaucoup moins cher, et beaucoup moins touristique. Nous sommes les seuls dans l'hostal!
 
Aussitôt nos affaires déposées, nous filons découvrir et admirer cette fameuse lagune. Malgré le temps grisâtre, le site est majestueux! 
 
 
 
Il s'agit d'un lac de cratère né d'une éruption survenue il y a plusieurs siècles, qui provoqua l'effondrement du cratère sur lui-même. La lagune, d'environ 3 km de diamètre, est bordée de falaises de 400m de haut! Il est possible d'en faire le tour, mais il paraît qu'il y a quelques passages à pic sur les crêtes des falaises, dangereux à souhait à cause des rafales de vent de la saison. Nous décidons de ne pas nous lancer dans ce tour fou et de simplement nous balader tranquillement sans nous faire de frayeur! Finalement, le ciel se découvre petit à petit, laissant percer les rayons de soleil et illuminer le lac turquoise, splendide!
 
 
 
Nous entâmons notre descente vers la lagune sur une terre sablonneuse, avec le vent en prime, nos yeux sont recouverts de sable.
 
 
Le ciel continue à s'éclaircir, les ombres des nuages avancent à une vitesse grand V sur le lac... Quatre cent mètres plus bas, nous y voilà!
 
 
 
Vient ensuite l'heure de la longue ascension avant le coucher de soleil. Nous nous faisons doubler par quelques touristes remontant à dos de mule pour 10$ (!). Rares sont les téméraires qui, comme nous, remontent à pattes! On aura bien mérité une petite bière au mirador, en admirant les couleurs rosées de fin de journée au-dessus de nos têtes.
 
 
 
Nous avons même droit à un ravissant coucher de soleil au moment de nous faufiler "au chaud" dans notre hostel. 
 
 
Ce soir, au menu (allez, vous pouvez deviner!): soupe de quinoa, riz, pollo, et frites! La fille accepte de venir nous allumer le petit poêle à bois qu'il y a dans notre chambre car nous sommes frigorifiés. Malheureusement, au bout de 10 minutes il n'y a plus de pétrôle, et plus de feu! Nous mettrons du temps à nous endormir dans le froid, malgré la grosse couette qui nous étouffe... 
 
Le lendemain midi, nous repartons déjà à Latacunga. Une fois là-bas, nous nous installons dans notre nouvel hostal et déchantons un peu quand nous apprenons que la ligne internet "est en réparation pour 2 jours" mouais... puis, quand la gérante nous voit arriver avec des courses dans la cuisine et qu'elle nous dit "habituellement je ne prête pas la cuisine, mais bon... allez-y!". Elle nous laissera finalement nous mijoter des légumes le soir sans problème pour le reste de notre séjour, tout en restant assise à côté à nous taper la causette ou à surveiller nos moindres faits et gestes ou encore à nos proposer du "cafe? jugo?". Elle est quand même bien aimable la gérante palestinienne.
 
Le lendemain, nous partons dans la matinée au marché de Saquili, à 15 minutes de Latacunga. Il paraît que c'est un des plus beaux marchés d'Equateur! Ca n'a rien d'Otavalo, mais on y fait encore nos emplettes et repartons avec un sac plein d'artisanat! C'est officiel, nous sommes maintenant chargés comme des mules!
 
 
De retour de Saquisili, nous nous préparons à partir deux jours dans le parc Cotopaxi. A écouter l'office du tourisme (complètement incompétent) et l'avis d'une agence, il n'y a pas grand chose à faire dans le parc hormis grimper le volcan Cotopaxi, ou bien prendre un guide pour faire le tour de la lagune Limpiopungo et grimper au refuge du volcan. Il paraîtrait qu'il ne serait pas permis d'entrer dans le parc sans guide depuis qu'une jeune fille a décidé d'arpenter le parc seule et d'y perdre la vie...
 
Vendredi matin, nous prenons un bus direction Quito et nous faisons déposer sur la Panaméricaine, non loin de l'entrée du parc. Là, un mec en 4x4 nous propose ses services: 20 dollars pour nous amener jusqu'à la lagune. Nous nous contentons de nous faire emmener jusqu'à l'entrée pour 3 dollars, accompagnés par un Italien et un Canadien. Nous tombons alors sur plein de touristes et plein de faux guides en 4x4 (les mecs ne sont pas guides du tout, ils t'emmènent en 4x4 et c'est tout) qui pratiquent des prix abusés pour faire un tour dans le parc. L'Italien nous propose de partager les frais à 4, sauf que nous on reste en haut et qu'eux font l'aller-retour. Et puis de toute manière, ça reste hors budget pour nous! Nous signons alors une décharge chez les gardiens, comme quoi le parc n'est pas responsable s'il nous arrive quelque chose, et partons seuls en marchant, sans guide, sur la belle route bitûmée du parc. 
 
