A l'autre bout du bout du monde

Cafayate (04-06 Février)

Après la Rioja, un autre bus chopé à 20H30 pour Tucuman avec arrivée à 4H du mat', puis encore un autre à 6H30 pour Cafayate... beaucoup de bus, une courte nuit, mais ça y est enfin, nous arrivons vers midi à Cafayate!

Pour arriver dans cette petite ville perdue, il a fallu grimper, grimper dans la montagne, passer un pic à plus de 3000m: le col du petit enfer... Nous avons croisé quelques familles indiennes élever des lamas, proposant leurs produits artisanaux sur le bord de route. Cafayate se situe à 1660m d'altitude, au pied de la Cordillère, dans une vallée. Là encore c'est très sec. A l'approche de la ville nous pouvons apercevoir pleins de vignes: Cafayate est également un haut lieu des meilleurs vignobles argentins.

Dès notre sortie du bus, on nous propose encore moultes hospedajes. Les prix restent élevés. Pas de doute, malgré le changement de décor, nous sommes bel et bien toujours en Argentine! Finalement, nous nous installons chez l'habitant, dans une "hospedaje" qui n'a même pas de nom pour un prix qui défie toute concurrence.

Une fois les sacs posés, nous partons manger un bout dans la ville. Et là nous trouvons l'affaire du jour: le petit restaurant du marché propose des spécialités à prix imbattables! Enfin, nous commençons à trouver les prix attractifs du nord argentin. A trois euros l'assiette de poulet-riz, et un euro le quart de vin, nous ne nous privons pas! C'est l'occasion pour nous de goutter alors à un vin blanc local, le Domingo Hermanos, bien fruité, peu sucré, délicieux. Ca fait plaisir d'enfin boire du bon vin argentin. Nous testons également la "Humita": purée de maïs, poivron et oignon, enroulée dans une feuille de maïs, très bon!

De retour à la casa, nous nous endormons pour un long après-midi de sommeil, avant de retourner le soir à notre fief, le marché, pour dévorer un "supreme de pollo"  c'est à dire du poulet frit, recouvert de deux oeufs, accompagné de frites, pas très dièt', mais ça cale. Bon, nous n'allons quand même pas passer notre séjour à Cafayate à boire et manger!

La journée suivante est paisible, mais c'est pour mieux nous préparer à celle d'après. Nous allons quand même visiter une bodega, en cinq minutes le tour est fait, et malheureusement la dégustation ne sera pas plus longue... Il y a quand même la possibilité ici de faire la route des vins, à pied ou à vélos. Les bodegas sont nombreuses, dans la ville ou à cinq rues du centre, la plupart gratuites ou à dix pesos par personne. Ca a l'air bien plus accessible qu'à Mendoza, et surtout ça semble moins être l'industrie. Finalement nous avons bien fait d'attendre Cafayate pour déguster les productions viticoles locales. De plus, il paraît qu'ici se trouvent les meilleurs vins d'Argentine!

Le soir, nous dînons dans la cuisine familiale, en bavardant avec les propriétaires et la grand-mère alzheimer qui avait du mal à reconnaître son fils: "Lui, ce n'est pas mon fils, mais le frère de mon fils!"... puis après cinq minutes de réflexion: "ah, cet homme-là, c'est mon fils!" Alléluia! Elle nous aura aussi demandé dix fois d'où on vient... Son fils essayait de la faire taire en lui disant qu'on ne comprenait rien, mais en vain. C'était marrant d'assister à une scène quotidienne familiale.

Le lendemain, réveil bien matinal à 4H. Aujourd'hui nous avons prévu d'aller faire la Quebrada de las Conchas (ou Quebrada de Cafayate) en vélos. Il s'agit d'une réserve naturelle sur la route menant à Salta. C'est la principale attraction ici. Beaucoup d'agences y proposent des excursions en minibus, ou encore des kits minibus-vélos à des prix corrects pour une fois. Mais vu notre engouement pour les agences, nous avons préféré louer des vélos, pour partir seuls à la découverte de cette merveille de la nature. Il y a des bus qui proposent d'emmener le vélo, et de nous déposer en haut de la Quebrada, le premier à 5H et le second à 8H30. Nous préférons y aller à l'aube pour profiter des lumières du petit jour sur les montagnes, avoir moins de circulation, et voir moins de touristes.

Dès le réveil nous filons donc prendre le bus de 5H direction Salta, ou plutôt la Quebrada. Il fait nuit noire, mais nous apercevons un croissant de lune et les étoiles. Une belle journée s'annonce, c'était pourtant pas gagné: à minuit il pleuvait des cordes, et l'orage grondait sur la ville.

Dans le bus nous essayons d'imaginer le dénivelé qui nous attend sur le chemin du retour... ça a l'air assez plat, ça grimpe par moment, puis ça redescend... difficile de nous faire une idée! Au bout d'une heure de route, le bus s'arrête au milieu de nulle part, et nous dépose tous les deux, avec nos vélos, à la Garganta del Diablo, "la gorge du diable", brrrr! Pas étonnant que personne n'ait eu la même idée que nous! Nous allumons alors nos frontales, en voyant les phares du bus s'éloigner dans la nuit. Puis nous nous retrouvons dans le noir. Nous apercevons difficilement les ombres des montagnes alentours, mais rien de plus... Nous entendons le ruisseau couler dans la vallée... Il fait bien frais, nous avons probablement pris de l'altitude... Nous baladons la lampe autour de nous afin de nous assurer que le terrain soit sans danger, en attendant que le jour se lève. Nous apercevons alors deux yeux brillants refléter la lumière de la torche depuis un buisson. La bête nous regarde, bouge, s'arrête, puis nous fixe à nouveau. Elle n'a pas l'air de vouloir s'approcher et c'est tant mieux. Du coup on n'ose même pas sortir notre petit dèj' du sac, malgré le gargouillement de nos ventres, de peur qu'un animal sauvage nous saute dessus pour nous voler nos vivres. Nous nous demandons alors: "mais qu'est ce qu'on fout là?"

