A l'autre bout du bout du monde

Cusco et la vallée sacrée des Incas (17-21 Mai)

 
Nous nous réveillons à l'aube pour prendre notre prochain bus direction Cusco. Malgré notre "vue panoramique" à l'avant du bus, ce ne sera pas une partie de plaisir pour Hélène qui se retrouve à côté d'une péruvienne crado: la cousine se prendra quelques bouts de poulet sur elle pendant que sa voisine dévore son déjeuner, écoeurante. Elle essaie de prendre du terrain au fur à et mesure du trajet, en soufflant lorsque la cousine la remet gentillement en place. Elle aura aussi la bonne idée de se frotter les pieds avec de l'eau et pour couronner le tout, de se coller un bout de patate/tomate/fromage (bref, un pâté indéterminé) sur la tempe, ce qui nous a valu un bon fou rire! 
 
Entre temps, le bus a failli nous abandonner dans une station service, et nous avons croisé un bus Flores retourné dans le fossé... C'est décidé, cette compagnie, on va l'éviter!
 
Nous arrivons en fin d'après-midi à Cusco, située à 3300 m d'altitude. Maintenant, plus de soucis pour Hélène qui s'est parfaitement acclimatée au lac Titicaca. Nous nous rendons en taxi à l'hospedaje Inka, recommandé par Yannick et Aurélie. Déjà, nous découvrons le centre ville de Cusco et le quartier San Blas avec ses petites ruelles pavées en pente, ses petites places, et ses maisons coloniales blanches aux volets bleus et tuiles rouges. Au premier aperçu, Cusco a l'air d'être une ville plutôt mignonne! 
 
Après avoir posé nos affaires, nous filons dans le centre pour acheter les boletos turisticos, indispensables pour visiter les différents sites de la vallée sacrée des Incas. En effet, dans les alentours de Cusco se trouvent plusieurs sites archéologiques incas, encore des ruines, et on espère que celles-ci valent le coup d'oeil! Nous choisissons le petit boleto à 70 soles qui nous permettra de découvrir quatre sites, les plus intéressants de la vallée sacrée paraît-il. Et puis, on n'a pas vraiment prévu d'en voir plus: les ruinas, point trop n'en faut!
 
Après les quelques jours dans la vallée sacrée, nous allons nous rendre au fameux Machu Picchu! La question est: comment s'y rendre? Il y a deux possibilités: 
- prendre le train Perurail depuis Ollantaytambo dans la vallée sacrée jusqu'à Aguas Calientes, village au pied du Machu (d'ailleurs rebaptisé "le village du Machu Picchu") pour la modique somme de 52 dollars l'aller (1H) pour les étrangers, en classe économique (les péruviens paient 10 soles, soit 3 euros);
- ou se rendre en bus (8H de trajet) à Hidroelectrica (pour 45 soles aller, 70 aller-retour après négociation auprès d'une agence), puis marcher 12 km le long de la voix ferrée jusqu'à Aguas Calientes. Il y a aussi la possibilité de prendre un train à Hidroelectrica pour 10 dollars, mais il n'y en a qu'un par jour donc il ne faut pas le rater.
 
Autant dire que la deuxième solution est bien moins chère et que l'option Perurail nous paraît être du vol. Ajoutez à ça les 46 euros pour la visite du Machu, accéder à la fameuse cité Inca n'est pas donné! Hélène n'est pas trop motivée pour se taper l'aller-retour à Hidroelectrica en bus, déjà parce qu'il est préférable d'être en forme pour la visite sportive du Machu, et que 16H de bus en tout sur 3 jours de vacances, ça fait long. Elle avait en tête de nous offrir un cadeau pour nous remercier d'avoir fait agence de voyage et de nous accompagner pendant trois semaines au Pérou, et se dit alors qu'elle nous offrirait bien un trajet en train! Encore merci la couz, grâce à toi nous avons vécu un moment inoubliable dans le train, mais ça, ça sera dans le prochain article!
 
Nous allons nous poser autour d'un happy hour au Pisco Sour négocié dans un bar, pour réfléchir à tout ça. Puis nous allons dîner à "Da Valentina", l'Italien recommandé également par nos acolytes Grenoblois. Nous découvrons ici un personnage complètement perché, certainement sous l'emprise de la drogue, mais le menu est bon et vraiment pas cher! Nous tenterons de revenir ici! 
 
