A l'autre bout du bout du monde

Potosi (23-28 Février)

Des images plein la tête, nous quittons Uyuni à midi pour Potosi. Le temps prévu est de 4H. Mais pour 3 euros seulement, on se demande bien à quoi va ressembler le bus, et surtout, comment va-t-on y arriver? Une heure après le départ, la panne n'a pas loupé. Le bus fait un bruit bizarre puis s'arrête... Notre chauffeur descend, regarde sous le bus, puis enfile sa combinaison de mécano. Mince... La panne a l'air sérieuse. Quelques personnes se mettent à la recherche d'une pièce perdue sur la route... D'autres bus passent, des voitures aussi, et emmènent au passage quelques personnes de notre bus qui n'ont pas une grande confiance dans les réparations de notre mécano. Une fois la pièce retrouvée, c'est à l'aide d'une canette de red bull que les travaux commencent... Enfin, deux heures après, le bus repart!! Ouf! Il nous reste quand même théoriquement trois heures de trajet...

Une heure plus tard, rebelotte! On est blasé, mais tout le monde reste calme, très patient... Ce coup-ci une courroie semble avoir lâché. On découpe une bande dans du pneu, et hop, la pièce est remplacée, on peut rouler! En cinq minutes, le tour est joué! Heureusement, parce que notre patience commence à être limitée...

Et puisque "jamais deux sans trois", encore une panne! Ca fait à peine cinq minutes que nous venons de repartir... Ca a l'air d'être la même: un changement de courroie, et roulez! Ca en devient comique... Enfin on rit un peu jaune, surtout vu les routes de montagnes qu'on prend, avec ses virages serrés, et notre chauffeur qui roule à fond les ballons peut-être pour rattraper le retard... à bord d'un bus qui vient de nous lâcher trois fois, il est quand même sacrément en confiance! A croire que c'est la routine... En tout cas il est vraiment temps d'arriver, parce que Guillaume se sent de moins en moins bien dans le bus.

Enfin vers 18H, nous arrivons à Potosi. Cette ville est complètement enclavée dans la montagne, les maisons alentours sont toutes en briques rouges, ce qui rend la ville peu familière. Dès notre arrivée au terminal, nous ne nous attardons pas car il faut nous pauser au plus vite. Nous chopons un taxi, 15 bolivianos, direction le coin des hostels. Le notre sera le Felcar, recommandé par le routard, adresse correcte. En plus nous avons internet à bon débit, ça faisait bien longtemps!
 
La fin de la journée sera comme la suivante: Guillaume cloué au lit, Doc Gégé aux petits soins, se chargeant des ravitaillements de médicaments, et de vivres, en espèrant que quelque chose passe. 
 
Lundi 25, on dirait que ça commence à aller mieux! Merci le Tiorfan! Il est temps de partir à la découverte de la ville. Potosi est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde Nous sommes ici à plus de 4000m et d'ailleurs, ça se ressent dans le souffle et la respiration. 
 
Potosi est la deuxième ville créée par les espagnols en Bolivie et la plus riche à l'époque. En effet, dans la montagne, le Cerro Rico, surplombant la ville, se trouve ce qui a fait la richesse des espagnols et de la ville, des réserves d'argent et d'étain. Les mines sont encore exploitées de nos jours, ce qui en fait d'ailleurs une attraction touristique. Actuellement, plus de 6000 mineurs travaillent dedans, pour des coopératives, gagnant une misère pendant qu'ils bousillent leur santé. Ils finissent tous par mourir de silicose ou d'accidents liés aux explosions, vers l'âge de 45 ans, usés par le travail.
 
Beaucoup d'agences à Potosi proposent une excursion d'une journée dans les mines, afin de découvrir le travail des mineurs, et d'aller ramper dans les tunnels, bien équipés et avec la frontale. Avant l'excursion, un arrêt est prévu au marché des mineurs pour leur acheter des feuilles de coca, des cigares, de l'alcool pour oublier, de la dynamite, ou des crayons pour leurs enfants. Nous sommes allés nous renseigner dans une agence, qui propose le "tour" pour 100 Bolivianos par personne (soit 10 euros). Quand on leur a demandé combien était versé à la coopérative des mineurs, ils ont fait mine de ne pas savoir... Nous avons vite fait le choix de ne pas aller dans les mines, nous ne voulons pas faire du voyeurisme. Ca serait un peu comme faire une excursion d'une journée dans les favelas à Rio...
 
