A l'autre bout du bout du monde

Puno & le Lac Titicaca (13-16 Mai)

 
Pour cet article, vos deux voyageurs habituels laissent leur place à une guest star (enfin presque): moi, Hélène, la fameuse cousine qui vient ensoleiller leur périple... J'ai la pression, mais je pense que ça va bien se passer.
 
Le séjour à Arequipa terminé, nous nous levons à 6H45 pour prendre un bus pour Puno, censé partir à 8H30. Elise et Guillaume (E et G) ont réservé les meilleures places: le premier rang  au premier étage du bus panoramique! A 9H, en route pour 6H de bus. Il fait très chaud... et le bus n'a pas de ventilation... heureusement on a des réserves d'eau. Je suis surprise car des vendeurs nous proposent plein de choses (nourriture, gélatines, crème hydratante, lotion miracle...). Un a même un micro, et explique, enthousiaste, pendant une heure, les bienfaits de ses produits. E et G me confirment que ça se passe toujours comme ça. Dans les villes que nous traversons, il y a des drôles de taxis.
 
 
 
Sur la route, autour de nous, les paysages sont superbes. Nous longeons un rio et voyons de nombreuses lagunes.
 
 
 
 
Nous croisons des alpagas, des lamas (mes premiers), des vaches, des chiens, qui parfois traversent devant nous. L'intérêt du premier rang est aussi de voir le chauffeur se lancer à doubler en montée, alors que quelqu'un arrive en face...
 
Puis on arrive à 4400m, plus haut point de notre trajet (et de mon séjour). Etant arrivée depuis peu, j'ai suivi les conseils de mon agence de voyage (Elisette et Guillermo travel, je vous la conseille), et mâché de la coca depuis le début du trajet, afin d'éviter les palpitations liées à l'altitude... et ça fonctionne.
 
Enfin le lac Titicaca apparaît: c'est le plus haut lac navigable du monde, et demain nous serons dessus!
 
Arrivés à Puno, un taxi nous emmène à notre hôtel, le "Duque Inn". Le réceptionniste est bizarre mais le lieu est sympa, avec une belle terrasse pour le ptit dèj'. Une fois installés, c'est la découverte de la ville: les rues sont bien pentues, on va pouvoir se faire les cuisses pour les treks à venir! Puis nous découvrons la plaza de armas (une dans chaque ville) de Puno...
 
 
 
... et nous filons nous renseigner sur le moyen d'accéder aux îles du lac. Après avoir entendu différentes versions, nous nous décidons: on prendra un colectivo à 8H30 pour passer 3 jours sur les îles (et pas une agence). Du coup, le ravitaillement s'impose: E et G vont gérer l'affaire, pendant que je commence à me sentir mal: on est à 3800 m, 1500 m en une fois, c'est sport! La journée se finit donc tranquillement.
 
 
Le lendemain, réveil à 6H15 (un peu tôt pour des vacances). On passe racheter de la coca au marché (indispensable à ma survie) avant d'embarquer sur notre bateau. Le lac est calme.
 
 
 
 
Deux heures plus tard, nous arrivons sur les îles Uros ou îles flottantes: il en existe une soixantaine et elles sont construites sur des roseaux. Il faut les amarrer pour éviter qu'elles ne dérivent. Leur durée de vie est de 60 ans. Elles font environ 20m² et 10 familles vivent dessus. Avec 5 à 6 personnes par maison, difficile d'avoir de l'intimité!
 
 
 
Elise a même gouté au roseau, et Guillaume a "visité" l'intérieur d'une des maisons.
 
 
 
Celle sur laquelle nous débarquons a 15 ans. Nous avons droit à un accueil en tenues traditionnelles, puis nous écoutons un discours bien rodé assis tous en rond.
 
 
 
 
Puis on nous propose d'accéder aux différents stands d'objets artisanaux... pas très enthousiasmant tout ça... nous ne restons qu'une heure et c'est déjà beaucoup.
 