Pour finir la journée, nous prenons un maté de muña, ramenée d'Amantani, dans la cuisine de l'hospedaje. C'est alors que nous faisons connaissance avec des habitants des lieux peu attrayants: des énormes araignées toutes noires qui courent sur les murs. Brrrrr. Déjà Hélène, arachnophobe, commence à déchanter, d'autant plus qu'elle remarque sur les murs de sa chambre des traces d'araignées écrasées sous des coups de chaussures. En plus de ça, il y en a une paire à l'extérieur dans l'encadrement de la porte. Après une bonne vérification des moindres recoins des chambres, nous nous couchons loin des murs, mais la nuit n'aura pas été de tout repos pour la cousine.
 
Au petit déjeuner, Hélène à peine réveillée nous dit que ça va pas être possible de rester ici, qu'elle veut changer d'hôtel. Pas de problème. Nous ne sommes pas trop mal ici, les gens de l'hôtel sont sympas, mais si c'est pour passer les nuits les yeux grands ouverts à guetter les bêtes, en effet, mieux vaut partir! Et puis, c'est vrai qu'elles sont quand même bien moches ces araignées. Pour aujourd'hui en revanche, il est un peu tard pour changer d'hôtel, nous verrons donc ça à notre retour de la vallée sacrée.
 
Ce matin, nous allons prendre nos billets de train et de bus pour le retour du Machu, puis allons déjeuner un bon almuerzo dans un endroit qui pourrait devenir notre fief. L'après-midi, c'est visite du centre de Cusco, ville résolument historique avec ses murs incas disséminés partout dans la vieille ville, ses bâtiments coloniaux (construits sur les murs incas) et une atmosphère agréable, même si la présence touristique se ressent fortement...
 
 
 
 
 
 
 
Nous tombons sur une courette artisanale où les négociations vont bon train. On a envie de tout acheter! Entre les nappes, les pulls, écharpes, gants, bonnets en alpaga, les sacs... nous ne savons plus où donner de la tête! Ne nous chargeons pas trop quand même, et surtout ne chargeons pas trop la cousine qui a déjà bien des choses à ramener!
 
Le soir, nous nous trouvons un dîner pas cher dans notre quartier, et pour cause, on nous a servi un repas de trek: en entrée, tomate-avocat (bon, ça on l'a pas encore fait), une soupe d'asperges en poudre, des spaguettis avec une sauce tomate dégueu, et un maté avec de l'eau pas bouillie. Et oui, dans ce coin hyper touristique, certains s'improvisent restaurateurs en servant de la soupe en sachet. On ne manquera pas de faire une petite remarque en sortant, comme à notre habitude!
 
Une fois rentrés, revérification des quatre coins des chambres. Ah, ce coup-ci c'est nous qui en tuons une belle à l'entrée de la nôtre!
 
Dimanche matin, nous partons tôt pour aller choper un bus direction la vallée sacrée, ou plus exactement Chinchero, à 30 km de Cusco, et ce n'est pas une mince affaire! Il y aurait une feria à Urubamba, ville située dans la vallée après Chinchero, et il y a un monde fou qui attend pour prendre le bus. Finalement nous arrivons dans la matinée à destination et présentons pour la première fois notre boleto turistico afin d'avoir accès aux premières ruines.
 
 
 
 
 
Le site de Chinchero est un centre agricole que les conquistadors ont investi pour reconstruire, sur les ruines d'un temple solaire indien, une église chrétienne.
 
Nous nous baladons une bonne heure au milieu des ruines, puis nous retrouvons dans un immense marché artisanal. Nous hésitons devant des flûtes, des nappes, des jeux d'échecs (Incas contre Espagnols) et finalement craquons pour des paires de mitaines. C'est l'endroit où toutes les négociations sont possibles. Il y a des étalages de tissus, de sacs et d'habits en alpaga à perte de vue.
 
En sortant du marché, nous nous faisons alpaguer par Paulino, un chauffeur de taxi qui nous propose de nous emmener faire le tour que nous avions prévu cet après-midi par les ruines de Moray et les Salinas de Maras, jusqu'à Urubamba, pour 80 soles. Finalement, nous arrivons à négocier 70 soles. Mais avant ça, il est l'heure de déjeuner. Nous tombons sur un petit resto très bon marché dans la rue principale, propre, et on se régale! 
 
