A l'autre bout du bout du monde

El Chalten (11-16 Décembre)

Après avoir passé une belle journée au glacier Perito Moreno, nous arrivons en fin de soirée à El Chalten, petit village enclavé dans une vallée. Le ciel est très couvert, le vent souffle énormément, et on sent vite le froid s'engouffrer sous les vêtements. Une fine pluie nous brumise même doucement. Comme d'habitude, notre première mission en arrivant est de trouver un endroit où dormir. Nous avons prévu de rester à El Chalten pendant une petite semaine pour profiter pleinement des randonnées à faire dans le coin, et se reposer un peu. L'idéal serait donc de trouver une auberge sympa, où l'on se plait bien tant qu'à faire!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous allons sonner au premier hotel qu'on trouve, la chambre est à 360 pesos (60 euros). Humm ça fait beaucoup sachant que notre grand max est de 160. Nous continuons sur la rue principale, et nous enchaînons les auberges et hostels à prix touristiques... Nous ne nous attendions vraiment pas à ça. Nous nous imaginions arriver dans un charmant petit village authentique, avec des prix très abordables. Mais c'est tout l'inverse! El Chalten est un village très récent (1985), lui aussi construit au milieu de nulle part, à l'entrée du parc national Los Glacieres. Il s'agit du même parc que le glacier Perito Moreno, mais là nous sommes dans sa partie Nord. On a vraiment l'impression que ce village a été conçu pour le touriste: dans les rues s'alignent hôtels, restaurants, campings, agences de voyage, et boutiques de matériel de trek... D'ailleurs nous ne croisons dans le village que des touristes! 

Nous continons notre quète de logement, puis finalement décidons de prendre un dortoir dans le camping El Relincho, pour 110 pesos la nuit. Le vent étant assez violent, nous préfèrons ne pas poser la tente parce que nous ne l'avons toujours pas remise en état. L'inconvénient, c'est que nous n'avons pas de clef, donc pas d'endroit "sécure" pour laisser nos sacs. Ca fera l'affaire pour ce soir, surtout que nous sommes seuls. Nous partons ensuite arpenter les rues à la recherche d'un petit restau et d'un autre endroit pour nos prochaines nuits. Nous trouvons à l'entrée du village l'hostel Ahonikenk, conseillé par Vanessa et Jean-Adrien pour ses prix attractifs. En effet, la chambre double est à 140 pesos après négociation. Parfait! Nous réservons donc pour les 5 prochaines nuits. Nous nous mangeons une pizza au restau du même nom, accompagnée d'un bon vin blanc au pichet qu'ils appellent ici les "pinguinos", puis retrouvons notre camping.

 
Le lendemain matin, nous reprenons nos gros sacs et allons nous installer à Ahonikenk. Comme nous avaient prévenus Vanessa et Jean-Adrien, il y a effectivement beaucoup d'Israëliens. Ils ont déjà eu quelques expériences peu sympas avec eux, mais nous préférons nous faire notre propre opinion... Pour info, il y a beaucoup beaucoup de jeunes Israëliens en voyage ici. On en croise plein, surtout depuis Ushuaia. On ne peut pas les rater: ils voyagent toujours en groupe, parlent trèèèès fort, et font les crados (en sortant du bus, on peut repérer leurs sièges à la quantité de miettes ou déchets laissés par terre). Aussi, ils ne sont pas très communicatifs: pas de sourire, pas de bonjour, ni même de regard... que dalle. Il n'y a qu'eux là où ils sont. Bref... Ca annonce déjà la couleur de notre séjour à Ahonikenk. Apparemment, après leur service militaire qui dure 2 ans pour les filles et 3 ans pour les mecs, les jeunes Israëliens partent pour un long voyage histoire de se lâcher, et perdre toute morale...
 
Peu importe. Nous passons la journée à nous renseigner sur les randos à faire dans le coin. Le temps n'est pas terrible aujourd'hui, ni même pour le reste de la semaine. Nous ne sommes apparemment pas arrivés à El Chalten au bon moment. Un garde du parc nous conseille quand même d'aller voir le Mont Fitz Roy demain, puisque ce serait la moins pire journée pour randonner. C'est vendu! On achète de quoi se faire des sandwichs pour demain, puis aussi de quoi se faire une ptite bouffe à l'auberge ce soir...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous nous installons dans un café sur internet en attendant 17H, l'heure tant attendue à laquelle le seul distributeur de la ville se fait ravitailler. Il ne faut pas rater le coche! Cela n'arrive qu'un jour sur 2 ou sur 3. Du coup, c'est la folie. La file d'attente est énorme, à croire que plus personne n'a de liquide! Il a fallu attendre une heure pour pouvoir tirer de l'argent...
 