Après 2H à bronzer sur le toit du bateau, nous voilà sur l'île d'Amantani.
 
 
Une fois sur la terre ferme, un rituel assez drôle se met en place: tous alignés, chacun à notre tour, on nous présente la famille chez laquelle nous allons passer une nuit. Soledad, la vingtaine, nous emmène chez elle. Là nous rencontrons Yolanda, la maîtresse de maison: elle nous invite à nous installer dans une chambre triple, simple mais confortable, puis nous sert un repas local (dans une pièce qui nous est réservée): soupe de quinoa, patates/riz/fromage. Puis elle nous fait découvrir la muña en infusion. C'est une plante qui pousse sur l'île, qui aide à supporter l'altitude et qui a très bon goût. On en ramenera même à Puno! Après une pause digestive, direction le sommet de l'île à 4100 m pour voir le coucher de soleil. La respiration est difficile et le souffle court, mes globules ne sont pas encore au top! Guillaume nous sifflote un air bien connu... Là-haut se trouve le temple de la Pachamama ("Terre Mère"), et surtout la vue sur le lac est magnifique et le soleil ne va pas tarder à se coucher. Dommage, il y a quelques nuages, les couleurs sont tout de même très belles. 
 
 
 
 
 
Les touristes sont nombreux autour de nous (dont une française qui dit ressentir l'altitude dans ses ovaires...) alors nous redescendons rapidement. Délia, une des filles de Yolanda, nous attend pour nous éviter de nous perdre car la nuit tombe vite (17h30). Après un court repos, Yolanda nous sert le dîner: soupe de semoule, riz/patates/pois/sauce et une muña. La journée n'est pas finie: ce soir, c'est soirée dansante dans la salle des fêtes du village... en tenue traditionnelle bien sûr. Yolanda nous ramène des habits et nous aide à nous habiller.
 
 
 
On se met en route à la frontale car il n'y a pas de lumière pour éclairer les chemins. Le ciel est dégagé et très étoilé à cette hauteur, c'est splendide. Au bout de 15 min de marche, nous arrivons. Trois jeunes musiciens sont là, et nous voilà partis à guincher à 4000 m, une première! Avec Elise, nous faisons des pauses entre deux danses car le souflle ne suit pas tandis que Guillaume les enchaîne, et s'hydrate à la Cusqueña bien sûr. 
 
 
 
Au bout d'1H30, nous rentrons nous coucher. Au moment de retirer nos habits traditionnels me vint une idée: et si on inversait les rôles... Guillermo devint Guillerma et Elise, Elisio, le temps d'un instant...
 
 
 
Ca nous a valu un bon fou rire avec la cousine... et Yolanda, à qui on a montré les photos avant de partir, a bien ri aussi!
 
Le lendemain, les touristes sont partis donc l'île est à nous (enfin presque). Après un petit déjeuner aux pancakes (à notre grande surprise) et une matinée de repos bien méritée, nous partons pour l'autre point de vue de l'île, où se trouve le temple de la Pachatata (la "Terre Père" et non la "Terre Tante") en espérant voir un coucher de soleil encore plus beau. Yolanda nous guide sur le début du trajet et nous regarde nous éloigner un moment, de peur qu'on ne se trompe de chemin. 
 
 
 
 
 