Nous montons ensuite à bord de la voiture de Paulino qui s'est un peu improvisé taxi. Il habite Chinchero et vit de ses cultures de maïs, patates... il a aussi sa vache, ses moutons et ses cochons. Le trajet est très agréable, on discute un peu, il nous fait écouter de la musique locale... Nous traversons des paysages magnifiques, au milieu des champs, sur un plateau, avec un canyon juste devant nous: la vallée sacrée, et les montagnes enneigées de plus de 5500m derrière.
 
 
 
Puis nous arrivons au site de Moray, impressionnant. Il s'agit d'un ancien centre de recherche agricole inca, situé à 3500 m. Le site se présente comme un énorme amphithéâtre avec deux autres petits à côté, tous constitués de terrasses disposées en cercles concentriques, construites sur dix niveaux. Des expériences de culture y étaient créées. La position des terrasses crée toute une série de microclimats: la température est plus élevée au centre mais diminue ensuite en fonction de la distance de chaque terrasse. Cela permet de simuler une vingtaine de microclimats différents. On pense que Moray a notamment servi à prévoir les rendements agricoles, non seulement dans la vallée sacrée mais aussi dans d'autres partie de l'Empire inca. Il semble aussi que les Incas y "importaient" des plantes "exotiques" et tentaient de les acclimater aux conditions locales. Les terrasses sont constituées de murs de soutènement de deux mètres de haut, de terre fertile et d'un système d'irrigation complexe permettant de cultiver plus de 250 espèces de plantes.
 
 
 
 
Quarante minutes plus tard, il est déjà temps de repartir à bord de la Paulino mobile, direction ce coup-ci les Salinas de Maras. Celles-ci ne sont pas incluent dans notre boleto turistico, mais c'est un incontournable. En effet, la visite valait le coup d'oeil! Ce sont environ 400 petites terrasses qui s'étagent à flanc de la quebrada qui descend du plateau et où sèche le sel en attendant d'être récolté et iodé. Le sel provient d'une source d'eau salée (qu'on a goûtée!) qui, grâce à un système d'irrigation très bien pensé, circule et descend entre chaque terrasse. Toute cette structure daterait de l'époque pré-inca.
 
 
 
 
 
 
Notre tour touche bientôt à sa fin et nous remontons une dernière fois dans la voiture, direction Urubamba. Sauf que, coup de théâtre de Paulino, celui-ci nous dit que la balade se finit sur la route principale et que pour aller jusqu'à Urubamba il faut payer dix de plus. Comme à chaque fois, ça se passait trop bien pour qu'il ne nous fasse pas un plan foireux. On discute en lui expliquant que nous avions convenu 70 jusqu'à Urubamba, il nous maintient que non. Bref. On ne va pas se battre pour cette fois. Nous étions même prêts à lui lâcher 25 soles chacun. Au final, nous arrivons bien à Urubamba pour 80 soles et notre chauffeur est un enfoiré. Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises... ce n'est en réalité que le début d'une longue série, mais ça, nous ne le savions pas encore!
 
A Urubamba, nous montons direct dans un bus direction Pisac, où nous allons passer la nuit. La nana qui gère le remplissage du bus est une furie et essaie de faire entrer un maximum de personnes dedans. Si bien que tout le monde s'entasse, se marche dessus, se respire... Nous sommes debout dans le couloir, ça bourre devant, moins derrière car les gens n'ont pas l'air décidé de se serrer. Elle vire nos sacs pour pouvoir faire rentrer encore plus de gens, puis une mamie derrière se fait engueuler de prendre de la place pour trois avec son gros sac en tissu andin à ses pieds. Une heure de trajet comme ça... on peut dire que c'est assez folklorique, surtout pour Hélène qui n'avait pas encore goûté à ce bordel. Un papi au fond se met alors à nous taper la causette et à faire rire ses voisins en nous demandant: "Est-ce que c'est comme ça aussi au Chili? Dans le bus on entasse aussi les gens comme des poulets?".
 
Nous arrivons à la tombée de la nuit à Pisac, et trouvons rapidement un hôtel recommandé par le routard: l'hospedaje "Beho". Ce coup-ci, pas d'araignée dans les coins! Pour nous remettre de nos émotions, nous allons nous chercher de la Cusqueña au minimarché, que nous savourons avec des cacahuètes posés sur un banc dans une ruelle. Puis petit restau végétarien avec entre autre du quinoa au gingembre un peu trop gingembré!
 
