A l'autre bout du bout du monde

Sajama (7-11 Avril)

Dimanche midi, une fois la pluie passée, nous quittons notre hôtel pour rejoindre le centre de Coroico et prendre un bus pour La Paz. La descente de l'hôtel est longue, les sacs sont maintenant beaucoup trop lourds et le dos prend cher. Si nos calculs sont bons, nous approchons les 20kg... Vivement qu'on se débarrasse des choses inutiles!

A La Paz, nous enchaînons un transfert en taxi d'un terminal à l'autre puis un bus pour Patacamaya à 17H30. Nous avons prévu de passer la nuit là-bas, car, d'après le routard, c'est le moyen le plus simple pour se rendre à Sajama, notre prochaine et dernière destination en Bolivie. 
 
C'est dans les environs de 20H que notre bus en direction d'Oruro nous dépose tous les deux à Patacamaya. Il fait nuit noire. La ville ne ressemble pas à grand chose: il s'agit d'un carrefour routier au croisement de la route du Sud et celle de l'Ouest menant au Chili. La large route est donc très empruntée, il y a énormément de trafic. Rien d'intéressant à y faire, heureusement que nous n'y restons qu'une nuit. Des hébergements sont proposés un peu partout pour les routiers qui s'arrêtent ici. A notre grande surprise, ils ne proposent que des chambres avec WC sommaires, pas de douches. Les habitants n'ont pas l'air habitué de voir des touristes. On nous répond à plusieurs reprises qu'il n'est pas possible de voir la chambre avant de payer. Tant pis, on va voir ailleurs. Surtout vu la tête de la ville et des logements, mieux vaut jeter un oeil à l'intérieur de la chambre avant d'oser s'y poser. On se fera vite aussi appeler "gringos!", petit surnom donné aux touristes. Bref. Finalement nous trouvons une chambre qui ne ressemble à rien, heureusement ce n'est que pour cette nuit. Et puis on se passera de la douche.
 
D'après le routard, le minibus qui part de Patacamaya pour Sajama est à midi. Allons confirmer cette information pour éviter de rester bloqués une journée ici. Ce serait bête de louper le seul minibus qui va à Sajama. La mamie de l'hôtel nous dit "à 8H demain matin!". Puis à côté: "à 7H!", puis encore "à 9H!". Personne n'a l'air d'accord, mais personne non plus ne nous dit midi. 
 
Du coup le lendemain, réveil à 6H! Nous nous posons au bord de la nationale devant un apicito et filons nous renseigner aux bus: finalement il serait à 10H et partirait vers 13H... à n'y rien comprendre. Enfin vient la dernière info qui confirme alors le routard: le bus part à midi!... Hors de question de rester ici jusqu'à midi. 
 
Arrive alors un minibus qui va à Curahuara, situé sur la route du Chili, à mi-chemin entre ici et Sajama. Parfait! Les paysages que nous traversons changent alors, montrant des formes géologiques étranges à cause de l'érosion. Puis, sur le bord de la route, nous apercevons des tombeaux pré-colombiens, les chullpas.
 
Nous voilà une heure plus tard au bord de cette route de l'Ouest, au milieu de nulle part, à attendre un autre bus. Une mamie bolivienne, qui attend là elle aussi, nous apprend que Sajama n'est pas situé au bord de cette route, qu'il faut nous faire déposer an croisement et reprendre un autre transport... Au bout de vingt minutes, un bus international en direction du Chili s'arrête et accepte de nous déposer au croisement de Sajama. En passant, les mecs se font plaisir en nous demandant 30 bolivianos chacun pour une demi heure de trajet (nous n'en laisserons que 20 pour nous deux)... Nous sommes tout près mais pas encore arrivés. 
 
Au fur et à mesure que nous avançons nous nous rapprochons du volcan Sajama dominant la région du haut de ses 6540m, le plus haut sommet bolivien. Derrière lui, plus loin, une chaîne de volcans, probablement le Chili. 
 
Le bus nous dépose une fois arrivés au croisement, et nous ne sommes plus seuls: un couple de Français descend aussi. Il s'agit de Philippe et Patricia, deux Grenoblois d'une cinquantaine d'années, qui ont décidé eux aussi de faire une halte à Sajama. Un panneau indique alors: Sajama, 11km.
 
C'est bien beau, mais qu'est-ce qu'on fait maintenant?
 
