A l'autre bout du bout du monde

Sucre et ses environs (28 Février-7 Mars)

SUCRE (1ère partie)

Dans le bus nous emmenant à Sucre, un des passagers s'improvise GO de club med. Il joue du charango et nous fait répéter les chants en choeur, taper dans nos mains: "mi corazon es tan delicado, tienes que hacer mucho cuidado". Autrement dit: mon coeur est si fragile, il faut que tu y fasses très attention... bref... sans commentaire... 
 
Au terme d'une descente vertigineuse en bus, nous arrivons enfin à Sucre. Nous sommes à un peu moins de 3000m, nous devrions retrouver un peu de souffle. 
 
Nous atterissons à l'hostal Amigo. Justement, il y a un peu trop d'amigos pour nous ici et ça à l'air d'être un peu le bordel. Quelques rues plus loin, nous entrons dans l'hostal Veracruz. Il est tenu par un papi, pas spécialement aimable. Bon, les couloirs font penser à une prison et les chambres à des cellules... à moins que ce ne soit un ancien hôpital psychiatrique... tant pis, au moins ça a l'air calme. Pour une nuit ça fera l'affaire! 
 
Le lendemain matin, nous trouvons dans la même rue l'alojamiento Potosi, grande chambre donnant sur un patio, plutôt propre, calme et avec internet: parfait pour quelques jours. Partons petit déjeuner. Au menu, une spécialité bolivienne venue du Nord de l'Argentine: les salteñas. Ce sont des sortes d'empanadas avec à l'intérieur du poulet ou du boeuf, des petits légumes et de la sauce. Les boliviens mangent ça dans la matinée. Excellents!! Nous n'en avons d'ailleurs jamais mangé d'aussi bons en Argentine!! 
 
Nous filons ensuite allonger notre autorisation de séjour en Bolivie. Dans un premier temps, nous n'avons le droit d'y rester que 30 jours. Cela dit, on peut allonger ce temps de 30 ou 60 jours gratuitement dans les grandes villes du pays. Malheureusement, à l'immigration on nous dit que ce n'est pas possible pour le moment. Ca fait à peine 15 jours que nous sommes en Bolivie et il faut faire la démarche seulement quelques jours avant l'expiration du délai. On fera donc ça à La Paz, mais au moins on sait maintenant qu'il faudra fournir des photocopies de nos passeports et de la carte qu'on nous a remise à l'entrée en Bolivie.
 
Après un déjeuner chez Doña Franca, un petit resto végétarien où est servi chaque midi une soupe et un plat, nous passons à l'office du tourisme pour nous renseigner sur les choses à ne pas manquer à Sucre. C'est une ville chargée d'histoire et la première ville de Bolivie fondée par les espagnols. Il y a beaucoup de magnifiques bâtiments coloniaux, de musées et d'églises à visiter.
 
 
 
Nous ne ferons pas tout mais pourquoi pas les plus importants? En même temps, on apprend qu'il y a un concert gratuit le soir même dans le patio du bâtiment: ahhh!
 
Nous revenons donc au même endroit le soir pour assister au concert de guitare solo. Le musicien se fait attendre et les gens commencent à s'impatienter et à taper dans leurs mains. Avant d'arriver, il a droit à sa biographie: quel homme! Malheureusement, nous ne resterons pas lontemps. Tout ce qu'il joue est beaucoup trop lent, trop décousu. Il n'y a pas vraiment de rythme et pour couronner le tout, il joue en faisant énormément de mimiques... c'est ridicule!
 
La fin de soirée à la "Vieja Bodega", un bar restaurant du centre, sera bien plus intéressante. C'est happy hour pendant une heure: deux cocktails pour le prix d'un, soit quinze bolivianos! L'occasion de goûter les cocktails maison, comme le Kalua Batido, et le Chuflay. Puis finalement alors qu'on ne voulait pas manger ici, des personnes à côté nous font découvrir une spécialité locale, le "pique", donc on se laisse tenter. C'est un mélange de viande, d'oignons, de tomates, de poivrons avec des frites et une sauce à la bière et à la tomate.... hummmm... délicieux!
 
Le lendemain, Elise n'est pas très bien. Cocktails? Médicaments? Ou les deux? Peu importe, on en profite pour se reposer. Dans l'après midi, nous sortons quand même de l'hôtel. A chaque fois que nous sommes dehors, nous sommes impressionnés par le nombre de mendiants dans cette ville et surtout, ce sont en majorité des personnes très vieilles! 
 