Aujourd'hui, nous nous contentons donc d'une balade dans le centre, puis d'aller visiter le musée-couvent Santa Teresa.
 
 
 
Nous choisissons une guide en anglais pour avoir un peu plus de chance de tout comprendre, et nous retrouvons avec deux autres françaises pour la découverte du musée. Elles sont en vacances pour trois semaines en Bolivie et au Pérou, une Normande, l'autre Reimoise. La guide nous explique qu'au 17ème siècle, les filles qui entraient au couvent étaient de famille bourgeoise. Les parents payaient très cher pour les faire entrer, et ne plus jamais les revoir. A 15-16 ans, elles étaient vendues au seigneur, leurs vêtements leur étaient retirés (utilisés ensuite pour coudre des robes de cérémonies), leurs cheveux coupés... plus jamais elles ne sortiraient des murs du couvent, et plus jamais elles ne reverraient leurs parents. Heureusement, les temps ont changé! Actuellement elles sont six bonnes soeurs à vivre au couvent, l'entrée est libre, et elles le sont un peu plus également...
 
Les pièces du couvent sont toutes restaurées, comblées de Jésus en sang sur sa croix, de peintures, etc... La visite est vite troublée par une des deux françaises qui dit à Elise: "Excuse-moi, mais on ne s'est pas déjà vu?" "... Heu... je sais pas..." "T'as quel âge? Tu ne serais pas partie en colonie de vacances à Bayonne il y a 14 ans?" "Bah si!!!" Elise complètement bluffée, se dit une fois de plus que le monde est petit. Cette fille-là était en colo avec elle il y a 14 ans... elle est retombée sur les photos de la colonie il y a un mois, c'est pourquoi elle l'a plus facilement reconnue, mais tout de même, impressionnant! D'autant plus qu'Elise ne se souvient pas d'elle... Bref, ça aura pimenté un peu la passionnante visite du couvent!
 
Le soir même, nous allons manger dans un petit bui-bui proche de chez nous, recommandé par Patrice, un français de l'hostel. Patrice se joint d'ailleurs à nous pour le repas, nous racontant sa vie de marin, de voyageur... Lors d'un voyage en Dominique, il a même sympathisé avec Didier le belge qui loue des cabanes sur la côte, chez qui Elise a déjà séjourné quelques jours. Encore une belle coïncidence de la journée!
 
Mardi, nous nous préparons à partir à la laguna Tarapaya, mais le soleil n'est pas au rendez-vous. Nous optons alors pour un tour du centre ville en arpentant lentement les rues, tout en respirant profondément. Nous tombons sur la brasserie la plus haute du monde: la Potosina! 
 
 
Les rues de Potosi sont toutes très étroites, pavées, les trottoirs très fins également. Dans l'hypercentre, de grands bâtiments coloniaux bordent la jolie plaza du 10 Novembre dominée par la cathédrale, et les rues alentours.
 
 
 
Nous nous retrouvons vite dans la rue des "abogados", avocats. Des enseignes sont placardées tout le long de la rue, on dirait qu'ils sont tous concentrés ici. Nous nous apercevrons vite qu'en fait, il y en a partout! Mais pourquoi autant d'avocats en Bolivie? 
 
 
Malheureusement, la balade deviendra vite désagréable avec tous les pots d'échappement qui rejettent une fumée noire, rendant la vision des rues troublée, c'est l'enfer pour respirer. Et puis il y a de plus en plus de monde sur les petits trottoirs, nous filons alors nous réfugier dans une boutique spécialement conçue pour le goûter. Les tables sont déjà toutes occupées par les locaux qui viennent prendre un café. Un papi nous fait une place à sa table, nous nous régalons de biscuits au dulce de leche avec cafés pour un prix modique.
 
Au retour, nous faisons une entrée furtive à la casa de la moneda pour prendre une photo, puis repartons aussi vite. D'après Patrice, la visite ne vaut pas le coup, nous ne nous y attardons pas.
 