Le lendemain, réveil matinal (encore! pas de tout repos les vacances de la cousine...) pour aller visiter ce coup-ci le site archéologique inca de Pisac, qui se trouve en haut de la montagne, 400 m au-dessus du village. Ca grimpe sec! Nous passons au milieu des terrasses...
 
 
 
 
... puis découvrons le village...
 
 
 
Après deux bonnes heures de montée, on en a plein les pattes. Nous voilà arrivés au sanctuaire principal, où abonde une foule de touristes flemmards qui ont préféré payer 50 soles pour monter en bus. Là, c'est Eurodisney... Nous grimpons vite fait au mirador en croisant une bande d'abrutis de Nord-Américains qui s'amuse à gueuler pour faire écho dans la vallée. De là-haut, joli point de vue sur les terrasses du site, et des cultures en terrasses en face, de l'autre côté de la vallée. 
 
 
 
 
Assez vu de foule, nous quittons les lieux pour une descente express, en passant par les temples du soleil et de la lune.
 
 
Au village, nous attrapons des empanadas à "l'Horno Colonial" recommandé par le routard, qui n'ont rien de vrais empanadas... mais ça aura au moins été l'occasion d'apercevoir un cuy cuit (le fameux cochon d'inde) et de le prendre en photo... Pour ne pas heurter la sensibilité de certain(e)s, nous ne diffuserons pas la photo...
 
Nous prenons ensuite un bus pour Ollantaytambo et retraversons la vallée, assis ce coup-ci. Ce village est la seule agglomération du Pérou qui ait conservé intact son plan inca. Les demeures coloniales se sont construites sur les soubassements d'origine sans modifier le tracé des rues pavées.
 
En arrivant là-bas, c'est la grosse fiesta. Des groupes de danseurs déguisés, une foule qui danse sur la place du village. Nous allons nous installer à l'hostal "Chaska Wasi" puis allons visiter les ruines, les dernières de notre boleto turistico. Le site archéologique d'Ollantaytambo est une imposante forteresse inca qui surveillait le chemin du Machu Picchu. Il y a encore beaucoup de marches à monter. En haut du site, nous découvrons un temple inca inachevé à cause de l'arrivée des Espagnols. Comme sur les autres sites, on y voit d'immenses roches de granit parfaitement taillées et imbriquées les unes dans les autres. Un mec nous propose alors son service pour répondre à quelques unes de nos questions comme: "comment les Incas ont-il pu ramener ses immenses pierres ici?". Le granit venait de la montagne en face. Selon notre source, 600 hommes se mobilisaient pour faire avancer la pierre grâce à une système de levier. Et oui, les Incas ne connaissaient pas encore la roue. Qu'ils étaient forts ces Incas!
 
 
 
 
 
 
Le soir, c'est toujours la fiesta, pour célébrer "el señor Choquekillka". L'occasion pour nous d'aller guincher un peu! Nous nous retrouvons au milieu de la foule sur la place, à boire une Pilsen... d'ailleurs, tout le monde ici à une bière ou un verre de bière à la main. Des femmes déguisées se dandinent en titubant, une queue-leu-leu prend forme (ah!!), nous dansons sur des rythmes de cumbia péruvienne, c'est très bon esprit. En plus notre hostel donne sur la place, donc nous aurons droit aux bruits de la fiesta jusqu'à 8H du matin, avec des défilés de fanfares toute la nuit!
 
La vallée sacrée, c'est déjà fini!... La visite des ruines était intéressante, les décors magnifiques. Nous ne regrettons pas d'avoir passé du temps sur chacun des sites. Ils valent le coup d'oeil et restent superbement préservés et entretenus (ça change de Tiwanaku!). Demain, nous avons rendez-vous avec Perurail en direction d'une autre cité, LA mystérieuse cité d'or.

Publié à 02:01, le 3/06/2013, dans Perou, Cusco
Mots clefs : boleto turisticosites archéologiquesruinesSalinas de MarasPisacOllantaytamboChincheroMoray


Commentaire sans titre

21:28, 3/06/2013 .. Publié par manu et mag
salut,
rien n' a changé depuis 8 ans mais le meilleur est à venir...
bon séjour

Commentaire sans titre

15:36, 5/06/2013 .. Publié par Elodie
Que c'est bon de partager ça de notre picardie!

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