A l'autre bout du bout du monde

Trek de Choquequirao et retour à Cusco (23 Mai - 02 Juin)

 
De retour d'Aguas Calientes à Cusco, nous récupérons nos affaires laissées dans notre hospedaje aux araignées puis Hélène change directement d'endroit pour se rendre à l'hospedaje "El artesano" dans la même rue, 50 m plus bas. 
 
Le lendemain matin, nous faisons de même... Puis partons nous approvisionner pour les prochains jours. Et oui, on ne chôme pas! A peine remis de notre folle journée au Machu, que demain nous partons pour cinq jours de trek vers la cité perdue de Choquequirao. Nous profitons de cette journée "repos" pour skyper Gogo et Beber, puis en fin de journée, manger un dernier vrai repas avec un pisco sour dans un nouveau fief avant cinq jours de pâtes. Nouveau fief, car notre Italien a fermé... nous ne saurons jamais pourquoi!
 
 
J1: Samedi 25 Mai
 
C'est à 6H que nous prenons un bus pour Abancay. Et c'est parti pour 4H de route! Le bus fera un arrêt "pipi" mais sans toilettes. Les hommes s'alignent le long d'une bordure de champs, tandis que les femmes urinent le long du bus, sous leurs longues jupes qui les cachent... Ce genre de scène est monnaie courante depuis la Bolivie! Nous, nous sommes en pantalon, pas pratique!
 
Arrivés au croisement pour Cachora, nous montons à bord d'un "taxi" qui nous emmène illico au village, point de départ du trek. Là, nous avons pour mission de trouver un muletier et sa mule. En effet, nous sommes bien chargés et il va y avoir du dénivelé! Nous préférons nous soulager le dos afin de pouvoir avancer... Nous frappons à une porte... Une première femme nous répond qu'elle a une mule de disponible, mais pour demain. Puis elle nous dit ensuite qu'il n'y a plus de muletier au village, qu'ils sont tous en trek, dont la plupart en direction du Machu Picchu. Depuis la cité de Choquequirao, il y a en effet la possibilité de rejoindre le Machu en 4 jours de marche supplémentaires, mais là, ce n'était pas pour nous!
 
Il est 11H. Nous ne désespérons pas, il doit bien y avoir un muletier dans le coin. En cherchant un peu nous rencontrons Alberto, un d'jeuns qui nous propose ses services. Les négociations commencent harduement.
 
Pour se rendre à la cité de Choquequirao, il faut descendre le canyon qui se situe à une 12aine de km de Cachora, sur 1500 m de dénivelé et 9 km, jusqu'au rio. Ensuite, la traversée du rio se fait en nacelle suspendue à un câble, mais sans la mule! Depuis plus d'un an, le pont permettant la traversée a été emporté par une crue et attend toujours d'être reconstruit. Une fois de l'autre côté, un autre muletier est censé nous attendre avec une autre mule pour une ascension folle de 1500 m jusqu'au camping du site. De là, nous avons prévu une journée sur place pour visiter la cité et pour reposer nos jambes aussi. Pour le retour, c'est le même chemin...
 
Alberto propose de nous emmener jusqu'au rio pour 7H demain matin, et de nous récupérer à midi le 4ème jour pour être de retour à Cachora en milieu de journée le 5ème. Soit moins de 2 jours effectifs. Pour cela, il veut nous faire payer 4 jours à 60 soles (prix convenu par l'asso des muletiers) car ça lui fait faire deux fois l'aller-retour sur 4 jours. En plus de ça, il faut que l'on paie deux jours au muletier de l'autre côté du rio pour la montée et la descente. Ce qui fait en tout 6 jours à payer pour 4 jours de muletier. Abusé! On se dit que ça les arrange bien à Cachora que le pont ne soit pas réparé! Ils essaient de se faire payer le double, pour deux fois moins de boulot. 
 
Finalement, nous négocions 4 jours à 50 soles, sans grande satisfaction. Alberto nous demande alors de lui donner les 200 soles immédiatement. On lui répond 50/50 pour éviter une mauvaise suprise le 4ème jour. 100 pour aujourd'hui et 100 pour la fin... Notre muletier commence à s'énerver. Au moment de charger la mule, il nous demande d'acheter un sac pour pouvoir charger notre tente et nos matelas, puis devant notre refus ira finalement en chercher un chez lui. 
 
