A l'autre bout du bout du monde

La Paz (8-13 Mars)

Vendredi matin, nous quittons très tôt notre hospedaje pour prendre un bus à 7H pour Potosi. Notre prochaine destination est La Paz. Mais pour s'y rendre depuis Sucre, il n'y a que des bus de nuit, qui n'ont pas très bonne réputation (braquages, vols de sacs...). Ca nous paraît plus prudent de nous rendre à La Paz par étapes... Nous arrivons vers 10H30 à Potosi, où nous prenons directement un autre bus pour Oruro, dernière étape avant La Paz. En arrivant vers 16H30 à Oruro, la ville nous paraît bien inintéressante, un peu comme Uyuni. Nous nous décidons alors à trouver directement un dernier bus pour la capitale. Par chance, il y en a un qui part à 17H. C'est parfait! Les bus s'enchaînent très bien... Nous aurons passé la journée dans le bus, mais au moins, nous serons arrivés à destination, et sans encombre! 

Le dernier bus file tout droit sur l'altiplano, cette immense plaine à 4000m d'altitude, d'où nous pouvons apercevoir au loin les hauts sommets enneigés de 6000m. Vers 20H30, alors qu'il fait nuit noire, nous distinguons à l'horizon les lumières de La Paz, comme une immense étendue de feu traçant une ligne parfaite. A l'arrivée dans la banlieue, nous traversons des quartiers dans le noir, sans éclairage, nous sommes toujours sur l'altiplano et ce quartier de La Paz s'appelle " el Alto", le quartier d'en haut. Puis tout à coup, nous apercevons sur notre droite l'énorme cuvette de la ville, entièrement construite entre les montagnes, scintillante de mille feux. Waouh! Il en faudra du temps pour s'enfoncer tout en bas de la ville. La Paz est étendue entre 3200 et 4000m d'altitude, c'est impressionnant tout ce dénivelé sous les lumières de la ville.
 
Vite nous trouvons un taxi qui nous emmène dans le quartier du centre où se trouve la plupart des hébergements touristiques. Le notre sera l'hostel Cactus, pour 70 bolivianos la nuit (soit 7 euros) où nous trouvons directement une chambre libre. Il était temps, car une journée de bus, et trop de virages, Elise ne se sent pas très bien...
 
Le lendemain, Samedi, nous ne le savons pas encore, mais le thème de la journée sera: CHARANGO!! Pour commencer, nous prenons notre petit dèj' dans un hotel de touristes à 350 bolivianos la nuit, à défaut d'avoir trouvé mieux. Au moins c'est complet, avec un bon jus d'orange et des oeufs brouillés, ça fait bien plaisir malgré le prix un poil abusé pour ici (20 bolivianos chacun, soit 2 euros). Nous repérons en même temps qu'il y a du wifi que nous n'avons pas dans notre hotel, nous reviendrons peut-être nous connecter ici.
 
Pour le déjeuner, une soupe avec un plat de poulet-riz et une banane au dulce de leche pour 12 bolivianos, ça fait bien plaisir. Ici non plus nous n'allons pas nous ruiner! Bien sûr, il a fallu chercher le resto local, car dans le quartier ne s'alignent quasiment que les restos de touristes avec des prix abusifs, et des plats à pas moins de 40 bolivianos.
 
Entre temps, nous découvrons que notre hostel se situe dans le quartier artisanal, où nous résistons à la tentation d'acheter encore du beau tissu andin, ou des énormes tentures bien colorées. Elise craquera quand même pour un poncho! Aussi, dans la rue, s'étalent une ribambelle de stands de "sorcières". En effet, pleins de mamies se sont installées ici, et vendent des amulettes, ou objets divers de sorcellerie... mais encore des foetus de lamas! Oui oui, vous avez bien entendu. Ils sont exposés, accrochés dans la rue, plus ou moins avec de la laine selon l'âge du foetus. Beurk. Apparemment, ils seraient utilisés lors de cérémonies, offerts à la Terre Mère. Bien entendu, il est interdit de sortir du pays avec ces petites bêtes. Ca tombe bien, nous ne comptions pas cacher un foetus de lama dans nos sacs!
 
Dans l'après-midi, nous décidons d'aller visiter le musée d'instruments de musique d'Ernesto Cavour. Il s'agit d'une musicien,  spécialiste et collectionneur de charango, et bien d'autres instruments. Nous ne regrettons pas d'avoir mis les pieds dans ce lieu merveilleux. Le musicien a collectionné un sacré paquet d'instruments du monde entier, qui sont disposés dans chaque pièce du premier étage d'une maison coloniale. La collection de charango est impressionnante, la plupart fabriqués avec une carapace de tatoo, interdite maintenant. Il en a même créé de toute pièce, ainsi que des instruments sortis tout droit de son imagination comme la guitare à cinq manches, ou bien encore la guitare réversible.
 