Guillaume et Philippe décident de rejoindre à pied le village le plus proche pour trouver un véhicule qui veuille bien nous emmener à Sajama. L'occasion de faire chacun plus ample connaissance avec eux. Nous découvrons que Philippe est professeur d'université en énergétique (certains de ces anciens élèves bossent maintenant chez H3C à Grenoble, la même boîte que Guillaume en Martinique), et Patricia est médecin généraliste. Belle coïncidence! Leur fille serait partie découvrir l'Amérique du Sud pendant trois mois l'année dernière, et eux ont trois semaines de vacances pour découvrir la Bolivie. D'ailleurs, ils viennent aussi de faire le trek "El Choro", et se sont promenés dans les villages Jalq'a, jusqu'au cratère de Maragua. 
 
Une demi heure plus tard arrive une camionette, avec Guillaume et Philippe à bord. Nickel! Ils ont bien géré les deux hommes! Et c'est à 11H30 que nous arrivons enfin! Sajama est un petit village situé à quelques kilomètres de la frontière chilienne. Il est au pied du volcan Sajama, et la porte d'entrée du parc national du même nom. D'ailleurs, le routard ne donne que peu de renseignements sur cet endroit, et oublie de mentionner que le village n'est pas situé sur le bord de la route... 
 
Au premier abord, le village est minuscule, au milieu de l'altiplano, dominé par les volcans. Nous nous installons dans un des premiers hostels à l'entrée du village, l'hostal Oasis, et filons nous renseigner au centre d'information touristique, qui est aussi l'entrée du parc. Droit d'entrée: 30 bolivianos.
 
Dans le parc, il y a des lagunes, volcans, geysers, et eaux thermales, rien que ça! On nous propose alors notre parcours tout trouvé pour visiter le parc dans ses moindres recoins: un trek de deux jours au milieu de la montagne et des volcans, commençant aux geysers, allant d'une lagune à l'autre, finissant aux thermes, le circuit idéal! La nana nous explique qu'il y a possibilité de dormir à la deuxième lagune, après 24 km de rando, et que la boucle fait 30 km. Bizarre... En tout cas une chose est sûre, le trek commence aux geysers qui sont à 8 km du village, auxquels on peut se rendre en "mobilidad", sorte de taxi-camion. Elle nous fournit un dépliant avec le plan du parc dessiné dans 3cmx3cm. Autant dire que ça ne va pas nous aider à nous repérer. Selon elle, pas de problème pour trouver notre chemin. Il n'y en aurait qu'un, et en plus, un groupe vient de faire le trek donc on devrait voir les traces... 
 
C'est vendu, nous partirons dès demain pour deux jours de trek improvisés dans le parc Sajama. Nous trouvons curieux que les guides ne le mentionne pas, on imagine déjà s'en prendre plein les yeux! C'est pas le tout, mais il faut qu'on fasse des provisions de nourriture, et à Sajama, c'est pas gagné.
 
En attendant, nous allons déjeuner chez "Mamita". Non, ce n'est pas le nom du resto, mais juste le petit surnom que nous avons donné à la mamie bolivienne qui tient une mini boutique, probablement la seule ouverte de Sajama. Dans la "tienda", il y a une table et des bancs, car on peut aussi y manger. Elle nous sert alors une "sopa de quinua", et de l'alpaga avec l'éternel "arroz" sec sans sauce. C'est pas cher, et ça passe bien. Par contre, pas grand chose à se mettre sous la dent pour le trek. En effet, Mamita peut bien nous vendre des pâtes, mais n'a rien d'autre à nous proposer que des sardines ou du thon en purée à mélanger dedans... Nous optons alors pour des bouillons de légumes, quelques tomates et oignon ça fera l'affaire. Adieu le p'tit dèj aux fruits-céréales, nous nous contenterons de gâteaux secs avec des bananes.
 
L'après-midi, c'est la sieste sous les quatre épaisseurs de couvertures, lourdes, écrasantes, et à taille bolivienne, donc trop petites pour nous! Et oui, à Sajama, situé à 4200m, il fait très froid!!
 
En fin d'après-midi, nous sortons nos frimousses dehors pour admirer le coucher de soleil. On se prend des rafales de vent dans la tronche, ça caille!!! Le ciel prend des couleurs différentes dorées, rosées, superbes.
 
 
 
Puis nous retournons chez Mamita pour "la cena", le dîner. Nous rencontrons alors deux belges qui sont moins téméraires que nous et n'osent pas affronter le froid dans la montagne. Pareil pour les deux argentins qui mangent à notre table. Les deux belges arrivent juste du nord chilien où ils viennent de passer quelques jours dans le désert d'Atacama. Ils en garde un super souvenir! Dans une semaine, on devrait y être nous aussi!
 
En attendant, nous rentrons au bercail, demain ça va être sport!
 