Dernier coup de théâtre... on lui demande où se trouve sa bouffe, il nous répond qu'on va devoir partager la nôtre. Quoi?? Une heure plus tôt il nous disait qu'il lui fallait un peu de temps pour acheter à manger, et finalement, probablement suite aux négociations, il a changé d'avis et compte sur nous pour le nourrir. Nous n'avions pas prévu pour 4. En effet, d'après les infos données par un couple franco-belge rencontré à Cusco, les muletiers auraient l'habitude de se débrouiller avec leur bouffe... Le nôtre a décidé de nous faire chier... Il nous dit qu'il y a une boutique plus bas, où on pourrait lui acheter des pâtes, du thon... Notre réponse: "Tu peux en acheter si tu veux!".
 
Le trek s'annonce bien... L'ambiance n'est pas au beau fixe, c'est le moins qu'on puisse dire. A midi enfin, la mule est attelée, nous partons pour cinq jours. Deux minutes après le départ, notre muletier fait demi-tour, laissant sa mule sur place. Il aurait oublié des clefs. Voici notre mule qui a un nom ce coup-ci: "Salserin".
 
 
Après il doit acheter un truc pour sa soeur... ses arrêts s'enchaînent. Nous, nous avançons. On aimerait bien arriver au campement avant la nuit. Et puis c'est la première fois qu'on voit un muletier nous retarder et traîner derrière. Il traîne si bien qu'à un moment on se demande s'il n'a pas fait demi-tour. Guillaume rebrousse alors chemin en courant à la recherche d'Alberto qui arrive tranquillement au loin. Visiblement il a décidé de vivre sa vie, nous allons faire de même. 
 
Pendant les deux premières heures nous montons sur du faux plat, en direction du mirador du canyon, jusqu'à environ 3000 m.
 
 
De là, nous avons un superbe point de vue sur la vallée, et sur le chemin qui nous attend. On peut même apercevoir la cité de Choquequirao au loin, à notre hauteur, sur une montagne en face. Nous entamons la descente infernale en direction du rio en pensant déjà à la montée qui nous attend au retour... Le trek prend une allure de canyon Colca, avec un dénivelé important, des chemins en Z, mais un peu plus larges heureusement. Tout le long de la descente nous avons une vue splendide sur le canyon Apurimac, et distinguons au fur et à mesure le rio tout en bas. Le tout est dominé par des hauts sommets enneigés de 6000 m. C'est superbe. On se demande alors si le canyon Colca est vraiment plus profond que celui là...
 
 
Vers 17H, nous atteignons notre premier campement à "Chikiska", au km 19. Il nous restera environ une heure de descente demain matin pour arriver au rio. Aussitôt arrivés, c'est l'invasion des moustiques... enfin, des espèces de moucherons qui piquent en laissant une goutte de sang sur la peau et qui démangent énormément... les mêmes qu'à Coroico en Bolivie. Notre antimoustique, pourtant puissant, n'a pas l'air efficace contre ces insectes. 
 
Pendant la soirée, nous captons une discussion entre Alberto et un autre gars du camping. Apparemment, demain matin, il n'y aurait pas de muletier pour nous recevoir de l'autre côté du rio. Ils seraient tous partis au Machu Picchu. Puis notre muletier vient nous annoncer la nouvelle en nous disant qu'on verrait bien demain matin au rio. Au cas où il n'y a personne pour nous, il propose de nous garder quelques affaires ici pour nous alléger... C'est impensable pour nous, déjà parce qu'on n'a rien d'inutile à lui laisser, et puis qu'au lieu de prendre un gros sac à dos chacun, nous n'en avons que deux plus un gros sac de bouffe impossible à transporter... Mieux vaut ne pas trop y penser, effectivement on verra bien demain... Nous lui demandons quand même s'il a déjà mangé, il nous répond qu'il n'a pas faim pour ce soir. Nous finissons de manger nos bonnes pastas dans la nuit, et nous couchons à 19H30 pendant qu'un groupe d'Allemands continue leur soirée à côté.
 
 
J2: Dimanche 26 Mai
 
Réveil à 4H par les Allemands, puis enfin à 6H. C'est l'attaque des moustiques dès la sortie de la tente, mais il y a un grand soleil. Nous remballons tout et prenons un petit dèj' de trek express au milieu des poules. Nous croisons les doigts jusqu'au rio en espérant être attendus de l'autre côté. Malheureusement, au fur et à mesure que nous nous rapprochons du rio, nous ne voyons rien ni personne. De même, sur le chemin que nous distinguons de l'autre côté du rio et qui nous attend aujourd'hui, personne! Non, ce n'est pas possible...
 