Nous passons au marché pour le goûter. Les étalages de fruits se succèdent et derrière chacun d'eux, une femme qui prépare et vend des jus et des salades de fruits. Nous goûtons aux excellents jus "maison" et prenons également une salade. Elle est énorme et pleine de morceaux de fruits différents: banane, papaye, mangue, pomme, fraise, figue de barbarie, ananas, pastèque, raisin... et tout cela mélangé à de la chantilly et des céréales! Hummmm.... nous nous régalons. Nous promettons d'ailleurs d'y refaire un tour. Puis vient le soir et l'heure de retourner à la "Vieja Bodega" pour un nouveau "pique", sans cocktail ce coup-ci.
 
TARABUCO
 
Dimanche arrive et l'attraction à ne pas louper, c'est le marché de Tarabuco. C'est une ville indienne à 1H30 de bus de Sucre. Tous les dimanches s'y déroule un fameux marché où tous les indiens déboulent pour vendre de l'artisanat, des fruits, des légumes et toutes sortes de choses... même des cartes mémoires et des téléphones portables... Forcément, le marché est connu donc il y a beaucoup de touristes, et comme d'habitude, beaucoup de français, mais les tissus, les ponchos, les sacs sont magnifiques. 
 
 
 
Et justement, comme nous n'avons rien acheté depuis le début du voyage, nous nous disons que c'est l'occasion. Tout ce qu'on achète sera du poids et de l'encombrement en plus dans nos sacs mais puisque la cousine d'Elise arrive dans deux mois, on lui filera tout à ramener (hein Hélène ? ;)). Nous craquons donc pour deux magnifiques tissus qui peuvent faire office de nappes, un sac pour Elise et un poncho pour Guillaume. Voilà! On avale une énorme assiette au marché, on se prend quelques légumes et des pâtes pour se cuisiner un petit plat ce soir et nos achats sont finis. Nous pouvons rentrer!
 
LES VILLAGES JALQ'A
 
Lundi, nous quittons Sucre pour quelques jours dans les villages Jalq'a. Ce sont des villages indiens à 2-3H de bus d'ici et d'où nous pourrons faire quelques balades. Au lieu d'un bus, nous trouvons un camion qui va vers ces villages. Nous montons à l'arrière avec quelques locaux. Nous partageons alors notre espace avec deux grandes cuves à eau que transporte le camion. Sortis de la banlieue de Sucre, l'ascension commence. Rapidement, nous dominons complètement la ville et nous enfonçons dans la montagne et la campagne. Nous sommes sur une piste et quelques virages donnent des sueurs froides à Elise. Malgré tout, au bout d'une bonne heure, nous arrivons au sommet de la montagne où se trouve la chapelle de Chataquila, nous descendons. Après un petit tour autour de la chapelle, nous trouvons rapidement le chemin préhispanique que nous voulions arpenter. 
 
 
C'est un chemin en pierre créé par les Incas ou bien une autre civilisation préhispanique. Il descend dans la montagne sur quatre kilomètres pour rejoindre Chaunaca, le premier village Jalq'a sur notre route. Nous commençons notre descente sur ce chemin, plutôt en bon état malgré ses 500 ans. La vue sur les vallées environnantes est magnifique. Nous pouvons même apercevoir au loin, le cratère de Maragua, où nous avons prévu d'aller demain.
 
 
 
Au milieu du chemin, surprise! Guillaume vient de voir passer devant lui "quelque chose de long qui a sauté dans le ravin", sans doute un serpent. Pour ne pas affoler Elise, il ne dira rien avant d'être arrivé en bas. Alors que le chemin se termine, nous arrivons sur l'autre versant de la montagne et distinguons un village en bas, sans doute Chaunaca. Nous voyons aussi la route que prennent les bus et les camions pour descendre la montagne: une succession de lacets le long d'une pente très raide! On a bien fait de descendre à pied.
 
 
Une fois aux abords du village, notre première mission est de chercher un logement pour la nuit. Nous croisons un homme qui nous dit qu'il y en a un plus bas. Puis une femme qui veut nous faire payer pour le chemin que nous venons de prendre. Bizarre! Personne ne nous a dit que c'était payant et il n'y a absolument rien de marqué en haut du chemin. On l'embrouille un peu en lui disant qu'on vient des maisons plus haut, qu'on est descendu par la route et qu'on cherche un lieu où dormir! Elle ne nous fait pas payer et nous dit elle aussi d'aller voir plus bas pour le logement. 
 