 
 
 
Pour rendre la visite encore plus agréable, des instruments sont mis à disposition comme un piano à vent, des percussions en bouteilles de verre plus ou moins remplies d'eau, un marimba, etc... on s'amuse comme des gamins!
 
 
On apprend qu'il y a un concert ici ce soir, d'Ernesto Cavour lui-même, et d'autres musiciens au charango, flûte et guitare. Pourquoi pas y faire un tour? Et puis ça permettrait de découvrir en personne l'artiste farfelu auteur de ce passionnant musée!
 
En attendant, nous faisons un tour des boutiques de charango de notre quartier. Ca fait quelque temps, depuis le Nord argentin, qu'on est bien tenté de s'en acheter un. Après tout, nous avons le temps de nous y mettre!... Nous tombons sur la boutique qu'il nous fallait: un jeune luthier, qui fabrique lui-même ses instruments. L'affaire est jouée, nous repartons avec un beau charango en main, dans sa magnifique housse de tissu local, avec un jeu de cordes, et surtout une petite méthode pour se familiariser avec l'instrument...
 
 
En fin d'aprem, nous partons alors à nouveau en direction du théâtre du charango, dans le musée. Sur la route nous entendons: "surprise!". Il s'agit de Corinna et Katherin, les deux allemandes qui ont fait le tour du Sud Lipez avec nous. C'est leur dernier jour ensemble, la petite soeur de Corinna repart déjà demain! 
 
Nous filons ensuite au concert. 
 
 
Il y a dans la salle à peine une vingtaine de personnes. Le spectacle commence avec "los dos hermanos", les deux frères, qui jouent ensemble au charango. Puis vient ensuite un flûtiste en solo, Rolando Encinas. Et enfin, le grand Ernesto Cavour, 72 ans, avec son charango! Nous sommes abasourdis devant sa prestation, un vrai pro. Vient alors un guitariste, Franz Valverde, pour l'accompagner. Les deux font un duo d'enfer. Ils prennent vraiment du plaisir à jouer ensemble, et ça se voit. 
 
Voilà alors l'heure de l'entracte. Apparemment il y a une deuxième partie, où ils vont tous jouer ensemble! Génial! Des hot dogs ("cachoro cuente" en brésilien, pas de traduction "perro caliente" en espagnol) sont proposés dans le patio, avec du thé. Nous décidons d'aller nous manger rapidos un bout dans le quartier, avant de revenir. 
 
Mais une demi heure après, malheureusement, les portes sont fermées! Mince! Nous toquons à la porte et avec de la chance, on nous laisse rentrer. Ouf! Dans la salle en haut, sont déjà entrain de jouer les trois hommes: Cavour, Valverde et Encinas. Une vraie partie de plaisir. Ils s'éclatent bien, et nous sommes émerveillés. Ernesto Cavour en profite pour sortir quelques unes de ses inventions, et jouer quelques morceaux avec. Un de ses instruments reproduit exactement le sifflement du train à vapeur. Les voilà alors tous les trois à jouer le brouhaha d'un train arrivant en gare... excellent. Cavour a un sourire communicatif, et un gamin se marre tout seul dans la salle. Ensuite, il nous fait participer en nous faisant taper dans les mains, sur les coudes, les épaules, la tête... un vrai spectacle. Nous ne savions pas à quoi nous attendre en entrant, mais nous venons d'avoir là un concert de trois pros, rien que pour nous. Ca fait bien plaisir! 
 
En tout cas, on va avoir du boulot au charango!
 
Voilà un petit extrait youtube du trio:
 
 
Dimanche matin, nous partons pour le marché en espérant qu'on y trouve de quoi petit déjeuner. Finis les breakfasts de touristes... En bas de la rue, il y a une mamie qui presse des oranges et des pomelos... Elle coupe aussi des énormes rondelles d'ananas. Juste à côté, une autre dame qui vend des salteñas sur le trottoir. Parfait, nous prenons le tout, et nous régalons avec un petit dèj bien local. Dans le marché nous tombons sur plein de petites barraques alignées, proposant des cafés, et la spécialité locale: l'api. Il s'agit d'une boisson servie très chaude, à base de farine de maïs violet, agrémentée de cannelle et de clou de girofle. Une dame nous propose gentillement un siège dans sa guitoune. Nous prenons alors un énorme café, et goûtons au fameux "apicito". Ils aiment mettre des "ito" et "ita" à la fin de chaque mot! La boisson est délicieuse, et ça nourrit! Ca y est, nous avons trouvé notre fief à La Paz!
 