 
La fin de journée est plus calme, le ciel se couvre. Tout à coup, la grêle! Après l'averse, il y a 2 cm devant notre porte de chambre. Pour nous éviter de sortir par ce temps, nous sommes conviés à dîner dans la cuisine familiale en présence de Yolanda et ses filles. Et là, pour moi, c'est le choc. Il n'y a quasi rien: de la terre au sol, deux bancs de fortune, une cheminée où les casserolles chauffent, un poêle et le minimum de vaisselle. Et oui, ici pas de chauffage ni d'eau courante: il y a un seul robinet pour la maison, la toilette se fait dehors à la bassine. Pour l'électricité, il y a un petit panneau solaire qui permet d'avoir de la lumière dans certaines pièces uniquement. C'est vraiment rudimentaire... mais malgré tout convivial. Nous en profitons pour discuter un peu avec nos hôtes, enfin surtout E et G (mon espagnol est plus que limité) pendant que j'essaie de comprendre un peu ce qui se dit. Eugenio, le mari de Yolanda, travaille les peaux de bêtes pour les vendre aux touristes. Ils ont sept enfants: deux grands garçons qui sont partis de la maison, une fille de 18 ans qui veut devenir infirmière (on se demande bien si ce sera possible pour elle...), Délia, Soledad, et deux petits de 4 et 5 ans. Avec Elise, une question nous brûle les lèvres: comment a-t-elle fait pour accoucher??? Elise lui demande... il n'y a pas de médecin sur l'île, juste une infirmière de temps en temps alors elle s'est débrouillée seule... d'ailleurs elle demande à Elise, qui est médecin, si elle n'a pas un médicament pour les douleurs de dents car elle souffre beaucoup... ça fait réfléchir tout ça...
 
Beaucoup plus léger, en plein milieu de la discussion Elise s'écrit " mais qu'est ce qui bouge là-bas près du poêle?". Non cousine, ce n'est pas un serpent, il n'y en a pas partout non plus, mais c'est un cuy (cochon d'Inde) tout noir et tout gras qu'ils gardent pour manger à une grande occasion! Yolanda propose ensuite à E et G de revenir dans quelques années avec leurs cinq niños (enfants) et de rester un mois chez elle pour apprendre le quechua (langue locale): y a plus qu'à s'y mettre les jeunes!!!
 
Le lendemain, nous partons tôt car il faut marcher 45 min pour arriver au port où on doit embarquer. Une fois de plus Yolanda nous accompagne, et là pas de chance, la pluie se met en route: première saucée du voyage. Une dernière photo et nous quittons le port à 8H30 direction l'île de Taquile.
 
 
Le calvaire commence alors pour moi... le lac est agité. Finalement il est comme une mer (il fait 60 fois le lac Léman), et j'ai le mal de mer! 1H15 plus tard nous voilà arrivés.
 
 
 
 
Nous allons passer peu de temps sur cette île: ça tombe bien, elle est pleine de monde et la place du village est peu intéressante. Seul point positif: nous prenons le déjeuner dans un restaurant communautaire et dégustons une succulente truite du lac! Puis retour au bateau pour 3H de traversée jusqu'à Puno, et heureusement le lac a retrouvé son calme. Je suis pensive face à son immensité...
 
 
La journée se finit par quelques courses car, demain, 8H de bus jusqu'à Cusco! La mystique vallée sacrée et son Machu Picchu nous attendent...

Publié à 05:12, le 1/06/2013, dans Perou, Puno
Mots clefs : PachamamaPachatatasoirée déguiséeAmantaniîles flottantes UrosbateauTaquile


Commentaire sans titre

20:24, 2/06/2013 .. Publié par LN
Y a pas il manquait une bande son pour cet article (très bien écrit d'ailleurs :-) ) bisous

Commentaire sans titre

15:37, 5/06/2013 .. Publié par Elodie
Suis déçue après avoir lu l'article je m'attendais à ce que LN arrive en habit traditionnel au cabinet lundi...

C'est qui le plus beau ?

23:31, 5/06/2013 .. Publié par Mikl, Sabrina et Maelle
Alors là les filles, vous êtes magnifique !! Surtout avec le pantalon en dessous des robes et les chaussures de marche !! ;)
Et le gagnant est ... Guillaume biensure !!
Mais sur quelle photo ?
J'avoue que j'hésite beaucoup entre cette belle tête de vainqueur avec ce bonnet ou alors l'habit des filles !!

Bises et Bonne route.

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