Puis, en nous approchant encore du rio, nous apercevons finalement 5-6 mules de l'autre côté. Nous reprenons espoir. C'est alors que nous tombons sur Angel, qui est ici pour nous faire monter jusqu'en haut! Ouf! Nous avons une chance monstrueuse. Quelle soulagement. Mais avant de repartir avec lui, re-négociations. Angel nous demande de le payer 3 jours alors que nous n'avons besoin de ses services que pendant deux jours. Guillaume dit à nos deux muletiers de s'arranger, que si l'on paie Angel trois jours, Alberto n'en aura que trois aussi. Finalement Angel accepte pour les deux jours... Incroyable ces muletiers!
 
Nous faisons nos aux revoirs à Alberto qui promet de nous attendre ici le 4ème jour, accompagé d'une autre mule que Salserin qui serait blessée à la pate. C'est alors que la séance frissons commence. Hélène part en premier à bord de la nacelle suspendue au-dessus du rio mouvementé, suivie de nous deux.
 
 
Nous faisons alors connaissance avec notre nouvelle mule: Blanca Nieve (ou Blanche-Neige). Elle est tout blanche, albinos! Nous sommes au kilomètre 21, et il reste 1500 m de montée jusqu'au km 28. Angel nous dépasse en nous donnant rendez-vous au km 24, à Santa Rosa. On n'est pas arrivé! La montée est bien raide, en Z toujours. Nous nous faisons dépasser par un groupe de mules transportant tout le matériel probablement pour une agence. Au bout de 2H (et de 3 km), nous nous posons un peu à Santa-Rosa, où c'est toujours l'attaque de moustiques. Blanca Nieve est bien là avec nos affaires sur le dos. Angel nous dit alors de continuer, qu'il nous rattrapera plus loin. Prochaine étape: km 28 pour la pause déjeuner. Ca grimpe sec toujours, et ça nous prend bien du temps! 
 
 
Sur le dernier km, Guillaume file devant pour tenter de battre un record de vitesse en montée, tandis qu'Hélène et Elise entendent au même moment un énorme bruit de planeur passer au-dessus de leurs têtes. Tellement fort qu'elles ont l'impression que quelque chose va leur arriver dessus. A peine le temps de relever la tête que le condor est déjà passé. Il n'y a pas de doute, c'était le même bruit que nous avions entendu en voyant passer le condor au-dessus de nos têtes à la Laguna Chilata en Bolivie. Mince, nous l'avons râté!
 
 
Les filles continuent ensuite tranquillement en papotant, ça passe plus vite! Après trois nouvelles heures pour 4 km, nous arrivons enfin à Marampata où nous n'avons plus qu'à mettre les pieds sous la table car Guillaume a déjà fait cuire les nouilles chinoises! Cool! Et oui, il a réussi à monter son dernier km en 20 min, bravo!
 
Nous nous installons dans une maison en bois, un peu à l'abri des moustiques, et découvrons un élevage de cuys à l'intérieur! C'est vrai que ça en fait des "cui-cui" ces petites bêtes! Ils sont bien énormes, il va y avoir de la viande!
 
Après notre repas, il ne nous reste plus que 4 km de faux plat avant de rejoindre notre campement du soir au pied de Choquequirao. Nous commençons déjà à apercevoir des ruines disséminées dans la montagne, encore des terrasses. Puis nous sommes rattrapés par le père d'Angel avec Blanca Nieve. On dirait qu'Angel a passé la main! Ca fait beaucoup de muletiers et de mules pour un seul trek. 
 
 
 
 
Enfin, nous arrivons épuisés au camping. Il nous reste quand même un peu de temps avant la nuit. C'est là que le père d'Angel demande à être payé, 70 soles pour la journée. Nan mais décidément, il faut toujours discuter!
 
Le camping est bien situé: perché en haut de la montagne, avec une vue spectaculaire sur la vallée, les sommets, et un aperçu du site. Une fois de plus, nous nous cuisinons des pastas, alfredo ce coup-ci (sorte de carbo mais pas terrible), et nous avons même droit à une douche froide! 
 