Nous profitons que les musées soient ouverts ce matin pour y faire un tour. Pour 4 bolivianos, nous avons le droit de visiter les trois musées dans la même rue que le théâtre du charango. 
 
 
Heureusement que c'est dérisoire, parce que la visite des trois ne vaut franchement pas le coup. Nous avons commencé par celui des costumes, puis ensuite celui du littoral où l'on peut voir une ancienne carte de la Bolivie, avec son accès à l'océan, avant que le Chili ne leur prennent ce bout de terre. Enfin, le musée Murillos... Dans la rue juste au-dessus sont entrain de passer des marathoniens sous les encouragements des citadins. C'est le premier marathon à 3600m d'altitude! Bravo les sportifs!
 
Pour déjeuner, le chinois à quelques rues de chez nous propose des menus pas chers, toujours avec une soupe, ça tombe très bien!
 
L'après-midi, le temps se gâte. On en profite pour s'initier au charango à l'hostel, c'est pas plus mal! Pour l'instant, quelques accords de base... c'est comme le ukulélé, sauf qu'il y a une cinquième corde, et qu'elles sont toutes doublées. Rien à voir avec la guitare!
 
Le soir, nous cherchons un endroit pas cher pour manger. Nous tentons quand même un resto thaï, en se disant qu'avec un plat pour deux (pour 4 fois le prix d'un déjeuner), nous devrions en avoir assez. Grosse erreur! Le plat est ridicule, et oui, nous nous sommes faits avoir comme des touristes! Il faut bien de temps en temps... mais ça reste toujours un peu en travers. C'est comme les patates "à l'espagnol"!
 
Lundi, le temps a l'air un peu mieux... Nous petit-déjeunons nos habituels salteñas, api, café, et montons dans un bus en direction de la "valle de la luna". Située à 12 km de la ville, il s'agit d'un parc naturel aménagé pour la promenade, avec des formations géologiques très étranges. L'érosion y est là encore pour beaucoup! L'endroit n'est pas bien grand, mais nous passerons quand même deux heures à nous balader entre les "demoiselles coiffées", les crevasses, et à admirer le canyon, tout en guettant le ciel noir qui se met à couvrir nos têtes. 
 
 
 
 
 
 
 
A la sortie du parc, nous avons une jolie vue sur La Paz.
 
 
Au retour, nous nous trompons de bus... Nous en chopons un autre qui nous dépose sur la place Murillo. On en profite pour prendre quelques photos des bâtiments autour: le palais présidentiel, le congrès, et la cathédrale.
 
 
 
Nous sommes passés à côté d'une belle photo: un camion sur lequel était écrit "mangez de la coca, c'est bon, et c'est légal!".
 
Le soir, à notre grande surprise, le chinois est ouvert! Voilà notre deuxième fief!
 
Mardi, nous partons pour Tiwanaku (ou "Tiahuanaco"). Il s'agit d'une ancienne citée de la civilisation Tiwanaku, inscrite au Patrimoine mondial par l'UNESCO, située à 70km de La Paz, un immanquable selon le routard. En montant dans le bus, une passionnée nous propose déjà de partager le guide ensemble... A 80 bolivianos l'entrée chacun, nous allons nous passer d'un guide à 80 bolos également, surtout en espagnol... même si nous avons bien progressé, nous comprenons tout de même mieux les explications en anglais!
 
Une fois arrivés au site, nous nous acquittons du droit d'entrée et filons au premier musée. Là sont mis en vitrine toutes les poteries, sculptures, et autres objets trouvés pendant les fouilles archéologiques. En cinq minutes, le tour est fait. Allons plutôt voir les ruines. Nous partons en direction du premier site, Puma Punku, à l'autre bout du village. Il n'y a malheureusement que très peu d'explications sur le site, et à notre grande surprise nous nous retrouvons sur un terrain en friche. Nous avons de l'herbe jusqu'aux genoux, les chemins sont à peine visibles, et au milieu de tout ça nous distinguons des cailloux. Il ne reste presque plus rien de la ruine... On hallucine un peu et en bons français que nous sommes, on commence à râler et à se dire que c'est "un curro", du vol! On tente d'aller voir de plus prêt une construction ancestrâle qui ne ressemble plus à grand chose, en longeant les cordes... Ah oui, pour couronner le décor, de belles cordes bleues entourent chaque ruine... magnifique! Et là nous sommes interpelés par un gardien qui nous demande de faire demi-tour....
 
 
Nous décidons de tenter notre chance ailleurs, au deuxième site. Là, ça ressemble déjà plus à quelque chose... Au milieu d'un autre terrain en friche, nous pouvons voir les restes d'une ancienne pyramide rendue méconnaissable par les pillages et l'érosion.
 