Tout à coup apparaît une lumière scintillante au sommet de la montagne. Mais qu'est ce que cela peut bien être? Un ange? Une hallucination? Dieu?... Nous ne rêvons pourtant pas... Puis nous voyons comme un dôme blanc. Nous croyons alors qu'il s'agit d'une chapelle ou autre construction religieuse au sommet... Puis finalement nous voyons sortir de la montagne: un croissant de lune! C'est impressionnant comme elle brille!!! Elle éclaire de plus belle les montagnes, mais le jour tarde toujours à se lever...

Enfin vers 6H45 nous commençons à bien distinguer les environs. Nous sortons alors le petit dèj' puis, une fois régalés, nous filons vers la gorge du diable. Au fur et à mesure de notre avancée vers ce lieu, nous découvrons une immense faille creusée naturellement dans la roche.

Une fois dans la gorge, il nous faut escalader un peu pour aller au fond. Elise a un peu la trouille mais y arrivera finalement avec la patience de Guillaume. Nous nous sentons bien minuscule au milieu de cette énorme faille!

Il est temps de redescendre pour profiter des lumières du petit matin. Déjà nous pouvons voir l'ombre des montagnes de l'autre côté de la vallée. Et comme nous avons ENFIN trouvé la fonction "panoramique" de l'appareil photo, nous en profitons pour la tester! Faut dire que nous n'avions jamais vraiment cherché... dommage... Il nous faudra coller et rafistoler les autres panoramiques que nous avions tenter de faire depuis le début. En tout cas nous sommes ravis du résultat:

Cent mètres après la gorge du diable, nous voilà à "l'amphithéâtre". Pareil, une autre faille immense dans la roche, où nous pouvons nous amuser à écouter les échos de nos cris.

Il est maintenant 8H passées, nous devons nous mettre en route: 48 km nous attendent. Le paysage est tellement magnifique que nous faisons des pauses photos toutes les cinq minutes, ce qui ne nous fait pas avancer!

Au niveau de "los tres cruces", nous avons un superbe point de vue sur la vallée.

Les décors lunaires, désertiques, montagneux se succèdent à chaque virage, jusqu'aux roches aux formes étranges causées par l'érosion. Par moment nous nous croyons un peu à Ischigualasto, sur la lune. Nous en prenons plein la vue.

A 11H, nous sommes à mi-parcours et nous sentons la fatigue nous gagner. Pas étonnant vu la courte nuit. Nous faisons une pause sandwichs en haut d'une coline, sans doute le plus bel endroit de la quebrada. Guillaume en a été "fantasmagorifié"! D'ailleurs nous ne serons pas longtemps seuls, des bus de touristes arrivent et envahissent les lieux.

Midi passé, nous quittons cette merveilleuse quebrada et filons à toute vitesse sur une route plate en direction de Cafayate.

Nous traversons alors des champs de cactus comme nous en avons vus tout le long du chemin. D'ailleurs, Guillaume s'est pris d'une soudaine passion pour les cactus, et veut tous les prendre en photo! Et oui, dans la vie, il y a des cactus!...

Allez, il ne nous reste plus que 5 km avant d'arriver au village. Soudain on entend "pchhhhhiiiittt". Et merde. Crevaison arrière pour Elise. Pourtant nous roulons sur le bitume... pas le choix, il faut réparer! Nous avançons sur la route, vélos en mains, à la recherche d'un coin d'ombre pour se lancer dans les réparations. Arrive alors une camionnette qui s'arrête à notre hauteur, et le mec qui nous propose gentillement de nous ramener au village. Génial! Gros coup de chance! Nous embarquons les vélos, puis nous, et filons sur les cinq derniers km qu'il nous restait. Le mec nous dit: "A chaque fois c'est pareil! Il y a tellement de km à faire que les touristes sont cuits avant la fin et qu'il faut les ramener!" Heuuu, on n'était pas fatigué nous, juste crevé...

De retour au bercail, nous finissons notre nuit avant d'aller rendre les vélos à Marcos le chauve, et d'aller se faire un dernier repas bien mérité au marché. Ce coup-ci nous découvrons un succulent dessert: quesillo con cayote y nuez, deux fines tranches de fromage superposées, de la confiture de cayote par dessus (nous n'avons toujours pas vu ce fruit au nom bizarre) et des morceaux de noix, original et délicieux!

Le lendemain nous faisons nos aux revoirs à la famille puis filons en direction du marché. Alors que nous attendons nos empanadas à emporter, nous voyons Javier, que nous avions quitté trois jours plus tôt à la Rioja, surgir de nulle part! Mais il est déjà l'heure pour nous de filer prendre notre bus, nous le reverrons sûrement encore plus au Nord!

Nous quittons alors la ville, pour quelques jours au milieu de rien, dans les vallées Calchaquies...


Publié à 19:00, le 12/02/2013, dans Argentine, Cafayate
Mots clefs : bodegasvélosquebrada de las conchas


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