 
Le soir, alors que nous nous apprêtons à aller manger, nous entendons une fanfare en bas de notre rue. En nous rapprochant nous découvrons pleins de locaux vêtus de noir, avec une étole dorée et un chapeau noir. Ce n'est pourtant plus le carnaval... Aujourd'hui se fête ici la "San Juan de Dios". Les gens déiflent dans la rue jusqu'à l'église. Des mamies servent encore des boissons à tous les participants. C'est la fête dans la rue!
 
 
 
Mercredi, nous décidons de ne pas prendre le petit dèj' ridicule de notre hostel où deux tranches de pain se battent avec un bout de beurre et de confiture (rien à voir avec les ptits dèj' brésiliens!) et filons prendre des forces dans une boulangerie. En prenant le café, nous avons le droit à Joe Dassin "l'été indien" en espagnol, suivi de "Voyage, voyage!" repris en espagnol également! Nous ne sommes même plus étonnés de l'entendre, c'est la chanson française que nous avons le plus entendu (en français!) depuis le début du voyage! Aussi France Gall, Zaz une fois, Paris Combo même dans un bar! Côté artistes internationnaux, les plus entendus partout en Amérique du Sud sont Roxette. Mais on préfèrerait tout de même écouter de la musique locale plutôt que Desireless!
 
L'après-midi, nous décidons de nous rendre à la laguna Tarapaya, recommandée par Patrice. Le colectivo nous dépose au pied d'une petite montagne que nous gravissons en vingt minutes avant d'arriver au bord de l'eau. Une fois le droit de passage payé, nous sautons dans l'eau! Mais attention, nous n'avons pas pied partout! La lagune, de 100 mètres de diamètre, est parfaitement circulaire, et mesure jusqu'à 22 mètres de profondeur en son centre. Sa particularité: ses eaux sont chaudes, trente degrés environ, humm. On est bien mieux dedans que dehors! L'eau est un peu marron, mais nous profitons de sa chaleur pour nous réchauffer entre deux averses.
 
 
 
Le lendemain, réveil en fanfare à 6H45. On dirait bien que l'hostel est envahi! Ca parle, ça crie, ça rit, combien sont-il? Dix, vingt? En sortant de la chambre à l'étage qui donne sur un patio, nous découvrons une cinquantaine de boliviens entrain de procéder à un vote. Nous ne savons toujours pas pourquoi, mais ça pue le fennec!!! Une odeur horrible tellement forte que même sous la douche ça pue encore! Le temps d'ouvrir et de refermer la porte de la chambre et déjà l'odeur l'envahit! Guillaume se demandera même s'ils n'ont pas rammené des lamas dans l'hôtel! Beaucoup d'entre eux se promènent avec des casques sur la tête. Y'a t-il là un rassemblement de mineurs? 
 
On sort prendre le petit dèj', à peine réveillés, au même endroit que la veille. Soudain nous entendons une fanfare arriver au loin, puis passer devant la boulangerie suivie d'un défilé de mineurs. On comprend alors mieux pourquoi tout ce bordel ce matin! Mais combien sont-il encore? Ca n'en finit pas, encore et encore des mineurs. Apparemment aujourd'hui, tous les mineurs de Bolivie se réunissent pour élire leurs représentants. Ceux de notre hostel venaient d'Oruro.
 
Nous traversons toute cette agitation pour aller prendre un bus en direction de la mine. Il ne devrait pas y avoir beaucoup de mineurs là-haut, mais allons jeter un oeil à cette montagne-usine. Nous gravissons doucement la pente en passant dans la banlieue de Potosi où les boutiques se ressemblent toutes: équipements pour les mineurs, pioches, dynamite... Puis nous voyons apparaître la montagne complètement détruite par les mines. Ca a l'air d'un beau gruyère là-dedans!  Il se met alors à pleuvoir... Nous nous contentons de regarder derrière les vitres du bus ce que nous pouvons apercevoir des mines, puis redescendons vers la ville. La montagne semble bien calme aujourd'hui...
 
 
Il est temps de rentrer pour replier vite fait nos affaires, puis partons pour le terminal de bus où nous chopons un bus pour Sucre. Nous en avons pour trois heures de route, espèrons que ce soit sans encombres cette fois-ci!

Publié à 18:46, le 7/03/2013, dans Bolivie, Potosí
Mots clefs : couvent Santa Teresalaguna TarapayamineSan Juan de Dios


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