 
J3: Lundi 27 Mai
 
Aujourd'hui nous n'avons pas mis de réveil: nous avons la journée pour nous! La journée de repos s'annonce bien... Dans la matinée, nous quittons notre camping, direction Choquequirao. Une bonne heure de marche en mode balade, et nous arrivons aux premières ruines, le quartier administratif.  Tout comme les sites de la vallée sacrée et le Machu, nous sommes surpris de l'entretien des lieux. Et ce qui est surtout appréciable: il n'y a personne! Nous avons le site pour nous! Pas étonnant, Choquequirao, ça se mérite!
 
 
 
Nous nous dirigeons ensuite vers la place principale de la citée. Ce lieu est perché sur un flanc de montagne, et domine chaque côté de la vallée... probablement une position stratégique des Incas... Quelques murs sont en voie d'effondrement et sont tenus par des planches de bois, à se demander si le reste du site est intact ou légèrement retapé tellement les constructions sont intègres. En tout cas l'herbe est d'un vert éclatant, et ça se voit sur les photos!
 
 
Le temps est magnifique, il n'y a pas de moustique grâce au vent, et pas un gardien pour siffler dès qu'on décide de s'allonger dans l'herbe! Cependant malheureusement, aucune explication sur les lieux... nous nous contentons donc de nous promener, de profiter des divers points de vue sur la cité et la vallée... 
 
 
 
 
Nous nous trouvons un petit coin de paradis pour cuisiner notre déjeuner et faire une bonne pause à l'ombre.
 
 
Dans l'après-midi, avant de rentrer au camping, nous allons nous poser un dernier instant sur la plate-forme ronde qui domine le site. Hélène est fantasmagorifiée devant sa plus belle vue du voyage, digne d'une vue de Cañon Colca.
 
 
 
 
 
D'autres sites sont accessibles, surtout les terrasses, mais il faut descendre d'un côté et de l'autre de la montagne, ce qui veut dire remonter, et nous en avons assez dans les pattes pour aujourd'hui!
 
La journée se finit tranquillement. Nous rentrons au camping, en pensant déjà à ce qui nous attend demain... Ce soir-là, record de couchage: 18H30!
 
 
J4: Mardi 28 Mai
 
Réveil matinal à 5H30. Nous avions convenu avec le père d'Angel de décoler à 7H d'ici afin de pouvoir être à midi au rio pour retrouver notre cher Alberto. Sauf que surprise! A peine réveillés, à 6H, il est déjà là! Et il a l'air bien décidé à partir rapidement. Sauf que nous ne sommes pas du tout prêts... A 7H en punto, Salserin bis est arnachée (encore une autre mule! Ca a l'air d'être un prénom à la mode chez les mules) et nous partons en direction de Marampata, à 4km d'ici sur le faux-plat... De là, nous profitons d'une dernière vue de la cité perchée surplombée de nuages.
 
 
 
 
Puis nous attaquons notre descente de 1500m, tout en voyant le chemin se dessiner de l'autre côté de la montagne... Nous sommes tellement rapides qu'à 10H30 nous sommes déjà de l'autre côté du rio! Passage de nacelle avec succès, adios avec le père d'Angel, reste plus qu'à nous préparer le déjeuner en attendant Alberto. Celui-ci arrive vers 11H! Etonnant! Il n'a quand même pas l'air bien pressé de partir. Ca tombe bien, nous voulons faire une bonne pause avant de redécoller et d'attaquer la remontée infernale.
 
Mais au moment de repartir, à midi, Alberto nous annonce qu'on va faire une pause au km 19, soit 2 km plus loin, au camping de Chikiska, et que nous ne repartirons que vers 15H car le soleil tape fort. Hors de question, nous n'allons pas attendre 2H là-bas, et encore une fois nous voulons arriver bien avant la tombée de la nuit pour pouvoir installer tranquillement les tentes et manger sous la lumière du soleil qui se couche à 17H30. Il nous reste encore 3 km de montée après Chikiska donc on ne veut pas chômer. Notre idée ne lui plait pas, et le fait même souffler! Ca recommence bien!
 