En arrivant à l'auberge, nous découvrons une ribambelle d'Israëliens assis autour de la seule table de la ridicule cuisine. Eux aussi ont eu la bonne idée de cuisiner ce soir... Pas grave, on profite d'un bref moment où 2 places sont libres pour se faire un peu d'espace. Vu qu'ils font à manger pour 10, ils monopolisent la cuisinière pendant une heure, 2 heures... Ca y est, c'est notre tour. Il est 22H, on va peut-être pouvoir enfin manger. Mais après avoir, eux, mangés, ils ont la bonne idée de se mettre à jouer aux cartes sur LA table. Résultat: pas de place pour manger, on force un peu. Ca y est c'est bon, mais il est temps qu'on se casse de cette pièce et qu'on aille s'isoler parce que ça fait 3 heures qu'on est là-dedans avec eux entrain de les entendre brailler, on n'en peut plus.
 
Malheureusement, ils n'ont pas envie d'aller se coucher. Et on ne peut pas dire que l'isolation soit la meilleure qui puisse exister. Ils se mettent à chanter en bas, puis à foutre leur bordel à l'étage. Leurs dortoirs sont juste à côté de notre chambre... Guillaume va gentillement leur dire une fois de faire moins de bruit... Ca marche une minute à peine puis c'est reparti de plus belle, jusqu'à 3 heures du mat'... On aura tout essayé!! De la flotte balancée depuis la fenêtre sur ceux entrain de brailler dehors juste en desous, jusqu'au "SHUUUUT UUUUP!!!!!" à travers les murs. Ils sont plus résistans que nous. C'est vraiment la colonie de vacances. Il n'y a personne dans l'auberge la nuit, c'est l'orgie.
 
A 8H30 le lendemain, rebelotte. On se fait réveiller par des piailleuses à côté. C'est décidé, on se casse d'ici, pas moyen d'y passer plus de nuit! On attend 10H que la nana qui gère l'auberge la journée arrive, pour aller lui raconter notre nuit. Elle est très compréhensive, et désolée pour nous. Du coup nous avons droit à un remboursement de notre nuit, avant de repartir, sacs sur le dos, à la recherche d'une nouvelle auberge. Le Mont Fitz Roy ne nous verra donc pas aujourd'hui, nous manquons d'un peu de sommeil pour l'affronter... Dommage, le soleil a l'air de percer un peu... 
 
Nous refaisons un tour de village pour finalement nous poser à "Lo de Trivi", une auberge recommandée par le routard, que nous étions déjà passés voir le premier jour. Nous négocions un dortoir pour nous seulement, pour 70 pesos chacun la nuit. Cette auberge est très bien tenue, très propre, il y a 2 cuisines, et internet. Finalement nous allons profiter un peu du soleil en fin d'aprem, et marchons pendant deux petites heures jusqu'aux deux miradors accessibles à l'entrée de la ville.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
En attaquant la balade, nous apercevons à travers les nuages qui se découvrent timidement, quelques pics de haute montagne, peut-être bien même un peu le Mont Fitz Roy. Mais impossible de le reconnaître parmi les autres derrière tant de nuages. Du premier mirador, nous voyons au loin l'énorme et majestueux lac Viedma aux eaux d'un bleu clair resplendissant. Du 2ème mirador nous avons une jolie vue sur El Chalten.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous nous disons que finalement nous n'aurions peut-être pas vu le Mont Fitz Roy si on s'était attaqué aujourd'hui à la longue randonnée qui nous amène au pied... et espèrons un temps meilleur à venir!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pendant notre première nuit à Lo de Trivi, nous sommes réveillés à 3H du mat' devinez par qui? Par ces e... ou ces c... comme nous les avons vite rebaptisés, à vous de faire preuve d'un peu d'imagination! Et oui, il y en a partout!!! A croire qu'à El Chalten, où qu'on soit, ces e... nous empêcherons de dormir. Du coup c'est reparti pour du bourrinage sur le mur et des "SHUT UP!", mais en vain... Dès le réveil nous allons signaler ça au mec de l'auberge... heureusement pour nous, c'était leur dernière nuit ici. Tant mieux! En tout cas, on peut dire que voyager en groupe, ça ne rend pas intelligent apparemment!!!
 