Au village, nous trouvons enfin l'hospedaje. Un homme travaille à l'extérieur et nous dit d'attendre ici "la señora" qui s'occupe du logement. Il est 14H. Après une heure d'attente, on décide d'aller au bout de la route au cas où des bus ou des camions iraient jusqu'à Potolo, le village suivant. Apparemment c'est plus grand qu'ici et il y a d'autres hospedajes. A 18H, toujours pas de nouvelle de "la señora" mais un bus passe, nous allons donc filer à Potolo. Le bus est blindé, nous devons rester debout une heure. Et puis le parcours n'est pas de tout repos: nous longeons un canyon et la route est mauvaise, le bus penche un peu dans les virages. Encore des sueurs froides pour Elise...
 
A 19H, arrivée à Potolo, il fait quasiment nuit, la journée a été longue. On trouve rapidement un logement et un petit comedor pour dîner. Tout cela à un prix dérisoire. 
 
Le lendemain, nous partons à la découverte des environs. A 4-5H de marche d'ici, il y a Maragua, un village situé dans le cratère du même nom, le cratère que nous avons aperçu hier du haut de la montagne. Les indications des villageois sont très approximatives et il n'y a pas de guide ici, nous devrons donc nous débrouiller seuls pour trouver notre chemin. Dès la sortie du village, c'est déjà compliqué, nous suivons une sorte de chemin qui serpente autour des maisons et dans les champs de maïs. Heureusement, nous croisons du monde qui nous affirme que "c'est par là"! Mais nous ne comprenons pas tout car ici, les gens parlent quechua et un peu espagnol, voire seulement quechua! En tout cas, nous nous sommes fait un ami, un jeune chien, rebaptisé "Indio", qui nous suivra jusqu'au soir. 
 
Au bout d'un moment, nous arrivons à un chemin très large, presque pour des véhicules. Parfait! Il a l'air de filer tout droit vers notre objectif, on va peut-être y arriver plus facilement que prévu! Sur notre route, nous rencontrons des femmes accompagnées de leurs enfants, transportant des choses sur leurs dos ou sur des mules. Nous voyons aussi des personnes gardant leurs chèvres dans la montagne. Nous apercevons également des hommes entrain de charruer de minuscules bouts de terrain avec des boeufs. Une Bolivie rurale, très rurale... 
 
Après deux heures de marche, nous avons bien grimpé, les environs sont jolis. 
 
 
Nous nous posons un peu pour manger un bout de gateau, n'ayant rien trouvé de mieux à Potolo. Nous sommes arrivés à une sorte de village de quatre, cinq maisons seulement.
 
 
 
Nous nous demandons si le chemin est le bon car il commence à redescendre. Est-ce que le cratère est en bas, près du rio, ou de l'autre côté de la montagne? Depuis le début nous suivons le chemin donc essayons d'aller au bout!
 
 
Malheureusement, après avoir beaucoup descendu, nous arrivons à un rio. Plus de chemin! Nous décidons quand même de continuer un peu dans le rio, surtout que nous avons vu une femme avec des chèvres plus loin, peut-être pourra-t-elle nous renseigner? Nous marchons un moment avant d'arriver à sa rencontre. C'est une dame avec son fils qui baladent leurs chèvres, avec un fagot de bois sur le dos. On a dû mal à se faire comprendre, elle ne parle que le quechua. Elle nous indique tout de même que Maragua est de l'autre côté de la montagne, contre quelques bolivianos. Merde! Nous voici maintenant tout en bas et finalement il fallait grimper pour passer dans le cratère. Tant pis, nous rebroussons chemin. Revenus au minuscule village où nous avons mangé, nous décidons finalement de rentrer à Potolo. Il commence à se faire tard et nous ne distinguons pas réellement de chemin, c'est plus prudent. 
 
Nous croisons alors deux hommes travaillant avec des machines à l'amélioration du chemin. Ils proposent de nous ramener mais quand ils auront fini leur journée, un peu plus tard. Nous filons quand même en marchant, en espérant qu'ils nous rattrapent rapidement. Mais finalement, nous aurons le temps d'arriver à Potolo avant de les revoir. Il commence à faire très sombre, il était temps d'en finir. Nous aurons quand même fait une belle marche d'environ 8H. Et même si nous n'avons pas atteint Maragua, les paysages étaient sympas et la balade nous aura permis de traverser la campagne profonde et de croiser ses habitants. Nous nous accordons un petit goûter avant de prendre place dans un nouvel hospedaje. Indio est toujours avec nous, il a bien mérité son goûter lui aussi!
 