Il nous laisse alors partir devant lui pour l'ultime ascension folle qui se terminera demain. En effet, le soleil tape fort, tellement fort qu'on voit le sol se troubler sous nos pieds. C'est assommant cette chaleur avec tout ce dénivelé... nous sommes bien lents, mais malgré ça nous ne sommes pas rattrapés par notre muletier qui tarde à décoller. Nous jetons un oeil de temps en temps en bas, toujours pas d'Alberto en vue! 
 
 
 
Après un peu plus d'une heure, nous arrivons au camping de Chikiska. Là, c'est l'invasion de moustiques encore une fois! Nous allons faire une petite pause un peu plus loin sur le chemin... Puis nous reprenons notre ascension sans signe du muletier. Le chemin est toujours raide, ça monte vite. Vers 15H15 nous arrivons au km 16 qui est notre point de campement pour ce soir. Mission réussie! La vue sur le canyon est plutôt sympa. Manque plus qu'Alberto qui a tout notre matériel. Nous nous posons à jouer au "trou du'c" en l'attendant, en se faisant attaquer pas les moustiques, mais le soleil décroit doucement... Nous commençons à lancer les paris: Guillaume parie qu'il arrivera vers 16H, Elise vers 16H15 et Hélène vers 16H30. Cependant, l'heure avance et toujours pas d'Alberto. 
 
D'où nous sommes nous distinguons une bonne partie du chemin, et nous ne voyons rien. 16H30 toujours pas de muletier. On est entrain de rager... et Hélène a gagné le pari. Si ça se trouve, il a décidé de rester au km 19, il a toute notre bouffe, nos tentes, le bad trip. Et nous, nous n'avons même pas une frontale dans nos sacs pour descendre le retrouver au cas où. "Alberto, el arriero el mas lento del mundo!" s'écrit Guillaume énervé... Quand tout à coup il apparaît vers 17H! Bien sûr, nous ne pouvons pas nous empêcher de l'applaudir en criant "Bravo!" à son arrivée, ce qui n'a pas l'air de lui plaire! On n'a jamais vu ça... un muletier autant à la traîne... Il nous sort son bla-bla, nous dit que la mule avait besoin de se reposer. "C'est la mule ou c'est toi qui avait besoin de repos?" lui demande Guillaume. Elle a peut-être aussi un problème cette mule-là? D'ailleurs ça a tellement été tendu tout le long avec notre muletier qu'on ne connaîtra jamais le nom de notre dernière mule.
 
Nous nous attelons au montage de tente. Alberto, culpabilisé, se sent obligé de nous aider. Il s'attaque à la tente d'Hélène et tord trois sardines à la suite... Merci Alberto, Hélène va se passer de ton aide! 
 
Une fois couchés, nous entendons un beau bordel dehors. Apparemment plusieurs mules se sont sauvées! Alors là c'est la rigolade. On entend les muletiers courir après les mules, essayant probablement de les encercler. Y'en a une dans le talus, juste à côté d'Hélène! Pourvu qu'elle lui saute pas dessus! Une petite frayeur pour la cousine.
 
Le reste de la nuit sera heureusement plus calme.
 
 
J5: Mercredi 29 Mai
 
Dernier réveil encore plus matinal, 4H30 ce coup-ci et départ à 6H. Il nous reste 16 km à parcourir aujourd'hui, dont 4 km de montée pour revenir à notre mirador de départ. Alberto décolle bien entendu après nous, mais nous rattrape assez vite. En effet, les zig-zags qu'on a dévalés à toute vitesse à l'aller sont bien difficiles à remonter...
 
Doucement, mais sûrement, nous y arrivons. Le soleil se lève petit à petit et découvre le sommet des montagnes.
 
 
 
 
Ca y est, nous sommes arrivés au mirador!! Plus de grosse montée pour aujourd'hui! Nous nous posons un bon moment face à cette vallée dans laquelle nous venons de parcourir tant de km.
 
 
 
Alberto n'est bien sûr pas là. Bizarrement, sa mule n'avait pas besoin de se reposer aujourd'hui, il a filé directement jusqu'à Cachora. D'ailleurs, un mec qui est là pour vendre quelques boissons (et même des cigarettes!) nous dit qu'Alberto nous attendra sur la place du village. Il nous apprend aussi qu'un projet de téléphérique est en cours pour Choquequirao. Il partirait depuis le village de l'autre côté du canyon, en face de la cité et arriverait directement à Choquequirao. Un autre téléphérique pourrait voir le jour également jusqu'au Machu Picchu. Finis donc les efforts pour accéder à la merveilleuse cité de Choquequirao, il ne suffirait plus que de sortir 70 dollars (au lieu de 38 soles actuellement). En plus, ça dénaturerait le paysage. Le pire, c'est qu'il s'agit d'une entreprise anglaise, et les bénéfices ne reviendraient encore une fois pas au Pérou.
 