 
Quel dommage que tout soit si bien aménagé ici. Il n'y a même pas un sentier de randonnée pour grimper jusqu'au refuge du volcan, seulement cette route! Ce qui est plutôt bien pour nos poches par contre, c'est que le parc est gratuit, comme tous les autres parcs d'Equateur depuis une paire d'années! 
 
Si nos calculs sont bons, il nous reste 15 bornes à parcourir à pied avant d'arriver à la lagune, et 700 m de dénivelé. Nous décidons de tenter à tout hasard de faire du stop car nous voyons passer quelques voitures de locaux. Par chance, nous sommes pris par quatre Quiteños et Riobambeños qui sont en week-end et en profitent pour découvrir leur pays! On se sert un peu, Elise grimpe dans le coffre, et hop, c'est parti pour l'ascension folle sur la belle route en zig-zag du parc. Une fois arrivés à la laguna Limpiopungo, qui se situe à 3900m, nous sommes bien contents d'avoir évité de nous taper toute cette route à pied! Nous recroisons d'ailleurs l'Italien et le Canadien dégoutés de nous voir déjà ici!
 
Juste derrière nous se dresse le majestueux volcan Cotopaxi. Nous l'apercevons de temps en temps mais son sommet joue à cache-cache avec les nuages.
 
 
Nous avons quand même de la chance d'avoir du soleil car c'était loin d'être gagné! Nous partons faire un tour de la lagune en guettant l'apparition du volcan... et hop! C'est dans la boîte!
 
 
 
 
 
 
 
Il est superbe! Complètement recouvert de neige, comme de la chantilly dégoulinant sur un gâteau en forme de cône... La roche volcanique lui confère des couleurs rouges flamboyantes... On est quand même bien mieux à l'admirer d'ici, plutôt qu'en haut au refuge, à se geler les miches! Déjà ici il y a un vent de fou, nous nous demandons où on va bien pouvoir planter notre tente... 
 
En fin d'aprem, nous redescendons vers le premier site de campement un peu plus bas, où s'est installée une colonie de vacances avec une trentaine de tentes... Nous trouvons un coin plus ou moins abrité du vent, très loin de la colonie. Le vent souffle toujours énormément dans le bosquet d'à côté, mais par chance notre tente ne tremble pas trop. On dirait qu'on est paré pour la nuit! Les nuages tombent, nous ne distinguons plus le volcan... Nous mangeons nos nouilles chinoises et hop, au lit!
 
La nuit fut paisible, sans ours ni puma! Nous n'avons même pas eu froid malgré que nous soyons quand même à environ 3800 m d'altitude. Par contre, nous sommes complètement dans le brouillard! D'ailleurs, nous ne voyons tellement rien aux alentours qu'Elise se perdra un petit moment dans la nature avant de trouver les toilettes aménagées du site...
 
En tout début d'aprem, nous quittons les lieux et entâmons notre descente sur la piste en tendant le pouce. Par chance encore une fois, nous sommes pris par une famille de Quiteños en vacances! Ils reviennent du refuge où ils se sont glacés, et partent en direction de la côte Equatorienne. Une demi-heure plus tard, nous sommes déposés au bord de la Panaméricaine, et on n'a pas déboursé un dollar dans le parc! Merci!
 
De retour à Latacunga, notre séjour touche à sa fin. Nous avons rendez-vous à Baños dès demain avec... mister Tanguy!!! Et oui, il a avancé moins vite qu'on ne pensait et nous retrouve là-bas demain... Au revoir le Cotopaxi, et à demain le pas moins dangereux Tungurahua...

Publié à 04:38, le 12/08/2013, dans Equateur, Latacunga
Mots clefs : marché de Saquisililaguna Limpiopungolaguna Quilotoaparc national Cotopaxivolcan Cotopaxi


Commentaire sans titre

22:45, 15/08/2013 .. Publié par LN
magnifiques cette lagune et ce volcan! et les nouilles chinoises ça me rappelle des souvenirs :-) bisous

admirable !

22:10, 18/08/2013 .. Publié par La Marie
Toujours aussi magnifiques vos photos ! Celles du volcan le sont surtout ! Continuez bien les jeunes à vous en mettre plein la vue. bisous.

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