Le lendemain, nous décidons de faire la route Potolo - Chaunaca à pied. C'est une piste, et même si à l'aller nous avons fait ce chemin en bus, Elise n'est pas du tout décidée à refaire ce parcours vertigineux en véhicule. Nous partons donc en marchant, ce qui nous permettra de profiter plus longtemps de cette magnifique route. 
 
 
Les véhicules sont rares donc la balade est agréable, par contre la chaleur est écrasante. Indio nous suit toujours. Ce matin, il nous attendait même devant la porte de l'hospedaje! Alors que la route monte, nous croisons quand même quelques camions, des bus et des 4x4. En haut, nous avons une vue magnifique sur la vallée et sur Potolo.
 
 
 
Puis nous arrivons ensuite à un canyon que nous surplombons, impressionnant! Nous continuons, longeant le canyon. Les paysages sont splendides et la piste est assez dangereuse et bien défoncée par endroit. Nous sommes bien contents de la faire à pied plutôt qu'en bus.
 
 
 
Au bout du canyon, nous nous décidons à prendre le prochain bus ou camion qui passe. Mais il n'y a rien qui arrive. Nous nous remettons donc à marcher jusqu'à arriver près de Chaunaca. Toujours rien! 
 
 
Nous nous demandons s'il y a bien des bus qui rentrent à Sucre ce soir. On imagine déjà être obligé de rester une nuit de plus ici. Puis finalement un 4x4 qui va à Sucre nous prend! Indio, qui était toujours avec nous, paraît alors complètement perdu, il nous cherche. On est un peu triste de le quitter comme ça mais nous n'allions pas le ramener! Et puis il est bien plus heureux ici, dans la campagne avec de grands espaces rien que pour lui.
 
Une fois passé Chaunaca, nous avons le droit à une longue montée vertigineuse vers la chapelle de Chataquila, notre point de départ de ces trois jours. En haut, nous dominons de nouveau toute la vallée. Nous apercevons entièrement le cratère de Maragua que nous n'avons pû atteindre. Il ne reste plus qu'une longue descente vers Sucre. 
 
SUCRE (2ème partie)
 
Revenus à notre hospedaje, nous partons reprendre des forces au marché: salade de fruits-chantilly de nouveau! Puis le soir, nous ne pouvons échapper une nouvelle fois à la tentation du "pique".
 
Le lendemain, dernier jour à Sucre. Le matin, nous visitons le musée du folklore. Le plus impressionnant de la visite sera la collection de masques destinés aux différentes festivités dont le carnaval. Certains sont énormes, la plupart font peur. Il y a beaucoup de couleurs et de réferences à des animaux. Malheureusement, photos interdites! 
 
L'après-midi, la visite de la Casa de la Libertad, où nous avons droit à une guide en français, nous permettra d'en apprendre un peu sur l'histoire de la Bolivie. C'est dans ce lieu que l'acte d'indépendance du pays a été signé!
 
 
 
Nous finissons par un tour à l'église San Felipe Neri, un ancien couvent devenu collège privé. D'ici, nous pouvons monter sur les toits et au clocher pour une vue imprenable sur la ville. 
 
 
 
 
Notre guide, également guide d'escalade et de trekking, nous donne aussi des tuyaux sur les choses à faire dans les environs de La Paz, notre prochaine étape.
 
Le soir, pour clotûrer ce séjour à Sucre, nous sommes obligés de terminer par un nouveau "pique". Obligés car la carte n'offre rien d'autres d'aussi bon marché. Et puis aussi car on adore ça! En passant sur la place principale, nous tombons sur un concert de musique traditionnelle: flûtes, charangos, guitares et batterie. Super sympa! Au retour du resto, le groupe a changé, c'est maintenant de la cumbia, un style de musique sud américain. On aime aussi.
 
Demain, un réveil matinal nous attend ainsi qu'une longue journée de bus qui nous conduira à La Paz, déjà!
 
 

Publié à 18:36, le 11/03/2013, dans Bolivie, Sucre
Mots clefs : Eglise San Felipe NeriCasa de La LibertadCratère de MaraguaPotoloChaunacavillages Jalq'aTarabucomarchérandonnée


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