 
Le lendemain, après un petit dèj rapide avec les trois derniers bouts de pain du village, nous trouvons un mec qui veut bien nous emmener aux geysers pour 60 bolivianos. En arrivant, il nous dit qu'on en a pour environ trois heures de marche jusqu'à la première lagune, "la laguna  Khasira", puis une demi heure de plus pour rejoindre la deuxième, "la laguna Sorapata", au bord de laquelle il est possible de camper. Il nous explique vite fait qu'une fois arrivés à la première lagune, il faut la contourner du côté Bolivien (l'autre côté est au Chili) et prendre un chemin sur la droite. OK! Puis il nous laisse à 11H au pied de la montagne, sacs sur le dos, aux milieux des geysers.
 
 
Moins impressionnants que ceux du Sud Lipez, mais tout de même, le décor est sympa. Peu après notre arrivée, voilà un pick-up qui s'arrête, et les deux Grenoblois qui descendent. Mince! Si on avait su, on serait parti ensemble! Apparemment ils sont venus à notre hostel mais on était déjà parti... tant pis. Eux ont prévu de faire aujourd'hui l'aller-retour jusqu'à la laguna Khasira et ont 6H devant eux avant que le 4x4 ne viennent les rechercher. On les laisse donc filer devant nous dans la vallée. Nous peinons un peu à marcher dans le sable, en montant tout doucement. Le chemin se dessine bien devant nous: il va falloir grimper la montagne au fond de la vallée. Mais on ne pensait pas qu'il nous faudrait deux heures pour y arriver! 
 
 
Au bout de 3H30 de montée, nous tombons alors sur Philippe et Patricia: nous y sommes presque! En effet, ils viennent juste de repartir de la laguna qui se trouve quelques mètres au-dessus. On se dit "au revoir" en se souhaitant bon voyage puis finissons notre grimpette. Ca y est! Voilà la laguna devant nous, et un panneau indiquant la frontière Bolivie-Chili. Nous ne pensions pas remettre les pieds si vite au Chili! 
 
 
 
Il est 15H, et temps de nous faire cuire des pâtes! D'après les estimations de notre chauffeur il ne resterait plus qu'une demi-heure à une heure de marche pour rejoindre la laguna Sorapata, donc nous avons un peu de temps. Nous trouvons un coin à peu près à l'abris du vent froid qui souffle sévèrement.
 
Après manger, nous repartons donc de la lagune en suivant ses explications. Et heureusement qu'il nous en a données, parce qu'on n'aurait sans doute pas trouvé! En effet, sur la droite de la lagune se dessine un trajet dans la montagne pour passer de l'autre côté de la pente. Nous grimpons doucement en profitant de la couleur bleu ciel de la lagune. 
 
 
La pente est raide... espérons que la laguna Sorapata se trouve juste derrière. Bingo! La voilà la fameuse où nous allons dormir ce soir!
 
 
 
Déjà les ombres des montagnes cachent une partie du paysage, mais c'est splendide. Par contre, il y a énormément de vent, et avec un vent comme ça, notre tente rafistolée avec des bouts de scotch risquerait de s'effondrer. Nous cherchons un coin à peu près à l'abri et installons la tente en espérant que le vent tombe, dans l'un des meilleurs endroits où nous ayons campé.
 
 
Nous sommes envahis par une vague de froid qui nous glace jusqu'aux orteils. Vite, on enfile toutes les épaisseurs de vêtements qu'on peut et Guillaume prend son courage à deux mains pour aller faire chauffer une soupe sur la bute, afin d'admirer le coucher de soleil sur la laguna Khasira.
 
 
 
En effet, le spectacle est magnifique, mais il fait tellement froid qu'il est difficile de réellement en profiter. Mais au fait, à quelle altitude sommes-nous? L'altimètre de Philippe indiquait 4840m à la laguna Khasira. Maintenant que nous avons monté, nous devons approcher les 5000m. La nuit va être fraîche. Déjà la douleur de nos mains et nos orteils devient insupportable. Vite, rentrons à l'abri du vent dans la tente. Les orteils se dégourdissent tout doucement, mais nos sacs -2°/-6° laissent passer le froid qui nous empêche de nous réchauffer. Nous avons même sorti la couverture de survie que nous avons étalée sous nos duvets pour limiter le passage de l'air par le sol, sans réelle efficacité. La nuit sera longue... très longue...! Quasi blanche, tant pis, vivement que le jour se lève pour qu'on puisse enfin se réchauffer au soleil! Mais quand la nuit commence à 19H, autant dire que le jour met un temps interminable à se lever.
 