Finalement les deux jours suivants, Jeudi et Vendredi, ne sont pas au beau fixe. Le ciel est gris, très nuageux, nous voyons à peine les montagnes, et il pleut. Nous profitons de ces 2 jours pour préparer nos cadeaux de Noël: un montage vidéo en abécédaire des animaux pour les neveux et nièces de Guillaume et les grands enfants, puis une autre vidéo pour les familles. Nous en profitons aussi pour nous plonger dans le Pérou et la Bolivie afin de regarder un peu les parcours possibles! La cousine d'Elise, Hélène, va peut-être nous retrouver pour quelques semaines au Pérou, donc il faut paufiner ça un peu pour pouvoir se fixer une date ensemble! Nous profitons aussi de ce "repos" pour aller à Camping Center, le même magasin que celui où nous avions acheter notre matos de camping à Buenos Aires. La nana nous remplace le morceau d'arceau qui était fendu, et pour 30 pesos nous repartons avec une tente réparée, de nouveau prête pour de futures utilisations! Enfin, les billets de bus sont pris pour Lundi. Il n'y a qu'un bus un jour sur 2, et nous n'avons pas encore vraiment randonné donc hors de question de partir déjà demain. Là encore, à notre grande surprise, les billets ont augmenté de 10 euros chacun depuis le jour-même... Le mec compréhensif de notre étonnement nous fera une réduction de 10% ce qui nous permet d'avoir quasi le même tarif que prévu initialement, et c'est tant mieux parce que les bus ne sont pas donnés en Patagonie!! Actuellement 420 pesos chacun pour faire El Chalten - Los Antiguos (soit 70 euros) pour 12H de bus, ce qui représente rappelons-le, notre budget quotidien en Argentine pour deux!
 
Après 2 jours de glande, il est temps de prendre un peu l'air. Peu importe le temps qu'il fera Samedi, nous ferons la rando de la Laguna de los tres, celle qui nous amène au pied du fameux Mont Fitz Roy que nous n'avons toujours pas eu l'occasion de voir après 5 jours ici. Par chance, nous nous réveillons avec un beau soleil! C'est parti!
 
La rando est très agréable, nous pètons la forme et cavalons comme des chamois. Ca monte bien dès le départ, puis après 15 minutes de grimpette nous avons une superbe vue sur la vallée.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ensuite un premier point de vue sur le mont Fitz Roy et les pics alentours, toujours couverts au sommet. Deux heures de rando et nous passons dans une vallée avant de nous retrouver au pied du dernier mur. Plus que 400 mètres de dénivelé et nous y sommes! Pendant une courte pause en chemin, nous rencontrons Anne-So, une française croisée au Melting Pot à Puerto Natales, accompagnée d'Adrien, un mec de Grenoble qui fait l'Amérique du Sud en vélo. Et ça continue, on voit encore des têtes connues!
 
Nous continuons la grimpette... c'est bien raide! Nous croisons quelques papis qui nous disent que nous y sommes presque, qu'on va avoir droit à un paysage hors du commun en haut... Vite vite! On grimpe encore, puis ça y est! Nous y sommes!!! Et là le spectacle est juste superbe: juste devant nous le mont Fitz Roy encore un peu couvert surplombe un lac bleu, glacé, incroyable! C'est magnifique!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous nous posons devant ce spectacle pour notre pause sandwich, en attendant que le nuage qui couvre juste le sommet du Fitz Roy, veuille enfin se dégager. Nous l'apercevons à chaque instant de mieux en mieux... mais il ne veut toujours pas se montrer! En tout cas nous avons le soleil toujours avec nous, et ça fait bien plaisir. Mais dès qu'il disparait derrière les nuages, le froid gèle la surface du lac à vue d'oeil.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Juste à côté se cache un autre petit lac...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Sur le chemin du retour, le Fitz Roy n'est plus que coiffé par une couronne de nuages éclairés par le soleil...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
De retour dans le village, nous apercevons derrière nous dans le ciel, le sommet du mont Fitz Roy qui nous surplombe en nous faisant un petit clin d'oeil. Ca y est nous le voyons enfin!! Il aura fallu 6 jours ici!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le lendemain, nouvelle journée de farniente. Il fait super beau mais on en a plein les pates de la rando d'hier. Il est temps de partir d'ici maintenant, le Chili nous attend... Mais rejoindre le Chili depuis El Chalten n'est pas une mince affaire. Dans le Sud du Chili, il n'y a qu'une route, la Carretera Australe, qui descend jusqu'à Villa O'Higgins. Cependant, pour rejoindre cette ville depuis El Chalten, il faut prendre un bateau pour traverser le lac d'à côté, marcher 22 km sur un chemin, puis retraverser un 2ème lac. Sachant que des bateaux, il n'y en a pas tout le temps, et faire 22 km avec nos gros sacs à dos nous parait impossible. L'autre solution pour rejoindre le Chili, est de passer la frontière bien plus au Nord au niveau de Los Antiguos (Argentine) - Chile Chico (Chili). Et oui, entre Chile Chico et Villa O'Higgins, il n'y a pas d'autre possibilité de passer la frontière et de rejoindre la Carretera Australe! C'est cette deuxième option que nous avons choisi. Nous partons le lendemain matin direction Los Antiguos pour 12H de bus. Au revoir El Chalten!

Publié à 03:48, le 26/12/2012, dans Argentine, El Chaltén
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Bonne fêtes

04:05, 31/12/2012 .. Publié par Rom1
Joyeux Noël les cocos !
Bises

Magnifique !

22:24, 9/01/2013 .. Publié par La Marie
magnifiques ces paysages de montagne.! Ca valait le coup!!

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