Nous parcourons les 12 derniers km à bonne allure, et arrivons vers 11H30 à Cachora. Ca y est, le trek est fini!
 
 
Nous n'avons pas de temps à perdre, il nous faut rentrer aujourd'hui à Cusco. Alberto n'est bien sûr pas là, et se fait attendre pour nous rendre nos sacs. Nous lui filons l'argent restant et ne nous attardons pas sur les aux revoirs. En déjeunant nos dernières nouilles chinoises sur la place du village, nous faisons la connaissance d'Andrea, un Tchèque, qui finit juste le trek et souhaite rentrer également à Cusco. Il demande de se joindre à nous pour le taxi. Nous remontons donc tous les quatre en taxi jusqu'au croisement en haut de la montagne où nous attendons un bus de passage pour Cusco. Là, un autre chauffeur de taxi nous propose de nous emmener à Cusco pour 85 soles en tout contre 20/pers en bus. Après quelques hésitations, c'est vendu! Il nous déposera dans le centre plutôt qu'au terminal, et ça ira plus vite! 
 
Nous filons donc à bord du taxi Schumi jusqu'à Curahuasi à 30 min. Arrivés là, le chauffeur nous dit que nous sommes arrivés, qu'il y a des colectivos pour nous emmener à Cusco pour 15/pers et il demande 5/pers. Là c'est la meilleure. On lui dit qu'on avait convenu d'aller jusqu'à Cusco donc qu'on ne descendra pas de la voiture. Même la cousine se met à crier "vamos!". Il décide finalement de repartir et s'arrête à la station service, où il n'y a plus d'essence... Hasard ou pas? Il n'a pas rempli le contrat, on décide de ne pas le payer. Il nous suivra jusque dans le coffre du colectivo pour réclamer son argent... Nous montons donc dans un minibus qui nous dit nous déposer dans le centre ville de Cusco. OK. C'est parti.
 
Le trajet durera un peu plus longtemps que prévu car une partie de la route est fermée jusqu'à 17H30 pour travaux. Notre voisin péruvien, professeur de physiques, nous apprend que le canyon de l'Apurimac dans lequel nous venons de trekker, serait le plus profond du monde! Mais il n'est pas aussi célèbre que le canyon Colca ni Cotahuasi car il ne serait pas encore amménagé pour recevoir les touristes... Bref, nous ne saurons pas lequel de ces canyons est le plus profond, mais il serait bien étonnant que l'un d'eux soit le plus profond du monde. Il ne s'agit que d'une fausse notoriété pour attirer le touriste! Nous poursuivons le trajet sur l'intégral de Max Castro...
 
 
A notre retour à Cusco, il fait nuit. Bien sûr, parce que les suprises ne s'arrêtent pas là, le chauffeur s'arrête on ne sait où, en tout cas pas dans le centre. Tout le monde descend. Nous on lui dit de continuer, il ne veut rien entendre et nous dit de prendre un taxi. "Ok, mais tu vas nous le payer le taxi!". Finalement, un taxi s'arrête, nous demande 5 soles, le mec nous en filera 3... Décidément, on n'est pas au bout de nos surprises avec les transports au Pérou... 
 
Pour clotûrer la journée sur une petite note positive, le chauffeur de taxi demande à Guillaume de quelle nationalité il est et lui dit "tu ressembles à Jesus Christ!"!!!... Eh Jesus, on l'aime bien ta barbe!
 
De retour à l'hôtel, nous buvons une Cusqueña bien méritée! La cousine se sent bien fatiguée et nous abandonnera avant même d'avoir mangé. Nous, on file prendre un pisco sour bien mérité également, accompagnés de nachos au guacamole, humm!
 
Le lendemain, pas de réveil et ça fait du bien! Aujourd'hui, c'est jour férié à Cusco et c'est la fête dans la ville. On y célèbre le Corpus Christi. Il y a une messe géante sur la place et une foule! 
 