A 8H, enfin ça y est! Nous sentons les rayons du soleil sur notre tente! Nous nous réchauffons doucement en repliant les affaires, et c'est reparti pour une nouvelle journée, la dernière déjà, il est 9H30. Autour de nous, il n'y a ni sentier, ni signalisation. Nous imaginons que la troisième et dernière lagune se situe encore devant nous, derrière le mur à grimper. En contournant la laguna Sorapata, nous remarquons des traces de pas dans la pente, traçant un chemin. Là encore, le souffle est court, nous nous arrêtons tous les cinq mètres pour récupérer. Pas étonnant, nous sommes probablement à plus de 5000m. Une fois arrivés en haut, nous admirons une dernière fois la laguna auprès de laquelle nous avons passé une nuit si froide.
 
 
Puis nous continuons l'ascension sur un terrain moins pentu... La dernière lagune n'est pas là, mais elle ne semble pas bien loin. 
 
 
Nous suivons toujours des traces de pas en nous dirigeant droit devant vers une montagne enneigée, dominant un creu, probablement l'endroit que nous cherchons. Soudain elle apparaît devant nous: la laguna Chiar Khota! Et derrière au loin, le majestueux volcan Sajama. L'endroit est grandiose. Quelle merveille de la nature! Nous posons là nos sacs une bonne demi-heure à observer le paysage et prendre des photos.
 
 
 
 
 
 
Vers midi, nous quittons la lagune en filant droit vers le volcan Sajama. Nous ne savons pas vraiment combien de temps il nous reste avant de retrouver le village, ni par où passer exactement car il n'y a pas de chemin. Mais nous savons que le village se situe au pied du volcan, alors nous filons tout droit. Nous nous retrouvons alors face à une vallée et un canyon. 
 
 
Nous commençons notre descente où nous pouvons, passant près de rochers où sautent des tas de viscaches à notre passage. Ce sont des lapins avec une queue d'écureuil qui font des bonds comme eux, ça saute de partout!!
 
 
Puis la descente devient plus raide. Nous ne voyons aucun panneau, pas de chemin, aucune trace, rien. D'ailleurs nous ne croiserons personne de la journée... ce qui n'est pas pour nous déplaire! Nous décidons alors de suivre le rio qui coule jusque dans la vallée. Puis nous tombons alors nez à nez avec un troupeau de vigognes, au loin. Surprises, elles se mettent à cavaler dans la montagne, et grimper à une vitesse impressionnante!
 
 
A 14H, toujours en direction de la vallée et en pleine descente, nous décidons de faire une pause pastas. Ca va faire 4H30 que nous sommes en route, nous ne pensions pas mettre autant de temps pour rentrer, surtout que la route qu'il nous reste paraît encore longue... D'après les explications qu'on avait eues au centre d'informations, nous pensions que notre lieu de camping était environ à mi-chemin, au milieu du trek. Mais la vallée qui s'étale devant nous annonce encore quelques heures de marche. Nous pensions aussi pouvoir nous poser tranquillement dans les thermes situées sur la fin du parcours avant de rentrer... nous arrêtons vite de nous faire des illusions.
 
 
15H passées, nous arrivons en bas de la vallée, au milieu de centaines de lamas. Certains très peureux, d'autres moins farouches. Nous avançons au milieu du troupeau en tapant dans les mains pour faire déguerpir ceux qui sont un peu trop près de nous au cas où ils auraient la bonne idée de nous cracher dessus, car paraît-il, ça pue et l'odeur est tenace!
 
 
 
16H, nous sommes au bout de la vallée, et nous rencontrons le berger de ces bêtes. Il nous dit avoir 800 lamas! Par contre, mauvaise surprise, selon lui il resterait 1H30 de marche avant de rejoindre les eaux thermales qui se situent elles à 5km de Sajama... 1H30 pour un Bolivien, cela signifie 2H pour nous...
 
Le chemin du retour est long... très long... Nous avançons toujours droit sur une route en sable vers le volcan Sajama. On aura bien eu le temps de l'observer celui-là!
 
 
 
 
Nous avons quand même la chance d'apercevoir des suris, oiseaux de la famille des autruches et des nandus.
 