 
Puis derrière, le temple de Kalasasaya, avec la fameuse porte du soleil... Si ce nom vous dit quelque chose, peut-être pensez vous à Hergé et au fameux Tintin, dans "le temple du soleil". Et oui, Tiwanaku a bel et bien inspiré l'auteur. Nous aurions bien relu la BD, mais nous ne l'avons toujours pas trouvée...
 
 
 
 
 
Juste à côté du palais se trouve le temple semi-souterrain, où 172 figurines sont incrustées en pierre dans les murs. 
 
 
C'est à cet endroit qu'a été découverte la statue "le Bennett", une représentation de la Pachamama (ou "terre mère"), la fameuse statue souvent retrouvée dans l'art polynésien. Elle est maintenant exposée dans une salle du musée. Malheureusement, il était interdit de prendre la Pachamama en photo. La statue mesure huit mètres de haut, et pèse 20 tonnes! 
 
Heureusement qu'il y a ce deuxième site... car le premier est vraiment inutile. Par contre, sur les deux sites, l'entretien laisse à désirer, pas vraiment digne d'un lieu classé par l'UNESCO. 
 
Au final, nous n'en savons toujours pas beaucoup plus sur la civilisation Tiwanaku, si ce n'est qu'elle date d'avant les Incas et s'étend de plus de 1000 ans avant JC, jusqu'en 1100... tandis que la civilisation Inca n'a duré que trois siècles, de 1200 à 1500. Le site de Tiwanaku était la capitale d'un empire théocratique aymara, qui s'étendait au-delà du lac Titicaca après avoir fusionné avec l'Empire wari du Pérou. D'ailleurs, il est possible que les chemins précolombiens autour de La Paz, appelés les chemins Incas, aient plutôt été créés par les Tiwanaku.
 
Nous repartons en fin d'après-midi à La Paz, où nous attend un bon chinois!
 
Mercredi, le temps n'est toujours pas au beau fixe. La région autour de La Paz offre plein de possibilité de randos, mais vu le temps, nous allons reporter notre prochain trek. Nous décidons d'aller prendre dès demain un peu de soleil au lac Titicaca plus à l'Ouest. Mais avant ça, une petite formalité à régler à La Paz. Dans cinq jours, notre délai de séjour autorisé sur le territoire bolivien va expirer. Photocopies des passeports en mains, nous filons à l'immigration pour nous faire régulariser. En moins de deux minutes c'est fait, et en plus nous avons droit à 90 jours! Nous ne serons donc pas clandestins en Bolivie!
 
Dans à peine deux semaines se déroulera à La Paz la rencontre Bolivie-Argentine pour les éliminatoires de la Coupe du monde 2014. Ayant râté l'occasion d'aller voir un match au Brésil ou à Buenos Aires, ça nous dit bien d'aller assister à cette belle rencontre! Mais pour ça, il nous faut trouver des billets... et là, ce n'est pas une mince affaire. Dans l'après-midi, nous partons alors au stade pour acheter des places. Il n'y a personne à la boleteria. Devant le stade, des femmes vendent des entrées pour le match de ce soir, de la coupe d'amérique du sud. Elles nous disent qu'il n'y a pas encore de billets à vendre pour le match, qu'il faut aller voir à la fédération de football de Bolivie, rue Mercado.
 
Nous passons une bonne partie de l'aprèm à être baladés d'un endroit à l'autre, en tournant dans la ville. Nous apprenons finalement, dans un centre d'informations touristiques, que toutes les places auraient déjà été achetées par des revendeurs. Le seul moyen d'en trouver une est de se rendre au stade le soir du match, et d'en racheter une à un prix deux à trois fois plus cher... Mince... Tant pis, nous verrons bien le 26...
 
Pour nous réconforter de notre échec, nous continuons notre initiation au charango avant de trouver une connection internet, et de retourner au chinois! Nous assistons alors au match qui se déroule au moment même au stade de La Paz: équipe bolivienne "The Strongest" contre équipe brésilienne "Atletico Minero" avec Ronaldinho. Pas de chance pour les Boliviens qui ont perdu. 
 
Au retour, préparation des sacs. Demain, nous partons pour le lac Titicaca. Nous n'emportons pas tout notre attirail et laissons la moitié des affaires à l'hostel.
 
Et c'est après un dernier café-api aux salteñas dans notre guitoune favorite du marché, que nous filons direction Copacabana, sans plage ni caïpi ce coup-ci!
 
 

Publié à 18:11, le 20/03/2013, dans Bolivie, La Paz
Mots clefs : apivallée de la luneErnesto Cavourmarché des sorcièrescharangoTiwanakuconcert


Commentaire sans titre

19:36, 27/03/2013 .. Publié par la baffrie
nous suivons avec attention vos aventures vous nous faites
rever
bisous

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