 
Aujourd'hui, c'est aussi et surtout le dernier jour d'Hélène. La cousine nous invite alors à manger le midi, dans un VRAI resto où nous mangeons une bonne pizza... humm ça faisait longtemps!! Merci cousine!
 
Comme c'est le dernier jour, on se fait une mission artisanat l'après-midi, et on décide de se faire une orgie à l'hospedaje ce soir. Au programme: cusqueña, pisco sour, poulet au curry, vin blanc péruvien (une première!) et des bananes flambées avec glace à la vanille et chocolat. Ca fait toujours du bien après un trek! Le pisco sour était plutôt réussi pour une fois! Faut dire qu'on a suivi la recette à la lettre, manquait juste le mixeur ce qui nous a valu un battage d'oeufs à la main. Le poulet était réussi aussi, et tellement copieux qu'on n'a même pas eu de place pour les bananes. Quant au vin blanc péruvien, bien sucré, très bon à notre grande surprise!
 
 
Pendant tout ce temps, Mimi la petite souris se promène entre nos pieds, dans la cuisine et la salle à manger... Ca rappelle des souvenirs des Antilles!
 
Le lendemain, Vendredi 31, c'est déjà la fin du voyage pour Hélène. Les trois semaines sont passées à vitesse grand V! Nous raccompagnons donc la cousine à l'aéroport, où 24H de trajet l'attendent. Merci cousine, nous avons passé de bons moments pendant tout ce temps! 
 
Samedi, nous décidons de retourner à Chinchero pour faire un tour de l'artisanat et s'acheter une belle nappe pour laquelle nous avons craqué! Nous voulons en profiter aussi pour aller se prendre un almuerzo au même endroit que la dernière fois, depuis le temps que Guillaume attend ça! Malheureusement, après une heure de route, en arrivant à Chinchero nous constatons que le resto est fermé! Nous nous dirigeons alors vers le marché, et là: aucun étalage, tout est vide! La loose! Et oui, le marché a lieu le Dimanche! Serions-nous venus jusqu'ici pour rien? Nous tombons sur une petite boutique d'artisanat, la seule ouverte près du marché. Nous ne repartirons finalement pas bredouille car nous avons trouvé notre nappe!
 
De retour à l'hospedaje, nous nous apprêtons à nous préparer un festin avec des crêpes! Toutes nos tentatives de crêpes ont foiré, restant collées à la poêle (pas de doute sur la recette, en revanche gros doute sur la farine et la qualité de la poêle). Du coup on s'est fait tous les ingrédients sans la crêpe. Nous découvrirons plus tard, que nous avions acheté de la farine "sans préparation" c'est à dire sans levure...
 
Ensuite, bananes flambées réussies (on a failli fouttre le feu à la cuisine parce que  trop de pisco dans les bananes), mais chocolat dégueulasse et glace pas terrible... Autant dire qu'Hélène, t'as pas râté grand chose!
 
Pour couronner le tout, un premier évier s'est bouché, suivi du deuxième. Le lendemain, il y en avait encore un de plein! Humm! C'est décidé, le lendemain, nous mangeons au resto! Quelle idée de se lancer à faire des crêpes dans cette cuisine pourrie.
 
Pour notre dernier jour à Cusco, nous prenons quelques dernières photos, sous le soleil ce coup-ci, de la belle Plaza de Armas.
 
 
Au revoir Cusco!
 
 

Publié à 22:43, le 8/06/2013, dans Perou, Choquequirao
Mots clefs :


Les rois de la negoce

19:00, 9/06/2013 .. Publié par Rom1
Vous allez devenir des pros de la négociation !
C'était encore une semaine bien charger !
A ++

Quelle aventure ce trek !

22:39, 10/06/2013 .. Publié par la marie
Moi aussi, à la place d'hélène, j'aurais été émerveillée !! ça en valait la peine.
Encore merci d'avoir permis à
hélène de passer un super séjour avec vous
La prochaine fois, on viendra tous les deux, JB et moi !!!!!Quel courage de traverser en nacelle, surement pas trop bien entretenue !! allez, gros bisous et continuez à en profiter un max.

Commentaire sans titre

23:09, 11/06/2013 .. Publié par LN
ah cet alberto , quelle joie de vivre et quel boute en train! vous n'avez pas parlé de la grosse mygale et du serpent qu'on a croisé!!!quelle aventure!!! et si vous prenez mes parents en vacances, bon courage :-) bisous

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