 
18H. Nous voyons quelques maisons, peut-être les thermes. Puis un camion arrive. Nous demandons à l'homme où sont les thermes, s'il y a de quoi dormir... En effet, nos forces s'amenuisent depuis quelques heures, surtout après la nuit blanche, et nous perdons le courage de rentrer à Sajama. D'autant plus qu'il nous reste 5km à parcourir et que le soleil se couche dans moins d'une heure. L'homme nous dit que c'est 50 bolivianos pas personne pour dormir chez lui et 30 de plus pour se baigner dans les thermes. On lui dit qu'on a une chambre pour 60 à Sajama. Il baisse alors ses prix, en nous proposant même un repas pour le soir. Nous hésitons... Un bain aurait été bienvenu, mais là c'est un peu tard... Finalement, pris d'un regain de forme, nous décidons de filer tout de même vers Sajama que nous distinguons au loin.
 
Le soleil dépasse tout juste des montagnes. Mais le vent souffle fort et nous refroidit vite. Puis le soleil disparaît, laissant à nouveau des belles couleurs dans le ciel. Après avoir retraversé un troupeau d'alpagas, nous arrivons sur la route. 
 
 
Il fait bien sombre, et il n'y a pas de lune cette nuit! 
 
 
Nous apercevons le chemin, et les trois lumières du village de Sajama au loin. Allez, encore un peu de courage, nous y sommes presque. Et surtout, Mamita nous attend avec une bonne soupe bien chaude. Nous sortons les lampes et avançons dans le noir. Un 4x4 arrive derrière, ralenti, nous salue et repart... Nous avons l'impression que les lumières de Sajama sont toujours aussi loin, et pourtant nous ne faisons que nous rapprocher... La route et la journée nous paraissent interminables...
 
19H45. Nous arrivons! Pourvu que Mamita soit encore ouverte. Ouf! Nous entrons chez elle, et là c'est l'exclamation des deux argentins de l'avant veille qui nous voient arriver sacs sur le dos avec les lampes, les bonnets... c'est fini. Enfin! Une bonne soupe, des pâtes encore, mais ça fait tellement de bien. Nous rencontrons un chilien, Carlos, assis avec eux. Lui a prévu de grimper le volcan Parinacota cette nuit, un des deux volcans jumeaux. Il a escaladé le Sajama la veille, et s'apprête à monter seul, à minuit, cet autre volcan. Son arrivée au sommet est prévue pour le petit matin, à 7H. Le fou! Il est passionné de grimpe et a déjà l'Aconcagua à son actif, le sommet le plus haut d'Amérique! Les deux argentins sont bien contents d'être restés à Sajama quand on leur raconte le froid que nous avons eu en haut! Puis nous souhaitons bonne nuit à tout le monde, et à Mamita qui nous voit bien fatigués... Une bonne douche bien chaude (chose rare en Bolivie, sans trop de pression quand même, il ne faut pas trop en demander!), et hop au lit, pour une nuit moins frileuse...
 
Le lendemain, c'est jour de repos. Mamita nous prépare un bon petit dèj avec des oeufs brouillés, pleins de pains et de la confiture, un café bien chaud... hummm. A midi nous retournons chez elle, où nous retrouvons Carlos qui revient juste de son sommet! Il est sain et sauf, fatigué... tu m'étonnes! Il nous montre les quelques photos qu'il a prises d'en haut avec son téléphone, superbes! Quel courageux! Et quelle forme!
 
L'après-midi, nous nous renseignons pour louer des vélos pour aller jusqu'aux thermes que nous avons loupés hier. Impossible de trouver des bicicletas. Tant pis. Nous allons rester au chaud, sous les couvertures. 
 
Le soir, dernier repas chez Mamita. Carlos est encore là, après un après-midi de sommeil. Nous nous racontons nos voyages, notre périple dans son pays, notre coup de coeur pour Pucon, la gentillesse des chiliens et notre Noël à Puyuhuapi, les spécialités culinaires chiliennes auxquelles nous avons goûtées, et celles qu'il ne va pas falloir râter... 
 
Mamita nous apprend qu'exceptionnellement, il y a un minibus qui part demain matin à 6H de Sajama, pour aller à Tambo Quemado à la frontière chilienne. Parfait! Carlos, lui, prendra le seul minibus de la journée à 5H30, qui part vers Patacamaya, pour se rendre à La Paz. Nous nous disons au revoir, et partons accompagnés de Mamita chez le chauffeur du minibus pour s'assurer du trajet de demain matin. Pas de soucis, il faudra être là à l'aube pour pouvoir rejoindre le Chili. Au revoir Mamita, nous sommes ravis de t'avoir rencontrée!
 
Dernière nuit en Bolivie... et oui... c'est déjà fini!...
 

Publié à 05:14, le 18/04/2013, dans Bolivie, Provincia Sajama
Mots clefs : PatacamayaParc National de Sajamalagunesthermesvolcansgeyserstrek


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